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Investir en 2014 : nos paris géographiques




Sélectionner une société prometteuse, c’est bien, mais cotée sur un marché porteur, c‘est encore mieux. Au-delà d’une allocation d’actifs laissant la part belle à l’Europe, quels pays privilégier et éviter en 2014 ?

L’analyse top down – qui part de l’environnement macroéconomique – donne sa place aux paris géographiques dans l’allocation d’actifs. Combinée à une approche bottom up – qui part de l’étude des sociétés – elle vise à cibler les marchés sur lesquels sélectionner les pépites.

Une allocation européenne diversifiée

En 2014, les professionnels de la gestion privilégient, on le sait, les actions européennes et, pour certains plus que pour d’autres, les actions américaines. L’Europe, composée d’Etats aux situations économiques diverses, y compris parmi les fondateurs, ne saurait être appréhendée comme un marché homogène. Franck Nicolas, Directeur Investissements et Solutions Clients chez Natixis Asset Management, révèle avoir modifié son allocation en actions européennes au bénéfice de la France, suite à l’annonce d’une politique gouvernementale favorable aux entreprises car “ce virage politique pourrait être apprécié par les marchés”. Le thème d’une Espagne en reconquête de compétitivité suite à une violente politique déflationniste sur les salaires semble quant à lui un peu dépassé.

Le Royaume-Uni, moins touché par le risque de déflation que d’autres pays européens, retient également l’attention de Natixis AM : “nous sommes à la fois positifs sur le marché boursier de ce pays en phase de rebond économique et sur la devise”, affirme Franck Nicolas.

Des actions japonaises surpondérées

Le Japon n’a pas fini d’animer les actualités économiques et financières. En pleine politique de relance déflationniste, le pays voit sa Bourse renouer avec les performances, ce dont les asset managers entendent bien profiter.

Frédéric Rollin, Conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management, assure “surpondérer nettement les actions japonaises”. Selon le spécialiste, les fondamentaux économiques, qui ont commencé à s’améliorer avant même le gouvernement Abe, sont satisfaisants. Longtemps opposée aux politiques accomodantes, la Banque du Japon (BOJ) a finalement mis en œuvre, sous l’influence d’un nouveau gouverneur acquis à Shinzō Abe, des mesures d’assouplissement favorisant grandement les entreprises. Mais celles-ci, durant les années de déflation, avaient déjà pris l’habitude de réaliser de forts gains de productivité et d’innover, ce qui les place en bonne position dans la compétition internationale.

En outre, Frédéric Rollin croit au retour des investisseurs domestiques, encouragés par la création de plans d’épargne dédiés aux actions et fonds de placement japonais, les NISA (Nippon Individual Saving Accounts), créés sur le modèle des Britain’s Individual Saving Accounts.

Enfin, l’inflation naissante, qui jusqu’à présent résultait surtout de la baisse du yen, pourrait, en 2014, être enfin tirée par la progression des salaires. Ces derniers ont déjà cessé de baisser et un sondage important au Japon révèle que le rapport s’est inversé entre le nombre d’entreprises en difficulté pour recourir à des embauches et celui des entreprises en situation favorable pour le faire.

Pour l’expert de Pictet AM, la hausse de la TVA demeure un point négatif même si le supplément budgétaire et les mesures fiscales aux entreprises devraient en compenser les effets, notamment au second semestre.

Sur le Japon, Franck Nicolas, chez Natixis AM, affiche lui aussi un certain optimisme au regard d’une “politique monétaire agressive propre à faire baisser durablement le yen et, par là-même, à favoriser les entreprises japonaises exportatrices, notamment par rapport à leurs concurrentes taïwanaises, coréennes et thaïlandaises”. Il précise que les anticipations de baisse du yen le conduit à couvrir le risque de change induit par son exposition aux actions nationales.

La Chine en tête des émergents

Frédéric Rollin considère que “le monde émergent, malgré des situations contrastées, conserve une certaine homogénéité au regard de la situation macroéconomique. Fortement exposé à la croissance des pays développés, il va bénéficier de la reprise avérée aux Etats-Unis et en Europe. De plus, la perte de compétitivité subie par ces pays se trouve atténuée par la dépréciation de leurs devises de l’ordre de 10% en 2013”. Il table donc “sur une croissance chinoise supérieure à 7,5% en 2014, dans un monde émergent révélant une amélioration macroéconomique dans son ensemble. Les actions émergentes étant, en outre, sous-valorisées d’environ 20%, il nous semble pertinent d’être d’ores et déjà positionné pour profiter du rebond qui ne manquera pas de se produire, même si nous restons vigilants quant à la qualité des crédits accordés à l’économie chinoise”.

Pour Franck Nicolas, la Chine bénéficie d’une sensibilité moindre à la hausse des taux américains – sous l’effet du tapering – du fait de la relative rigidité du change de sa devise.

Les autres pays émergents suscitent des convictions diverses.

La Française AM, qui prévoit un regain de croissance global dans ces pays et particulièrement en Europe émergente, privilégie les marchés locaux tels que la Russie, la Hongrie, la Roumanie, ainsi que les indices actions en Pologne et en Corée du Sud. Sur le continent américain, la société filiale du Crédit Mutuel Nord Europe continue à investir au Mexique mais reste prudente sur les autres pays de la région. Chez Natixis AM, on affiche la même prudence à l’égard du Brésil, en proie aux conséquences inflationnistes de la dévaluation du real. Pour Franck Nicolas, une croissance chinoise de 7,5% en 2014 ne suffira pas à relancer à court terme l’économie brésilienne. Il faudra attendre la deuxième phase de la courbe en J induite par la baisse de valeur du real*.

Frédéric Rollin (Pictet AM) se montre, lui, plus positif sur ce “marché délaissé par les investisseurs, mais qui pourrait rebondir du fait de ses forts liens économiques avec la Chine, son premier client en termes d’exportations”.

Des sentiments partagés sur la Russie

Frédéric Rollin explique que le marché russe retient également son attention : “ce marché, traditionnellement sous-valorisé et aujourd’hui plus encore, est composé d’une majorité de sociétés cycliques qui ont tendance à surperformer en termes de profits en période de reprise. De plus, les entreprises russes sont de plus en plus généreuses en termes de distribution, avec un taux de dividende moyen déja au dessus du marché. Le dividend pay out de 22% , comparé au chiffre de 28% qui prévaut sur les marchés émergents, semble détenir un potentiel de hausse, d’autant que le gouvernement russe affiche une volonté manifeste d’encourager le versement de dividendes”.

Franck Nicolas, s’il est sensible à la générosité de ses entreprises, considère la Russie comme encore trop dépendante du secteur pétrolier. Dans la région, il lui préfère la Pologne, fortement liée à l’activité allemande.

Enfin, l’Indonésie et la Turquie sont quasi-unanimement rejetées par les asset managers. Pour La Française AM, la Turquie, malgré l’assainissement progressif de ses finances publiques, demeure génée par un ample déficit courant, une inflation supérieure à 7% et la perspective d’élections municipales en mars et présidentielles en août 2014. Chez Pictet AM, Frédéric Rollin estime que “la Turquie et l’Indonésie présentent les risques macroéconomiques les plus élevés. La dépendance à l’octroi de crédit de ces économies, déja fragilisées par des comptes courants en forte dégradation,  les rend plus vulnérables aux hausses des taux et réduit ainsi la marge de manœuvre de leurs banques centrales quant à la défense de leur devise.”

Ces convictions macroéconomiques ne sauraient s’envisager sans une sélection stricte des valeurs. Tous les gérants le confirment : l’année 2014 sera avant tout celle du stock picking.

Nadège Bénard

* Théoriquement, lorsqu’un pays voit la valeur de sa monnaie baisser du fait d’un retrait des investisseurs, il souffre dans un premier temps du renchérissement des prix de ses importations, sans encore bénéficier de la baisse du prix de ses exportations. Une fois les effets de la dépréciation de la devise visibles dans le volume de ses exportations, le pays voit sa balance commerciale puis son économie se redresser. Le processus peut être représenté par une courbe en J : une phase baissière suivie d’une phase haussière. La figure de la courbe en J peut s’appliquer à de nombreux autres cas.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.