Les 10 économies avec les meilleures perspectives long terme

Les 10 économies avec les meilleures perspectives long terme




La banque HSBC a publié dans un rapport intitulé « The World in 2050 » le classement des dix pays avec les meilleures perspectives de croissance économique à long terme. On y trouve des habitués mais aussi quelques surprises.

Voici la liste des 10 pays avec les meilleures perspectives long terme

Riches en ressources naturelles et avec des démographies dynamiques et des démocratisations en progression, les pays émergents d’Asie, d’Amérique Latine et d’Afrique du Nord présentent un potentiel de croissance pour les investisseurs (très) long terme. Ces aires géographiques font figure d’alternative à une zone euro en pleine crise et des Etats-Unis au ralenti.

Les 10 économies avec les meilleures perspectives long terme
Source: Fonds Monétaire International
Voici les dix pays avec les meilleures perspectives de croissance économique à long-terme selon HSBC (rapport complet en PDF).

Les Philippines

  • PIB 2011 :  174 Mds€
  • PIB 2050 :  1308 Mds€

Auparavant dépendante de l’agriculture et de ses ressources naturelles (nickel, cuivre, minerai de fer), le secteur tertiaire a pris la relève. Le secteur des services bénéficie à plein du mouvement de délocalisations des entreprises occidentales, notamment les centres d’appel. Avec 350 000 Philippins travaillant dans des call centers. les Philippines ont dépassé l’Inde (330 000 travailleurs en call center).

Avec une croissance démographique annuelle de plus de 2%, la population philippine reste jeune. 54% des Philippins ont moins de 25 ans. La main d’oeuvre est relativement bien formée et anglophone.

Centrée sur la consommation domestique, le marché philippin est peu exposé aux marchés financiers globaux. Le pays a pu ainsi échapper à la crise financière de 2008.
Actuellement 43e, les Philippines devraient devenir la 16e économie mondiale d’ici à 2050, selon la banque HSBC.

L’Ukraine

  • PIB 2011 :  128 Mds€
  • PIB 2050 :  358 Mds€

Ancienne république soviétique, l’Ukraine est riche de terres agricoles fertiles, de gisements miniers et de ressources naturelles (charbon et fer en particulier). L’Ukraine est aussi le principal raffineur métallurgique d’Europe de l’est.

Avec une croissance économique moyenne de 7,5% par an entre 2001 et 2008, l’Ukraine a été rattrapée par la crise économique en Europe.
L’Ukraine commence à retrouver les taux de croissance d’avant-crise, grâce à la hausse de la demande d’acier, à l’augmentation des exportations (+30% en 2010 par rapport à 2011) et un solide marché intérieur.

Le bon niveau d’éducation est un atout pour le pays : un taux d’alphabétisation de quasiment 100% et une main-d’œuvre qualifiée attirent les investissements.

Le Pérou

  • PIB 2011 :  Mds€
  • PIB 2050 :  Mds€

L’investissement privé booste l’économie péruvienne depuis les années 1990. Quasiment €14 milliards ont été investis dans le pays ces dernier 15 années.

Deuxième producteur mondial de cuivre et argent, l’industrie minière représente à elle seule 60% des exportations du pays et continue à porter l’économie.

Même si le pays est pressenti pour devenir le prochain joyau de l’Amérique Latine, certains risques demeurent. Le Pérou se relève à peine de deux décennies de guérilla et a ravi à la Colombie son titre de premier producteur de feuille de coca.  Le trafic de drogue a représenté €17 milliards en 2009, soit 17% du PIB.

L’Inde

  • PIB 2011 :  1843 Mds€
  • PIB 2050 :  6327 Mds€

L’Inde devrait devenir la 3e économie mondiale d’ici 2050, remplaçant à cette place le Japon.

L’économie indienne peut s’appuyer sur une démographie vigoureuse et une classe moyenne de 300 millions de personnes, soit presque la population entière des Etats-Unis.

Les investisseurs ne s’y trompent pas. En 2011, ils ont investi 40 milliards d’euros dans l’économie indienne. 13% de plus que l’année précédente.

Le Bangladesh

  • PIB 2010 :  91 Mds€
  • PIB 2050 :  522 Mds€

Avec plus de 30% de la population sous le seuil de pauvreté, le Bangladesh est un des pays les plus pauvres du monde. Le potentiel de croissance est d’autant plus élevé.

La main-d’oeuvre industrielle chinoise se renchérit, rendant la main d’œuvre bon marché du Bangladesh d’autant plus intéressante pour les investisseurs. L’industrie manufacturière représente plus de 75% des exportations du pays.

Les réserves de gaz sont un autre potentiel de croissance. Le pétrolier américain Chevron a investi l’été dernier 387 millions d’euros dans le gisement de gaz Bibiyana. Malgré ses conflits avec Petrobangla, l’australien Santos a investi €155 millions d’euros pour des forages de gaz dans le golfe du Bengale.

La Malaisie

  • PIB 2011 :  216 Mds€
  • PIB 2050 :  900 Mds€
  • Croissance annuelle moyenne (2011-2050) : 6,5%

Troisième économie du sud-est asiatique, la Malaisie est en pleine expansion. Plus sophistiquée et diversifiée que par le passé, elle est aujourd’hui moins dépendante de la production minière et agricole.

Après la crise asiatique de 1997, l’économie a récupéré plus vite que ses voisins. Kuala Lumpur est devenu la première place de la finance islamique et le pays est devenu le premier exportateur mondial de semi-conducteurs, de produits électroniques et de panneaux solaires.

Le principal risque qui inquiète les investisseurs est la fuite des cerveaux dont souffre le pays. Les Malaisiens plus qualifiés quittent le pays pour Singapour et l’Australie, en quête de meilleures opportunités académiques et professionnelles.

Le Vietnam

  • PIB 2011 :  96 Mds€
  • PIB 2050 :  350 Mds€
  • Croissance annuelle moyenne (2011-2050) : 5,2%

L’économie vietnamienne dépend encore de deux facteurs peu attractifs pour les investisseurs: l’agriculture (le Vietnam est le deuxième exportateur de riz du monde), et l’État (plus de 40% du PIB est créé par des sociétés publiques).

Toutefois, le pays a rejoint l’OMC en 2007 et commence à attirer l’attention des investisseurs.

La main d’œuvre peu coûteuse se présente comme une alternative plus avantageuse que la Chine, notamment pour les industries manufacturières et la technologie, comme en témoignent les investissements d’Intel, Samsung, Canon et Foxconn.

L’Egypte

  • PIB 2011 :  178 Mds€
  • PIB 2050 :  903 Mds€

Deuxième puissance économique du monde arabe, l’Egypte profite d’une immense population jeune et d’une localisation géographique avantageuse, au carrefour entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie.

Mais à cause de l’instabilité politique chronique dont souffre le pays, ces prévisions sont à prendre avec des pincettes. Le récent Printemps arabe a fait chuter l’investissement direct étranger de 93% dans les trois premiers trimestres de 2011. Le secteur du tourisme, qui représente 11% du PIB et 10% de l’emploi, a aussi été sévèrement affecté.

La Chine

  • PIB 2011 :  5671 Mds€
  • PIB 2050 :  19 634 Mds€

Sans grande surprise, la Chine sera un des plus grands contributeurs à la croissance mondiale, et ce malgré le récent ralentissement.
La Chine a reçu près de €90 milliards d’investissement direct étranger rien qu’en 2011.

Et inversement, la Chine a €257 milliards d’investissements dans plus de dans 1400 projets dans 132 pays. Avec la crise de la zone euro et le ralentissement des Etats-Unis, la Chine compte de plus en plus sur son marché intérieur.

L’Algérie

  • PIB 2011 : 146 Mds€
  • PIB 2050 : 417 Mds€

Avec la troisième plus grande réserve pétrolière en Afrique (estimée à environ 12 milliards de barils), l’Algérie est l’un des pays les plus riches du continent africain.

Les produits pétroliers, qui représentent 95% des exportations (source : FMI), ont permis la création d’un fonds pétrolier de stabilisation, d’environ €43 milliards,  protégeant l’économie algérienne de la chute des cours du pétrole en 2009.

Le Président Abdelaziz Bouteflika avait annoncé en 2009 un plan quinquennal de relance économique, avec un investissement de près de €115 milliards en infrastructures, la création de 3 millions d’emplois et construction de un million d’habitations neuves.

Malgré la démographie vigoureuse du pays (plus de moitié de la population a moins de 35 ans), le pays souffre d’un grave problème de chômage structurel.  Plus de 20% de la population entre 16 et 24 ans est sans emploi.

Conclusion

PriceWaterhouseCoopers anticipe que le groupe formé par les sept principales économies émergentes (Chine, Russie, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie, et Turquie) dépasseront avant 2020 le groupe des économies du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada).

Mais ces anticipations économiques sont bien sûr fragiles car l’avenir est par définition incertain. Guerres, protectionnisme, catastrophes naturelles, gestion inadéquate des ressources naturelles, systèmes éducatifs fragiles, ou encore instabilité politique, de nombreuses inconnues peuvent facilement compromettre les prévisions, surtout lorqu’elles sont optimistes.

Les pays émergents sont risqués, et le chemin sera long et semé d’embuches, mais à long terme, il fait peu de doutes que ce sont les pays émergents qui tireront la croissance mondiale.

Teresa Marqués

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