Par les temps qui courent, ne me dîtes pas que vous n’avez pas entendu parler de ce mot très populaire sur les marchés : la volatilité.
Ce terme, comme son nom l’indique en majeure partie, désigne la propension d’un cours à subir de fortes variations, dans un sens ou dans l’autre, dans un laps de temps réduit.
Aussi, depuis la déroute de cet été 2008, avec tous les événements désormais bien connus (faillite de Lehman Brothers, sauvetage de Fannie Mae & Freddie Mac, soutien à AIG, récupération de Merrill Lynch par Bank of America, scandale Madoff, etc.), les journées à plus ou moins 10, 15 voire 20% de variation se sont simplement vulgarisées !
Un monde change, je vous l’ai déjà dit.
Alors, pourquoi ce phénomène ? Que peut-on en déduire ? Et quelles en sont les conséquences ?
Les réponses que j’apporterai à ces questions se trouvent d’abord dans le flou total qui réside aujourd’hui encore sur la planète “économie” en général, et l’univers “Bourse” en particulier.
Des marchés absolument erratiques, qui ne semblent plus répondre à des événements logiques, tangibles. Des analystes perdus (si, si : moi aussi, je vous assure !) et donc souvent prudents. Des intervenants aux aguets de la moindre nouvelle ou rumeur, et prêts à bondir sur le premier os à ronger que la manne financière leur lancera, mais dans des volumes toujours peu significatifs. C’est ainsi que peu de monde font beaucoup de bruit. Et c’est ainsi, surtout, qu’aucune véritable tendance ne se dessine. Non. La chute se poursuit pourtant, inexorable. Mais avec des sursauts parfois très violents, qui ne font qu’interpeler, sans convaincre, jamais.
Maintenant, un tel phénomène fait qu’il ne fait pas bon être trader en ce moment.
Je ne parle pas de l’image ternie de ce métier.
Je ne parle pas non plus de la fin des privilèges, souvent outranciers, certes.
Non.
Je parle du métier lui-même, et de ce qu’il implique.
Et je m’attarderai volontairement dans ce billet sur les “day-traders”, soit ceux qui jouent sur du très court terme, prenant une ligne à 10 heures pour la couper à 11.

Regardez donc le graphique ci-joint, sur lequel j’ai indiqué les trois temps qu’a connus le CAC 40 durant une séance du 5 février. J’ai noté ces trois temps de 1 à 3 et je les ai représentés par des flèches vous montrant bien l’effet “zigzag” induit par la volatilité du marché. Voici donc une journée particulière, décortiquée pour vous :
- En prologue, ouverture en gap baissier d’environ -1,85% ce matin (flèche bleue sur le graphe).
- En matinée, jusqu’à environ midi, vague de hausse N°1, qui a vu l’indice reprendre près de 1,92%.
- Jusqu’à 16h30 environ, heure du goûter oblige, nouvelle chute du CAC qui a alors reperdu 2,55%.
- Dans la dernière heure de cotation, nouvelle reprise flamboyante qui voit notre baromètre national s’apprécier de près de 3,11% !
- En épilogue, nous arrivons finalement à une clôture quasi stable, avec une variation de -0,36%
Ce décorticage parle de lui-même : imaginez vous-même la difficulté pour un day-trader de s’en sortir avec de telles fluctuations !
Le pire, et je me permets de “balancer” ici mes confrères, c’est que je vous parie qu’on entendra des commentateurs économiques parler d’une “journée stable sur les marchés hier, le CAC 40 a clôturé en effet à -0,36%.
No comment !
Marc Dagher
© Les Publications Agora France, 2002-2008
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.



1 commentaire
Lun 01 Fev 2010
Tres bonne article , je suis tout a ffait d’accord avec toi,
no comment