L’or : opportunité ou illusion ?

L’or : opportunité ou illusion ?




Après une hausse spectaculaire de 32% sur l’année passée, le cours de l’once d’or oscille à présent autour des 1500 dollars US. C’est l’occasion de revenir sur cette matière première à part et comprendre pourquoi elle suscite l’intérêt des investisseurs.

Une valeur refuge

L’or profite des inquiétudes qui pèsent sur la conjoncture économique, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles ne manquent pas aujourd’hui : dérapages de l’inflation, crise des dettes souveraines européennes et craintes pour l’euro, politique monétaire expansionniste de la Fed et dépréciation du dollar, etc.

Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les investisseurs cherchent à se protéger, or historiquement, l’or a toujours été une valeur refuge (lire L’or est-il toujours une valeur refuge ?). Son cours reflète la méfiance pour les valeurs monétaires, qui se sont toutes dépréciées relativement par rapport à l’or ces dernières années.

Le retour de l’or au centre de toutes les attentions reflète une crise de confiance dans les actifs financiers virtuels, la valeur de l’or paraissant plus réelle.

Une monnaie alternative ou un investissement ?

Cependant la valeur de l’or est très difficile à mesurer. Il n’est pas créateur de valeur car il ne génère pas de rendement, et peut donc pas être valorisé comme un investissement dans des actions ou des obligations. Comme ses fondamentaux dépendent avant tout de facteurs psychologiques, il est difficile de dire s’il est surévalué, ou bien de prévoir l’évolution de son cours.

En réalité, les investisseurs achètent de l’or ou des ETF indexés sur l’or (exemple : SPDR Gold Shares) pour couvrir la valeur de leurs portefeuilles. C’est une monnaie alternative dont le prix ne dépend pas d’une contrepartie, ce qui fait son attrait.

Des gérants de fonds comme John Paulson se positionnent sur le marché en prétendant que les gouvernements et les banques centrales ne pourront pas protéger les valeurs de leurs devises après l’arrêt des politiques monétaires exceptionnelles mises en place pendant la crise financière.

Des perspectives incertaines

Si l’on en croit le financier George Soros, l’or serait l’actif le plus exposé au risque de bulle, ce qui ne l’a pas empêché d’investir dans cette matière ! Il aurait cependant revendu une grande partie de ses détentions dernièrement d’après le Financial Times, et il ne serait pas le seul.

Une amélioration des perspectives de croissance, une stabilisation des politiques monétaires et des hausses de taux d’intérêt, ferait baisser le cours de l’or à court et moyen terme. Sauf si la Chine et l’Inde, plus importants consommateurs du précieux métal, ne continuent à se mêler de la partie en rachetant de l’or à chaque baisse du cours, comme on a pu le constater depuis le début de 2011.

Les risques de chocs économiques, surtout en Europe, ne sont pourtant pas écartés et tant que les politiques monétaires ne conforteront pas les marchés, l’or restera une alternative à l’instabilité des monnaies.

Anna Schoeffler