Le foot et la Bourse ne font pas bon ménage

Le foot et la Bourse ne font pas bon ménage




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Alors que Manchester United devrait s’introduire à Wall Street dans les prochaines semaines pour lever environ 100 millions de dollars, étudions les performances des clubs de foot cotés en Bourse.

Pourquoi les clubs de foot s’introduisent-ils en Bourse ?

Une trentaine de clubs de football européens se sont introduits en Bourse. Une opération réalisée pour payer le transfert d’un joueur pour l’AS Rome et l’achat de l’Argentin Batistuta pour 36 millions d’euros ou pour financer la construction de nouvelles infrastructures comme l’Olympique Lyonnais et la construction de son stade OL Land.

Mais depuis le début des années 2000, c’est surtout pour se désendetter que les clubs ont recours à la levée de capitaux sur les marchés financiers. En 2006, le club allemand du Borussia Dortmund a ainsi évité la faillite en s’introduisant en Bourse.

Manchester United souhaite désormais réduire sa dette de 656 millions de dollars.

Les indices boursiers du football sont dans le rouge

Deux indices boursiers suivent les clubs de football cotés : le Bloomberg European Football Club Index et le Dow Jones Stoxx Football. Ce dernier regroupe le plus de clubs cotés avec 21 valeurs, notamment l’Ajax d’Amsterdam, l’Olympique Lyonnais, la Juventus de Turin, le Borussia Dortmund ou le Galatasaray.

 

 

Bloomberg European Football Club Index

 

L’indice DJ Stoxx football a perdu depuis sa création en 1992 près de 15% de sa valeur. Les variations de cet indice a été importants puisqu’en 5 ans, le Dow Jones Stoxx Football avait augmenté de plus de 400% avant d’entamer une chute vertigineuse. En comparaison, l’indice Dow Jones Industrial a gagné plus de 300% sur la même période. Le Cac40 a progressé de plus de 50% depuis 1992.

Les valeurs qui composent cet indice ne présentent pas toutes les mêmes résultats. La Juventus de Turin a notamment vu le cours de son action perdre 95%, passant de 4€ lors de son introduction pour stagner aujourd’hui à 0,19€. L’action de l’Olympique Lyonnais introduite à 24€ en 2006 ne cote plus que 2,82€ cédant 88%.

L’exception turque

En comparaison avec les difficultés financières des grands clubs européens comme les Glasgow Rangers trop endettés qui viennent d’être exclus du championnat écossais, le football turc affiche une solidité financière étonnante.

Les quatre clubs turcs du Dow Jones Stoxx Football représente à eux seuls 44% de la valeur de l’indice. Chacune de ces équipes a connu une augmentation de sa capitalisation boursière depuis leur introduction en Bourse. Fenerbahçe offre des dividendes d’environ 4% depuis maintenant plusieurs années, l’action du Galatasaray a pris 40% depuis son introduction en Bourse, le club de Besikstas qui pesait 1,37% du Dow Jones Stoxx Europe Football en 2007 pèse aujourd’hui 8,35%.

Le secret des clubs turcs tient essentiellement à la diversité de leurs activités. Ces clubs sont de véritables entreprises qui n’hésitent pas à acheter des terrains, des biens immobiliers ou développer une enseigne de prêt-à-porter. 

Les clubs de football ne sont pas des investissements sans risque. Les performances sportives très inégales d’une année pour l’autre, l’augmentation des coûts de transferts et l’expansion de la masse salariale des joueurs ne permettent pas aux clubs de foot de performer en Bourse. Seule solution, diversifier ses activités à la manière des clubs turcs. Un exemple que pourrait suivre Manchester United.

Jérémy Lemière