Bastiat (Frédéric)

Frédéric Bastiat, l’économiste libéral français trop méconnu

Né à Bayonne en 1801, Frédéric Bastiat est un économiste libéral français. Relativement peu connu en France, il est un pilier de la pensée économique libérale. De nombreux économistes libéraux modernes se réclament de lui, notamment Ludwig Von Mises et Friedrich Von Hayek.

Dès l’âge de 17 ans, il travaille pour l'entreprise familiale, spécialisée dans l’exportation de vin et de laine. Bastiat se rend compte de l’impact néfaste des interventions d’un Etat. Sous l’empire, l’installation d’un blocus international entraîne le déclin du port de Bayonne. Le jeune Bastiat s'intéresse très tôt à l'économie. Pour alimenter sa réflexion, Bastiat lit avidement les auteurs économiques, dont Adam Smith, Jean-Baptiste Say et Ricardo.

C’est en lisant les articles de l'Anglais Cobden sur les conséquences des Corn Laws que Bastiat se rend compte du caractère néfaste du protectionnisme. Cela l'inspire d'écrire un article sur les bienfaits du libre-échange tel que pratiqué par les Anglais. Son article est publié dans le Journal des Economistes. C'est alors que commence sa vraie "carrière" d'économiste. A Paris, il se mêle aux grands économistes de son temps, dont Jean-Baptiste Say.

Auteur prolifique, Bastiat écrit de nombreux pamphlets et essais, puis débute une carrière politique, avec un poste de représentant des Landes à l’assemblée législative en 1848.

Atteint par la tuberculose, il décide au printemps 1850 de se retirer dans les Landes. Pendant cette période, Bastiat écrit de nombreux pamphlets. Il succombe à la maladie le 24 décembre lors d’un voyage à Rome, à seulement 49 ans.

Bastiat, l'économiste libéral

Frédéric Bastiat est à ranger dans la catégorie des économistes libéraux. Dans ses écrits, il critique ouvertement les politiques interventionnistes du gouvernement. Dans son article de De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples, il écrit :

"L’Angleterre, qui est en train d’instaurer le libre-échange, va connaître une prospérité croissante. Pendant ce temps, la France, engoncée dans le protectionnisme, va connaître une misère de plus en plus grande".

Bastiat s’emploie à démontrer que l’Etat doit se cantonner à ses missions régaliennes : la sécurité, la défense du territoire et la justice.

Dans Sophismes économiques, Bastiat s'efforce de démontrer par le raisonnement logique la fausseté de nombreuses théories économiques erronées, qu'il appelle sophismes.

L'erreur principale des sophismes économiques, dit-il, est de ne prendre en compte que les effets visibles des politiques économiques ("ce qu'on voit") et d'en ignorer les conséquences invisibles ("ce qu'on ne voit pas"). Les deux plus connues sont sans conteste la parabole de "la vitre cassée" et la "Pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles".

La vitre cassée

La parabole la plus célèbre de Frédéric Bastiat est celle de la vitre cassée, premier chapitre de l'essai Ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas. L'objet de cette parabole est d'invalider l'idée reçue selon laquelle le bris d'une vitre (et par extension, toute forme de destruction) est bénéfique à l'économie en ce qu'elle donne du travail au vitrier.

"À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l'industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l'on ne cassait jamais de vitres ?"

"(...)La vitre étant cassée, l'industrie vitrière est encouragée dans la mesure de six francs ; c'est ce qu'on voit. Si la vitre n'eût pas été cassée, l'industrie cordonnière (ou toute autre) eût été encouragée dans la mesure de six francs ; c'est ce qu'on ne voit pas."

Pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles

Pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles est rédigé sous forme de lettre. La lettre est celle d'un fabricant de chandelles qui demande au gouvernement à être protégé de la concurrence déloyale ... du soleil.

En effet, cet astre insolent fournit à tous, à longueur de journée, de la lumière gratuite. Il exige donc qu’une loi ordonne que l'on ferme toutes les fenêtres durant la journée afin de favoriser l'activité des fabricants de chandelles.

Par cette lettre absurde, Bastiat montre que l'intervention de l'Etat dans l'économie favorise toujours des intérêts particuliers et nuit à l'intérêt général.

Les théories de Frédéric Bastiat sont encore très contemporaines. Elles ont inspiré de nombreux économistes du XXe siècle, notamment Ludwig Von Mises, Friedrich Von Hayek.


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