Le Sénateur Charles Schumer, qui préside le Comité des lois et de l’administration du Sénat américain a demandé à la SEC d’interdire les ordres flash (“flash orders”), utilisés dans le cadre du “high-frequency trading”. Dans une lettre adressée à la présidente de la SEC, Mary Schapiro, le sénateur Schumer menace de passer par la voie législative si elle ne réussit pas à bannir ces ordres qui, selon lui, désavantagent les petits investisseurs et remettent en cause l’intégrité des marchés.

Le High Frequency Trading, principalement utilisé par les grandes banques et les hedge funds, repose sur l’utilisation d’ordinateurs extrêmement rapides du même genre que ceux qui font fonctionner les places financières comme NYSE Euronext. Ces ordinateurs scannent des dizaines de places financières en même temps et transmettent des millions d’ordres en quelques secondes, les ordres flash. Grâce à cette technique, les traders peuvent déceler les changements de tendances avant les autres investisseurs, et les ordinateurs changent leurs ordres et leurs stratégies en l’espace d’une milliseconde.

Le principe de base des marchés repose sur le fait que les acheteurs et les vendeurs se rencontrent et négocient jusqu’à ce qu’un prix auquel la transaction peut se faire soit trouvé.

Mais en 1998, la SEC a autorisée l’entrée de sociétés d’échanges électronique qui entrent ainsi en compétition avec les places de marché comme NYSE Euronext. Ces nouvelles places ont mises au point des algorithmes et des logiciels informatiques capables de rivaliser avec ceux de Wall Street, menant à une véritable course technologique qui déterminera les gagnants et les perdants.

Ces logiciels jaugent le marché en émettant et annulant aussitôt des millions d’ordres jusqu’à ce qu’ils décèlent le prix maximum accepté par la majorité des investisseurs. Une fois ce seuil atteint, les ordinateurs commencent à vendre en masse des centaines de milliers de titres, retournant la tendance. Cette technique désavantage les investisseurs particuliers, plus lents.

Ce technique booste les cours et rendent les marchés beaucoup plus volatiles. NYSE Euronext estime qu’environ 46% des volumes journaliers proviennent des stratégies high-frequency. Plus de 75% de hedge funds, fonds communs de placement et fonds de pensions utilisent des stratégies exécutées par ordinateur.

Concernant les principales plateformes de trading qui utilisent ces ordres, les réactions sont plutôt mitigées. D’un point de vue général, les techniques de high frequency trading procurent des avantages considérables, d’où la bataille que l’on observe sur le front des innovations informatiques et mathématiques.

Direct Hedge (12% PDM, propriété de Goldman Sachs, JP Morgan, Citadel hedge fund, Knight Capital Group et International Securities Exchange) a triplé sa part de marché grâce aux “flash programs”. Leur interdiction impacterait donc considérablement son résultat.

Nasdaq OMX (21% PDM, a cédé du terrain face à Direct Hedge) et BATS, les autres acteurs majeurs, sont plutôt ouverts et iront dans le sens de la décision de la SEC. Selon le porte-parole de BATS, la société était déjà en forte croissance avant la mise en place des ordres flash.

Pour ce qui est de petits investisseurs, il est clair que cette pratique constitue un désavantage. Les utilisateurs de ces ordres reçoivent les cotations quelques millisecondes avant le reste des opérateurs financiers ce qui leurs permet de jauger le marché et donc de se positionner dans le bon sens et d’ajuster le prix de leurs ordres. Les autres investisseurs paie donc un prix plus élevé pour acheter le même actif financier.

D’après les dires de certaines personnes proches de la SEC, les discussions liées aux problèmes des ordres flash étaient déjà d’actualité et l’organisme de régulation prévoyait de sévir avant la lettre du sénateur Schumer. Selon un avocat qui aurait discuté de cela avec des responsables de la SEC, cette dernière devrait s’occuper du dans les semaines à venir.

Benjamin Boulier

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2 commentaires

c3835 roddenberry
Jeu 13 Aou 2009
roddenberry photo

Meme la legislation ne peut rien contre l’evolution les hedge funds, le hft seront incontournables dans la finance du XXIeme siecle

c5619 Didi
Jeu 07 Jan 2010
Didi photo

Mais biensûr, on ne peut rien faire, c’est normal, c’est l’autorégulation… le commentaire ci dessus est ridicule. Que la bourse devienne un casino géant déconnecté de plus en plus de tout le monde industriel est normal, faire de l’argent avec de l’argent grâce à des hyper calculateur est absolument nécessaire et apporte bien-sûr une pérennité aux entreprises venues chercher en bourse un financement à leur développement et à leurs projets… Donc si je comprends bien, il y a des programmes, qui en fonctions des ordres, des volumes, etc, achètent et vendent des actions, en se foutant éperdument des sociétés, de leurs personnels, de leurs stratégies de dévellopement, avec comme seul but de faire à chaque fois un bénéfice, même infime, mais au vu des intervenants, mis bout à bout, surement considérable… un de ces jours, il faudra quand même leur rappeler à tous ces escrocs qu’ilsjouent avec la vie de millions de personne, et que sans travailleurs et sans industries, leurs petits jeux tombe dans le vide.

Le mur n’est plus très loin.

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