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L’économie verte dans le rouge

L’économie verte dans le rouge




L’économie verte dans le rouge image

Le Sommet de la Terre qui se tient actuellement à Rio est l’occasion pour nous de faire un point sur l’économie verte. Au-delà des enjeux écologiques qu’elle revêt, certains l’envisagent comme le moteur de l’économie mondiale de demain. Mais la crise est passée par là et l’enthousiasme des investisseurs semble avoir disparu.

Economie verte : définition

L’économie verte est l’ensemble de l’activité des entreprises produisant des biens et des services contribuant à éviter, réduire ou supprimer des nuisances pour l’environnement (définition du ministère allemand de l’écologie). En France, on parle aussi d’éco-activités ou éco-entreprises.

Cette définition de l’économie verte s’applique par exemple les entreprises de traitement des eaux usées, des déchets, ou encore aux producteurs d’énergie renouvelables.

L’offensive verte venue de Chine

Beaucoup d’espoir sont fondés sur l’industrie verte, avec l’objectif fixé par le Grenelle de l’Environnement que 20% de la consommation mondiale d’énergie soit issue des énergies renouvelables à l’horizon 2020. L’investissement dans ce secteur a donc été important ces dernières années : 162 milliards de dollars en 2009, 200 milliards de dollars en 2010 et 209 milliards de dollars en 2011 (chiffres Golbal Data).

La Chine, dont les immenses besoins énergétiques reposent essentiellement sur ses centrales thermiques au charbon, investit massivement dans l’énergie solaire. 4 des 10 plus grosses entreprises dans l’éolien sont chinoises, dont le leader mondial Sinovel, de même que 5 des 10 plus grosses entreprises dans le solaire, dont le leader mondial est Suntech.

Le surinvestissement a engendré une surcapacité et une surproduction. Tant et si bien que l’offre de panneaux solaires est aujourd’hui deux fois supérieure à la demande. La Chine projette désormais d’implanter ses entreprises photovoltaïques en Afrique, un marché prometteur.

Concurrence chinoise et baisse des subventions : le marché européen à l’agonie

Les entreprises européennes ont bien du mal à concurrencer les Chinois. Le leader allemand du solaire Q-Cells et le leader français de l’éolien Vestas ont respectivement annoncé le licenciement de 2 300 et de 2 500 personnes. En situation de quasi-faillite, elles ont dû faire face à une concurrence féroce mais aussi à une baisse des aides publiques pour soutenir le secteur.

En 2011, EDF a baissé son prix de rachat de l’énergie solaire. La réduction du crédit d’impôts de 50% pour les ménages installant des panneaux solaires et la suppression de la TVA à 5,5% pour l’équipement d’isolation thermique. Des mesures qui ont bien sûr amoindri les carnets de commandes des entreprises du secteur.

Les indices boursiers verts dans le rouge

Face à l’immense engouement des investisseurs pour le secteur vert, certains ont évoqué en 2008 la formation d’une « bulle verte ». Depuis, la crise est passée par là et l’enthousiasme s’est envolé. Novethic recense en Europe 194 fonds d’investissement liés à l’économie verte, dont une centaine a vu le jour entre 2007 et 2008.

L’économie verte dans le rouge

L’indice S&P Global Eco perd 15,84% en un an. S&P 500 : +3,56%

Malgré cet effet de mode, les investisseurs n’ont pas suivi. En 2011, l’encours des fonds verts européens totalisait 13,3 milliards d’euros. A titre de comparaison, les fonds d’investissements socialement responsables (ISR) comptent 64 milliards d’euros d’encours, et ce rien qu’en France. Ce désintérêt pour les fonds verts s’explique aisément par leurs performances très irrégulières : -41,6% en 2008, +27,2% en 2009 et de -19% en 2011.

Quelques indices boursiers verts

Le NYSE Low Carbon 100

Le NYSE Low Carbon 100 regroupe les 100 entreprises européennes qui émettent le moins de carbone. On y retrouve notamment EDF, Vinci, PPR ou encore Suez. L’indice affiche une hausse de 16,32% depuis sa création en 2008.

Le S&P Global Eco

Lancé en 2008 par Standard & Poor’s, l’indice S&P Eco réunit les 40 plus grosses sociétés du secteur de l’environnement d’une douzaine de pays. Sa performance négative de -18,14% depuis l’année dernière et de – 9,69% depuis sa création.

Standard & Poor’s a également créé l’indice S&P Global Water avec les sociétés dont l’activité est associée à l’eau, comme par exemple Veolia.

Le NEX

Calculé par l’Amex, le NEX rassemble les plus grandes sociétés des énergies renouvelables. En 2011, il a perdu 37,5% de sa valeur.

Le Ardour Solar Energy Index

Cet indice comporte exclusivement des valeurs du secteur de l’énergie solaire. Il a perdu 71,81% en un an.

Jérémy Lemière