VIX et VCAC : la volatilité en sommeil
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VIX et VCAC : la volatilité en sommeil




Indices de la volatilité implicite des marchés actions américain et français, le VIX et le VCAC révèlent actuellement une confiance à toute épreuve. Café de la Bourse vous dit pourquoi et ce qui pourrait changer la donne.

Le VIX ou volatility index est un indice qui mesure la volatilité implicite des options exercées sur le S&P 500, l’indice actions américain phare. Concrètement, le VIX est le résultat de la comparaison entre la moyenne des volatilités sur les options d’achat (call) et la moyenne des options de vente (put) sur le S&P 500. L’option voyant sa valeur grandir avec l’incertitude, plus l’incertitude règnera, plus les options seront achetées en raison de leur valeur et plus le VIX sera élevé. On comprend que le VIX soit surnommé l’indice de la peur.

Même principe pour le VCAC, calculé selon la méthode VIX® , mais il s’applique, comme son nom l’indique, au CAC40.

Des indices au plus bas

Outre leur méthode de calcul, le VIX et le VCAC présentent un autre point commun : ils affichent tous deux des niveaux extrêmement bas – proches de 13 voire 12 pour le VIX – depuis le début de l’année et en particulier depuis la mi-mai.

Après une période de fébrilité sur les marchés du fait de la crise financière mondiale, où le VIX avait atteint dépassé à deux reprises le niveau de 45 (en 2010 et 2011) et même 80 en 2008 au moment de la faillite de Lehman Brothers, le démarrage du plan de QE aux Etats-Unis a contribué à restaurer le calme et ramener le VIX entre 10 et 25. Mais voilà bien longtemps que la zone des 25 n’a pas été touchée. Pourquoi une telle sérénité sur les marchés ? On la doit majoritairement à l’action des Banques centrales, Fed et BCE en tête.

Aux Etats-Unis, Janet Yellen semble soutenue pour mener une politique de lutte à mort contre le chômage. C’est son objectif principal : tant que le plein emploi ne sera pas atteint, la hausse des taux ne se profilera pas.

En Europe, la BCE, si elle n’a encore pris aucune mesure forte pour lutter contre le risque de déflation et la force néfaste de l’euro (qui revient à importer de l’inflation), a assuré à plusieurs reprises qu’elle ferait le nécessaire pour ne pas entrer dans une spirale déflationniste. C’est dans les prochains jours qu’elle annoncera de possibles initiatives : taux de dépôt des banques en territoire négatif, éventuel LTRO conditionné à des prêts aux entreprises, telles sont les mesures les plus probables selon le consensus financier.

Pas de hausse des taux d’intérêt dans l’immédiat

Dans ce contexte de reprise modérée aux Etats-Unis assorti d’un chômage jugé encore trop important et d’un timide rebond européen assorti d’un risque toujours présent de déflation, rien ne laisse présager une hausse des taux. Or si les taux restent bas, quelle classe d’actifs demeure la plus rétributrice ? Les actions. Et sur ce plan, les stratégies des professionnels ne varient guère : l’allocation privilégie nécessairement les actions européennes et américaines.

On le voit, plus que le dynamisme économique et les perspectives de hausse des profits des entreprises sous l’effet de la progression des ventes, c’est le climat général, donné par les Banques centrales deux principales zones économiques du monde, qui oriente les marchés. Les Banques centrales l’ont bien compris : la Fed prendra toutes les précautions nécessaires à une communication rassurante pour les marchés et la BCE s’apprête à suivre la voie de son maître non seulement pour lutter contre la déflation mais pour contribuer à relancer l’économie.

  • Peu de chance donc que le VIX et le VCAC ne s’emballent dans les prochains mois. En dehors de mouvements ponctuels limités, ces indices de volatilité pourraient néanmoins changer de physionomie en cas de :non action ou d’action insuffisante de la BCE : les marchés perdraient, au moins  momentanément, confiance
  • accélération de la reprise américaine et amélioration du chômage : la Fed n’aurait plus  d’”excuse” pour retarder la hausse des taux
  • durcissement des tensions entre la Russie et l’Ukraine
  • doutes avérés sur la reprise européenne
  • dérapage dans les pays émergents

Pour tirer profit des mouvements de volatilité, vous pouvez utiliser divers produits de Bourse (leverage, short, turbos) ou investir dans des OPCVM spécialisés.

Les indices VIX et VCAC, comme le VStoxx pour l’EuroStoxx 50, peuvent partir en flèche à tout moment. La meilleure façon d’anticiper leurs mouvements est de suivre de près l’actualité et particulièrement, vous l’avez compris, les annonces des Banques centrales.

Nadège Bénard

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