Elliott mon bel Elliott dis-moi si le CAC40 change de tendance…
Rien ne semblait pouvoir freiner l’optimisme ambiant de ce début d’année… Les récentes déclarations de Barack Obama sont venues jeter un froid sur les marchés. En quelques mots, sa volonté affichée de dissocier les activités de banques de détail et d’investissement pour réduire les risques pris par les établissements ont fait frémir nombre d’intervenants. En conséquence, depuis ses plus hauts annuels, le CAC40 s’est replié de plus de 8% tandis que le S&P 500 a, lui, enchaîné trois séances consécutives de baisse en fin de semaine dernière avec une ampleur qui n’avait d’ailleurs plus été constatée depuis un certain mois de mars 2009. Dans ces conditions, que faut-il en déduire ? Sommes-nous dans un scénario de retournement majeur ou, au contraire, seulement dans une simple correction ? Penchons-nous sur la théorie d’Elliott pour y voir plus clair.
Principes et règles d’Elliott : un peu de théorie d’abord…
Le principe de base des vagues d’Elliott nous apprend que tout cycle complet est composé d’une vague impulsive réalisée en cinq temps (notés 1-2-3-4-5). Au sein de la tendance, les vagues 1, 3 et 5 sont réalisées dans la direction du mouvement tandis que les vagues 2 et 4 sont de natures correctives – donc à contre tendance. Selon la théorie de Dow, on peut définir la vague 1 comme celle des “initiés”. Il est souvent difficile de reconnaître une vague 1, sauf a posteriori. La vague 3 est celle des “suiveurs”. C’est ici que les principaux intervenants se positionnent (fonds, investisseurs institutionnels). Enfin, la vague 5 est celle de l’essoufflement, celle où les investisseurs particuliers se positionnent, avec souvent une décroissance des volumes de transaction. Une fois ces cinq temps réalisés, un mouvement de nature corrective se forme et intervient traditionnellement en trois temps (notés A-B-C).
Une fois ce principe intégré, vous devez vous familiariser avec les règles élémentaires suivantes :
- la vague 3 est souvent la plus impulsive mais jamais la plus courte
- le bas de la vague 4 doit se maintenir en overlap au-dessus de la vague 2 – en d’autres termes, le bas de la vague 4 ne doit jamais passer sous le sommet de la vague 2
- selon la règle de l’alternance, les deux vagues correctives (2 et 4) doivent être de nature différente (simple et complexe)
Il y a évidemment d’autres subtilités dans l’utilisation du concept d’Elliott, comme de réussir à intégrer un décompte dans des échelles de temps supérieures et inférieures, mais avec ces bases posées nous allons pouvoir nous pencher sur le cas de notre fameux CAC40.
avant d’attaquer la pratique :

Comme nous le constatons sur le graphique du CAC40 ci-dessus, nous pouvons bien définir un mouvement de tendance en cinq temps entre mars 2009 et janvier 2010. En effet, au sein de ce cycle, les règles évoquées précédemment sont respectées à la lettre. Nous avons bien une vague 3 (juillet-octobre) qui n’est pas la plus courte. La vague 4 respecte bien l’overlap de la vague 2 : ces deux vagues correctives étant bien de natures distinctes avec, en juillet dernier, un mouvement réalisé de manière “simple” en trois temps et, entre octobre et décembre dernier, une large phase d’oscillation de nature “complexe” (de type diamant ici).
La première conclusion qui en découle est que le point bas de mars dernier sera très probablement un point bas de long terme. En effet, dans l’hypothèse inverse, si le CAC40 n’avait pas réalisé une impulsion en cinq temps, le mouvement entamé depuis mars aurait alors été de nature corrective (en trois temps) au sein d’un cycle baissier dans l’échelle supérieure. Une rechute sous les 2 500 points aurait alors pu être envisagée. Entre nous, cette hypothèse ne semblait plus d’actualité depuis bien des semaines alors que les craintes d’une crise systémique qui justifiaient les valorisations atteintes début 2009 s’étaient dissipées.
Désormais nous pouvons en déduire deux choses : après le mouvement impulsif constaté entre mars 2009 et janvier 2010, la rupture de la ligne de tendance ascendante de moyen terme (en pointillé sur le graphique) a stoppé le mouvement et nous a donc fait entrer dans une phase de correction qui devrait donc suivre un schéma classique en trois temps, de type “A-B-C”. Correction, oui, mais jusqu’où ?
Quels objectifs de baisse ?
De part son démarrage très impulsif, la correction dans laquelle nous venons d’entrer risque bien d’être de type “zigzag”, c’est-à-dire dans un schéma “5-3-5”. Je m’explique. La vague A de la correction devrait comporter 5 sous-vagues, la vague B devrait en avoir 3, et enfin la vague C, 5. Un coup d’oeil sur le graphique intraday suivant vous permettra de mieux saisir mes propos.

A plus courte échéance, nous sommes donc probablement (en ce mercredi 27 janvier) dans le dernier temps de la vague A. Le rebond en vague B en 3 temps devrait ensuite nous ramener non loin des 3 900 points (vers les ratios de retracement de Fibonacci), ceci avant d’envisager un dernier temps correctif en vague C. Même si l’objectif de baisse de cette dernière ne peut être défini précisément (son ampleur étant dépendante de celle de la vague B), une chose est sûre : sur un horizon journalier, nous avons deux points à surveiller. Tout d’abord, la zone des 3 600 points (bas de la vague 4 dans notre décompte postérieur). En cassure de ce niveau, le risque serait alors une extension jusqu’aux 3 470 points (retracement de 38,2% de Fibonacci de l’ensemble de la hausse) voire, pourquoi pas, jusqu’à la zone clé des 3 400 points (ancienne résistance horizontale et haut de la vague 2 de l’actuel cycle ascendant). Seul un passage sous ce niveau invaliderait ce scénario.
Retournement majeur ? Non… tant que les 3 000 points ne sont pas enfoncés. Correction appuyée ? Certainement.
Mathieu Lebrun
© Les Publications Agora France, 2002-2008
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