Vous avez ouvert votre assurance vie depuis un certain temps et vous souhaitez la modifier ? L’arbitrage de l’épargne de son contrat peut répondre à différents objectifs : évolution de vos projets, nouvel horizon de placement ou adaptation aux fluctuations de marchés. C’est précisément à ce moment que la question revient : faut-il faire un arbitrage sur votre assurance vie ?
L’arbitrage est l’un des leviers les plus utiles d’un contrat d’assurance vie. Bien utilisé, il permet d’ajuster votre épargne au fil du temps sans perdre les avantages fiscaux du contrat. Dans ce guide, vous allez comprendre exactement ce qu’est un arbitrage, comment décider du bon moment pour en faire un, combien cela coûte, et surtout quelles erreurs éviter.
Qu’est-ce qu’un arbitrage en assurance vie ?
Un arbitrage en assurance vie est une opération qui consiste à modifier la répartition de votre épargne entre les différents supports de votre contrat, sans en sortir un seul euro. Vous transférez tout ou partie de votre capital d’un support vers un autre comme des fonds en euros vers des supports d’investissement plus dynamiques en unités de compte, ou inversement. Il ne faut pas confondre l’arbitrage de son épargne avec le rachat total ou partiel, qui correspond au fait de retirer de l’argent du contrat. Dans le cas de l’arbitrage, aucun euro ne sort de l’enveloppe fiscale. Votre contrat conserve ainsi son antériorité fiscale.
Le prérequis : un contrat multisupport
L’arbitrage n’a de sens que si votre contrat est multisupport, c’est-à-dire s’il propose à la fois un fonds en euros sécurisé et des supports d’investissement plus dynamiques en unités de compte : actions, indices boursiers, fonds thématiques (transition énergétique, technologie, santé, etc.) ou encore parts de sociétés immobilières.
Si votre assurance vie est monosupport, uniquement composée de fonds en euros, il n’y a tout simplement rien à arbitrer. Vous restez sur un placement à capital garanti, sans variation possible de répartition.
Pourquoi arbitrer son contrat d’assurance vie ?
C’est une décision qui doit toujours répondre à une raison claire, pas à une intuition de marché ni à une émotion passagère. Voici les quatre motivations légitimes qui justifient de réorienter votre épargne.
Protéger les plus-values déjà engrangées
Si vos supports d’investissement ont bien performé sur plusieurs années, vous avez peut-être générer une certaine plus-value sur vos versements de départ. Un arbitrage vers le fonds en euros permet de réorienter une partie de ces gains sur un support à capital garanti, en éliminant le risque qu’une baisse de marché vienne les éroder.
Cette approche est particulièrement pertinente à l’approche d’un projet de vie financé par votre contrat : la constitution d’un apport immobilier, le démarrage d’une activité, le financement des études d’un enfant ou encore la préparation du départ à la retraite. Plus la date du projet se rapproche, plus il devient prudent de mettre votre épargne à l’abri des fluctuations.
Tenir compte du contexte économique
Les marchés financiers évoluent par cycles. Certaines périodes favorisent l’investissement dans des unités de compte afin de profiter d’une période de croissance des marchés. Un arbitrage peut être l’occasion d’ajuster votre exposition à ces grandes tendances.
Attention, arbitrer pour « profiter d’une hausse » ou « éviter une baisse » que vous croyez imminente est l’un des pièges les plus coûteux en investissement. Si vous voulez tenir compte du contexte, faites le avec une vision de moyen terme et une logique de réallocation, pas avec l’idée de battre le marché.
Rééquilibrer une répartition qui a dérivé
Un arbitrage de rééquilibrage permet de revenir à votre répartition cible. C’est une discipline simple, neutre émotionnellement, et particulièrement efficace dans la durée. La plupart des contrats proposent d’ailleurs cette option en automatique.
Les différents types d’arbitrage de son contrat
Tous les contrats d’assurance vie ne se gèrent pas de la même manière. Selon votre profil, votre disponibilité et votre niveau de confort financier, vous pouvez choisir entre plusieurs modes d’arbitrage, qui ne s’excluent pas forcément les uns les autres.
L’arbitrage libre : vous gardez la main
L’arbitrage libre est le mode le plus traditionnel. Vous décidez et validez chaque réorientation de votre épargne. C’est vous qui choisissez quels supports renforcer, quels supports alléger, à quel moment, et dans quelles proportions.
Ce mode convient aux épargnants qui veulent suivre leurs investissements, qui ont une opinion sur la composition de leur contrat et qui acceptent d’y consacrer un peu de temps. Il offre une liberté totale, mais il implique aussi de prendre les bonnes décisions au bon moment, ce qui n’est pas toujours évident.
L’arbitrage automatique
L’arbitrage automatique repose sur des options de gestion que vous activez à la mise en place du contrat. Une fois ces options paramétrées, votre contrat se réoriente tout seul selon les règles que vous avez définies. Cela permet d’imposer une discipline d’investissement sans avoir à y penser au quotidien.
Les options les plus courantes sont les suivantes :
- La sécurisation progressive : à mesure que vous approchez de votre échéance (la retraite, par exemple), votre contrat transfère automatiquement une part croissante de votre épargne vers le fonds en euros. Vous réduisez le risque sans avoir à intervenir.
- L’investissement progressif : à l’inverse, votre épargne placée temporairement sur le fonds en euros est progressivement déployée vers des supports d’investissement, mois après mois. Cela permet de lisser l’entrée sur les marchés et d’éviter de rediriger l’entièreté des versements en une seule fois.
- La dynamisation des plus-values : seuls les gains générés par le fonds en euros sont automatiquement réinvestis sur des supports plus dynamiques. Votre capital de départ reste sécurisé, et vous donnez à vos intérêts une chance d’aller chercher davantage de rendement.
L’arbitrage automatique est particulièrement adapté si vous voulez investir sereinement, sans surveiller les marchés en permanence, tout en gardant une discipline rigoureuse.
L’arbitrage sous mandat
L’arbitrage sous mandat, aussi appelé gestion pilotée ou gestion sous mandat, consiste à confier la gestion de votre contrat à un professionnel. Vous définissez en amont votre profil d’investisseur ainsi que vos objectifs. À partir de ces données, le professionnel arbitre votre contrat en fonction des marchés, sans que vous ayez à intervenir.
Ce mode convient si vous n’avez ni le temps ni l’envie de gérer vous-même votre épargne, ou si vous préférez vous appuyer sur l’expertise de professionnels pour les décisions techniques. En contrepartie, ce mode s’accompagne généralement de frais de gestion légèrement plus élevés, qui rémunèrent ce travail d’allocation.
Combien de temps prend un arbitrage ?
Le délai dépend du mode d’arbitrage et du contrat. Pour un arbitrage libre demandé par vos soins, l’opération prend généralement entre quelques jours et deux semaines. Le délai s’explique par la nécessité de calculer la valeur des supports concernés à une date précise, la « date de valeur », qui peut intervenir un ou plusieurs jours après votre demande.
Pour les supports cotés, le délai est plutôt court ; pour les supports immobiliers type SCPI, il peut être plus long.
En arbitrage automatique, le déclenchement se fait sans intervention humaine, selon le calendrier ou les seuils que vous avez paramétrés. Il n’y a donc pas de délai de traitement à proprement parler, juste un délai technique d’exécution.
Dans le cas d’un arbitrage sous mandat, vous ne pilotez pas les délais : la société de gestion intervient au rythme de sa stratégie. Vous recevez un compte-rendu périodique des opérations effectuées sur votre contrat.
Les frais que l’on peut retrouver lors d’un arbitrage de son épargne
Ce sont les frais directement facturés par votre assureur pour traiter l’opération de transfert entre supports. Ils peuvent prendre plusieurs formes :
- Frais forfaitaires : un montant fixe par opération
- Frais proportionnels : sur la base d’un pourcentage du montant arbitré
- Frais plafonnés : u pourcentage est appliqué, mais avec un plafond maximum
Source des images : Magnific
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