Les grands avantages des small caps

Il est quelques fois plus rentable d’acheter les titres de sociétés de petites capitalisation boursière, appelées “small caps“, que ceux de sociétés à grosses capitalisations boursières (“big caps”).

En effet, une étude montre qu’entre 1927 et 2007, les small caps ont affiché un rendement annuel moyen de plus de 12%, tandis que les big caps se sont appréciées de 10% sur la même période.

Les small caps ont en effet plusieurs avantages sur leurs grandes sœurs.

Une évaluation déconnectée du temps

Du fait de manque de visibilité typique des petites capitalisations boursières, leur cours est souvent déconnecté de leurs fondamentaux. Elles peuvent ainsi surperformer les grosses capitalisations pendant longtemps.

Moins d’acheteurs et de vendeurs

Les small caps ont par définition moins d’actions en circulation sur les marchés. De plus, on trouve moins d’acheteurs et de vendeurs que sur les marchés principaux. Elles sont moins “liquides”.

Ainsi, lorsque les fondamentaux d’une petite capitalisation boursière s’améliorent, les investisseurs arrivent en grand nombre sur le titre et, comme il y a peu d’actions en circulation, le titre s’apprécie très rapidement.

Les small caps peu suivies par les analystes financiers

Commençons par un exemple :

Le 8 janvier 2007, les analystes d’UBS ont remonté leur sentiment concernant le titre IBM de neutre à achat. L’action a pris 1,17$ suite à la nouvelle, soit une augmentation d’environ 1%.

Le 6 septembre 2005, Brean Murray améliore son avis concernant Wilson’s Leather, une small cap, et passe de “accumuler “ à “achat fort”. Le jour de la nouvelle, le titre prend 4% et presque 12% sur la semaine.

Pourquoi un tel écart?

Le jour où UBS revoit son avis concernant IBM, 25 autres analystes suivaient le titre. Résultat : il y avait déjà beaucoup d’informations et de publications d’avis qui allaient dans le même sens, et la nouvelle n’a pas eu un impact énorme.

A l’inverse, seulement 5 analystes suivaient le titre Wilson’s Leather, ce qui fait qu’un avis favorable a plus d’impact sur la communauté des investisseurs.

Adaptabilité

Au cours d’une conférence, Eric Schmidt, qui était alors à la tête de Novell avant de prendre les commandes de Google, a comparé les grosses sociétés à des avions de lignes ou des gros transporteurs maritimes :“Cela prend beaucoup de temps pour les faire changer de cap”.

Dans les faits, il est vrai que pour une grosse société, lancer un nouveau produit sur le marché peut prendre des années. Cette lenteur est due à toute les étapes de vérification de produit, d’homologation, de validation des normes légales et aussi de marketing et de promotion essentielle au lancement d’un nouveau produit. Les petites sociétés, elles, ont tout intérêt à se presser, car les nouveaux produits assurent leur survie.

Par exemple, une petite chaîne de restaurants aura plus de facilité à changer ses menus et réapprovisionner ses points de ventes qu’une grosse multinationale comme McDonald’s.

Cette réactivité permet aux petites entreprises d’être plus efficace pour entre sur de nouveaux marchés ou lancer de nouveaux produits, et ainsi d’afficher une croissance des ventes et de revenus de 20 ou 30%.

Moins de conflits internes

En 2004, beaucoup d’analystes et de banquiers ont quittés Morgan Stanley suite à un conflit opposant deux camps :

  • Ceux qui supportaient Philip Purcell, l’architecte de la fusion entre Dean Witter et Morgan Stanley.
  • Ceux qui supportaient John Mack, le président.

A l’issue de cette bataille, le camp de John Mack a remporté la victoire mais au final, ce sont les investisseurs qui ont perdus car le titre avait fortement chuté en Bourse.

Les petites sociétés ne sont pas immunisées contre de tels conflits mais il y a souvent peu de raisons d’en avoir au sujet des responsabilités, des revenus et des bonus. Les sociétés qui savent éviter ces conflits en internes et limiter la bureaucratie possèdent un avantage sur les autres.

Acquisitions

Bien que les grosses compagnies ont la possibilité de réaliser des fusions ou des acquisitions d’autres grosses sociétés, cela n’arrive pas souvent. En, revanche, les petites sociétés constituent des cibles intéressantes.

Par exemple, les performances boursières des sociétés qui peuvent être des cibles potentielles de grands groupes sont intéressantes, même en période de crise. Le fait qu’elles peuvent être rachetées sur vitamine perpétuellement les cours.

Il est facile pour une grosse compagnie, avec une puissance financière, de racheter un petite société qui est déjà lancée et fonctionne bien. Cela coûte moins cher que d’effectuer de la R&D en interne et permet de gagner du temps pour lancer de nouveaux produits.

Lorsqu’elle rachètent une société plus petite, les big caps payent une prime, c’est-à-dire qu’elles achètent les titres plus chers que leur prix sur le marché.

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