Non, la concurrence ne détruit pas d’emplois, bien au contraire

Non, la concurrence ne détruit pas d’emplois, bien au contraire




Tantôt gentil bienfaiteur du consommateur, tantôt vilain destructeur d’emploi, Free est au coeur d’un débat plus large sur les bienfaits de la concurrence. Loin de détruire des emplois, la concurrence en crée.

Pour rappel, SFR, Bouygues et Orange avaient été condamnés en 2005 à verser un total de 534 millions d’euros à la suite d’une entente illégale sur leurs prix. L’introduction d’un quatrième opérateur visait à stimuler la concurrence et secouer un oligopole de fait.

En janvier, Free fait une entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile, en proposant un forfait de communications illimitées et la 3G pour une vingtaine d’euros par mois, sans engagement de durée. Free bouleverse le marché en attirant 3,6 millions d’abonnés en seulement six mois.

Résultat : les dépenses des Français pour leur consommation mobile ont baissé de 7% (étude Kantar).

Arnaud Montebourg, pas encore ministre, avait alors tweeté : « Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans. »

Non, la concurrence ne détruit pas d’emplois, bien au contraire

Free, ce destructeur d’emplois

Aujourd’hui, Bouygues et SFR annoncent devoir engager des plans sociaux afin, selon eux, de lutter contre les prix cassés de Free. Peu habitués à la concurrence, et voyant se terminer leur douillette rente de situation, les opérateurs historiques s’en sont allé pleurnicher auprès de l’Etat, avec force lobbying.

Lobbying qui semble porter ses fruits, puisque Arnaud Montebourg, ministre du « redressement productif » (sic), reproche maintenant à l’ARCEP d’avoir privilégié le consommateur au détriment de l’emploi :

« L’Arcep fait des choix politiques en lieu et place du politique. La droite libérale a totalement abandonné ses prérogatives. L’Arcep s’intéresse exclusivement à la concurrence sans limite. Or, que je sache, le secteur des télécommunications n’est pas mondialisé. Il utilise en outre le domaine public hertzien! Comment donc avons-nous trouvé le génie de mener la concurrence du marché à un tel point qu’il s’autodétruit? » (interview Challenges de juin 2012)

Un magnifique demi-tour !

Qu’entend-on au juste par « concurrence » ?

« Et après tout, qu’est-ce que la Concurrence? Est-ce une chose existant et agissant par elle-même comme le choléra? Non, Concurrence, ce n’est qu’absence d’oppression. » – Frédéric Bastiat.

Pour l’économiste Frédéric Bastiat (1801-1850), la concurrence est « l’absence d’une autorité arbitraire comme juge des échanges ». La concurrence est donc fondamentalement la liberté de choix pour le consommateur.

L’idée selon laquelle la concurrence « détruit » l’emploi est fausse

Tout d’abord, il est faux de dire qu’un emploi peut être détruit. On n’a coupé les bras de personne ! Un emploi n’est jamais détruit, il est toujours déplacé, c’est-à-dire rendu à nouveau disponible pour être utilisé ailleurs. D’ailleurs, comme le rappelle justement Xavier Niel, Free embauche.

Les bienfaits invisibles de la concurrence

En fait, il existe deux conséquences moins visibles, et plus graduelles, à l’ouverture d’un marché à la concurrence. Continuons avec le cas de Free Mobile.

La baisse des prix fait augmenter la demande : l’arrivée de Free a augmenté le nombre total d’utilisateurs de la 3G et des services liés.

Les économies faites par les abonnés sur leur facture de téléphone mobile profitent à d’autres secteurs de l’économie. Les 30 euros économisés tous les mois par les abonnés de Free Mobile iront se dépenser ailleurs : une paire de chaussures, ou un livre, par exemple. Autant de travail et d’emplois en plus pour nos chausseurs et nos libraires.

Laurent Curau