2014, année du rattrapage européen




Dans un contexte de normalisation de la croissance économique, l’Europe présente un potentiel de rattrapage à la fois économique et boursier. C’est la conviction de Rothschild & Cie Gestion.

Une croissance modérée mais assainie

Pour Didier Bouvignies et Philippe Chaumel, la croissance est bien de retour, aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi en Europe. Et le fait qu’elle ne reste que modérée constitue un point positif pour sa durabilité, d’autant qu’elle s’effectue sur des bases assainies.

L’indice PMI manufacturier progresse en novembre 2013 par rapport aux moyennes des premier et deuxième trimestre de l’année, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, dans la zone euro. De plus, l’amélioration des perspectives de leur situation financière révélée par les enquêtes auprès des ménages européens laisse espérer une reprise de leurs dépenses, notamment en Allemagne.

Quant aux entreprises européennes, elles ont assaini leur situation financière et trouvé des moyens de supporter l’absence de croissance économique. Après des résultats en baisse de 30 voire de 50 % en 2012 par rapport à 2007, les perspectives de redressement sont plus que crédibles.

Les Etats jusqu’ici en déficit ont eux aussi assaini leurs balances courantes : Italie, Espagne, Portugal repassent en positif, les Etats-Unis remontent vers un chiffre de -2 %. La France reste, elle, à un solde négatif de – 2% tandis que l’Allemagne domine la zone euro avec un excédent de 7 %. La Chine continue de son côté à osciller autour de 2 % d’excédents depuis 2013, chiffre à comparer avec les 12 % de 2007 ou même les presque 6 % de 2010.

Le processus de normalisation économique par lequel les pays développés retrouvent un rôle de moteur de l’économie mondiale, après plusieurs années de domination des pays émergents, semble se poursuivre. Le contexte monétaire accomodant contribue grandement à cette évolution.

Une stratégie convexe sur les taux

Les taux d’intérêt ont beau demeurer faibles de part et d’autre de l’Atlantique, un début de normalisation se dessine là aussi depuis la mi-2013 : les taux longs américains sont ainsi remontés de -0,7 % en juin 2013 à 0,5 % en novembre 2013 et les taux allemands de -0,5 % à 0,4 % environ. Au sein de la zone euro, la convergence s’opère progressivement, mais les écarts de taux – spreads – restent trop importants entre les Etats périphériques et l’Allemagne. On doit s’attendre à une poursuite d’un rétrécissement de ces spreads.

Pour générer de la performance dans ce contexte, Philippe Chaumel indique jouer une stratégie convexe sur les taux afin, d’une part, de limiter les risques qu’induirait une hausse des taux et, d’autre part, de capter du rendement. Pour cela, il favorise les obligations de maturité intermédiaire et faiblement exposées à la hausse des taux – sensibilité -,  privilégie les titres émis par des sociétés notées BBB ainsi que les dettes bancaires senior – plus sûres – des Etats périphériques et subordonnées – plus risquées, mais plus rémunératrices – des pays les plus solides.

Les actions européennes en première ligne

Après les performances issues de la surpondération des actions européennes en 2013, Rothschild & Cie Gestion maintient une allocation du même type pour 2014. Selon Philippe Chaumel, la prime de risque offerte par les actions américaines se révèle désormais moins attractive que celle des actions européennes. En d‘autres mots, l’investissement européen constitue un meilleur choix au regard du risque encouru, des performances attendues et du prix affiché. Il pense aussi que les actions européennes, compte tenu justement de cette prime de risque, supporteraient relativement bien une hausse des taux.

Comme évoqué plus haut, les résultats des sociétés européennes commencent à se redresser. On note une remontée du taux de révision de leurs bénéfices à la hausse et une amélioration de la performance des titres des entreprises exposées à la zone euro. L’exposition aux émergents ne paye plus, celle à la zone euro doit prendre le relais.

Si Didier Bouvignies et Philippe Chaumel croient dans le potentiel de la gestion value, qui accuse un retard important par rapport à la gestion croissance, ils considèrent que la taille de capitalisation ne doit pas, elle, constituer un critère de choix. Les opportunités doivent être saisies aussi bien chez les large caps que chez les mid et small caps.

Ultime conviction de Rothschild & Cie Gestion : il est trop tôt pour revenir sur les marchés émergents, que ce soit en dette ou en actions. Des incertitudes économiques et financières pesant sur plusieurs de ces pays (Inde, Brésil, Indonésie, Turquie, Afrique du Sud), mieux vaut privilégier des zones où la prime de risque est supérieure.

La société de gestion rappelle que quelle que soit la classe d’actifs et l’importance de l’approche top down – analyse partant du macroéconomique vers le microéconomique -, la sélection rigoureuse des titres demeure un gage essentiel de performance.

Nadège Bénard

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