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Comment investir sur les émergents ?




Ralentissement économique, plongeon des devises, sorties de capitaux : les pays émergents ont traversé une période difficile. Certains gérants s’y intéressent cependant de nouveau. Nous vous expliquons pourquoi et comment revenir sur ces marchés délaissés.

Pays émergents : des économies structurellement en rattrapage

Un ralentissement mais pas une récession

L’ensemble des pays émergents (hors Chine et hors exportateurs de pétrole, avec lesquels le chiffre s’avère encore plus élevé) se situe au moins 3 points au-dessus des pays de l’OCDE en termes de croissance du PIB. Leur contribution à la croissance mondiale demeure supérieure à celle des pays avancés, ainsi que leur productivité. Leur contribution aux exportations mondiales en volume demeure supérieure à celle des pays de l’OCDE et suit de nouveau une pente ascendante depuis 2012, après une violente chute initiée en 2010. La production manufacturière des pays émergents est également supérieure à celle des pays de l’OCDE et ne cesse de creuser l’écart. Ces données révèlent un écart continu de dynamisme entre les économies émergentes et avancées.

Une croissance de long terme supérieure à celle des pays avancés

Du fait de gains de productivité élevés et d’une démographie dynamique, les pays émergents (toujours hors-Chine et hors exportateurs de pétrole) présentent une croissance potentielle égale à 4,5% par an, contre 1,5% dans les pays de l’OCDE, selon les estimations de Patrick Artus, chez Natixis AM.

Un rattrapage économique et social non encore abouti

Les pays émergents connaissent une croissance rapide de leurs marchés intérieurs, sous la pression de profondes aspirations de la population – classes moyennes en tête – à consommer et vivre mieux. Ce phénomène impacte de nombreux secteurs d’activité et entreprises, y compris installées dans les pays avancés. Cette thématique a d’ailleurs été copieusement jouée par les gérants pendant plusieurs années et si la crise a conduit à sa mise entre parenthèses temporaire, la tendance de fond reste bien réelle. La progression parallèle du niveau technologique et du niveau de qualification ne peut que renforcer ces tendances. Et si il en résulte une hausse des salaires, cela ne suffit pas à annihiler l’attractivité des pays émergents, considère Patrick Artus. Pour l’économiste, cela ne fait aucun doute, les pays émergents demeurent attractifs.

Des situations néanmoins diverses

Certains pays se présentent mieux armés que d’autres, tels que la Chine, la Thaïlande ou encore, pour Natixis AM, Taiwan, le Mexique et le Pérou, par opposition aux pays présentant des déficits commercial et budgétaire importants que sont la Turquie, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil, la Malaisie. Ce sont en effet les pays les plus dépendants des capitaux étrangers qui souffrent le plus de la dépréciation de leur devise.

Les avis peuvent diverger sur certains pays, l’Inde ou la Malaisie par exemple, mais Alain Pitous, chez Amundi, le confirmait dans notre interview : les pays qui ont connu les plus fortes dépréciations de devise mais qui présentent de solides fondamentaux peuvent constituer de nouveau des cibles d’investissement. Pour lui, l’Inde, le Sud-Est asiatique et la Chine se révèlent les mieux placés. Si les gérants de Convictions AM affichent une vision encore neutre sur les marchés émergents, ils constatent notamment que le risque politique en Thaïlande s’atténue et que la devise comme les actions se reprennent depuis le début de l’année.

Les émergents : un potentiel de performance financière supérieur

Des marchés délaissés

Les actions de pays émergents se trouvent très majoritairement sous-pondérées par les asset managers du monde entier depuis au moins la mi-2013. Les capitaux continuent de fuir ces marchés, les investisseurs privilégiant des marchés occidentaux (ou japonais en 2013) plus performants et moins volatils. La sous-performance des indices émergents se révèle effectivement violente. L’indice MSCI Emerging Markets global accuse une baisse de 3,89% sur un an et de 5,29% sur trois ans, même s’il demeure positif sur cinq ans à 11,78%.

Patrick Artus estime que le potentiel de performance à long terme des marchés émergents, comme celui de la croissance, est supérieur à celui des marchés développés. Son raisonnement repose sur la démonstration suivante : une croissance de long terme des émergents supérieure à celle des pays avancés (voir plus haut) suppose des taux d’intérêt réels et un rendement réel du capital plus élevés. Or tel n’est pas actuellement le cas.

Pour l’heure, au contraire, ni les taux d’intérêt réels des émergents ni les rendements boursiers réels ne sont supérieurs dans les pays émergents. Pourquoi ? Parce les devises locales sont malmenées par la politique monétaire de la Fed américaine. L’annonce d’abord, la mise en oeuvre, ensuite, du tapering aux Etats-Unis a créé ou plutôt accéléré une fuite des capitaux des pays émergents vers les Etats-Unis (flight to quality).

Ces crises de change à répétition résultent du caractère pro-cyclique des flux de capitaux sur ces marchés : quand les émergents vont bien, leurs marchés progressent, ils attirent des flux de capitaux massifs (2009-2012), ce qui stimule leur croissance intérieure via la liquidité et le crédit, mais aussi, et parfois de façon déraisonnable, via les déficits courant et budgétaire. Ces entrées de capitaux induisent donc une dégradation du commerce extérieur et une surévaluation des devises, d’où la naissance de crises de change.

Ainsi, le potentiel de performance des actifs émergents s’avère bel et bien supérieur à celui des pays avancés, mais souffre de l’instabilité du change. Si les investisseurs sont prêts à accepter cette réalité, ils doivent continuer d’investir sur la base de la certitude que la situation actuelle – taux d’intérêt et rendements boursiers réels inférieurs à ceux des marchés occidentaux – n’est qu’une anomalie passagère.

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