Si vous avez une marge sécurisée par votre maison ou par des actifs tangibles, et que cette marge a été ouverte il y a au moins un an, vous payez probablement le taux privilégié de votre banque. Chez TD Canada-Trust, il est de 2.25%. Certains emprunteurs profitent même de taux encore plus bas, ayant profité de certaines promotions qui ont eu cours en 2005 et 2006.
Emprunter pour investir comporte des risques. Ce type de stratégie ne doit pas être pris à la légère. Cependant, si vos dettes sont remboursées et que vous cherchez à exploiter les ‘‘aubaines’‘ au niveau des taux, voici une façon qui nous paraît peu risquée.

Afin de se prémunir contre les risques de changements de taux futurs, rien de mieux que d’investir dans un produit à revenu fixe qui varie en fonction de ces taux. Voici un exemple avec deux titres : BML.PR.J (NYSE) et BAM.PR.B (TOR). Le premier constitue une action privilégiée de la Bank of America. Le dividende correspond au taux LIBOR 3 mois + 0.75%, avec un minimum de 4%. Comme le LIBOR 3 mois est actuellement de 0.9% (ce qui donnerait 1.65% de dividendes), c’est le 4% qui s’applique.
Un taux de 4% n’est pas extraordinaire, mais il s’agit du rendement si vous payez la valeur nominale des actions, soit 25$. Comme elles se transigent à 10$ actuellement, ce taux devient 10%. Donc, le rendement minimal est de 10%, et à partir du moment que le LIBOR atteint 3.25%, le rendement augmente. Le LIBOR ressemble à notre taux privilégié canadien et correspond au taux interbancaire à Londres. En 2007, il était à plus de 5%. Le taux actuel est donc exceptionnel, et reflète la crise économique que nous traversons.
Si ce taux retournait à 5%, le taux nominal serait de 5.75%, et ils correspondrait à un rendement de 14.4% pour un investisseur qui paie 10$ l’action. On voit donc que le prix payé pour une action privilégiée fait toute la différence.
Évidemment, si Bank of America fait faillite, l’action privilégiée ne vaudra plus rien. Heureusement, ils ont pris au sérieux le ‘‘stress test’‘ du gouvernement, et ont déjà commencé à amasser les 34 milliards de $ nécessaires pour respecter les résultats de ce test. Ces 34 milliards de $ constituent une protection supplémentaire pour les actionnaires privilégiés, qui eux, ne souffrent nullement de la dilution.

Quant à l’autre exemple, il s’agit d’une action privilégiée de Brookfield Asset Management (BAM-T). Comme elle se transige à la bourse de Toronto, il n’est pas nécessaire d’acheter des dollars américains, et ainsi être exposé au risque de devise. Qui plus est, le taux de l’action est basé sur le taux privilégié de nos propres banques, et non le LIBOR (il est loin d’être certain que les taux partout à travers le monde vont varier de la même façon). Donc, le seul risque présent repose sur la solidité de la compagnie (Brookfield).
La série B des actions privilégiées de Brookfield verse 70% du taux privilégié, et n’assure aucun taux minimum, contrairement à Bank of America. Comme le taux est actuellement de 2.25%, nous avons 1.575%. Encore une fois, en payant moins de 10$ l’action, le taux qui en résulte est plus élevé. Il est d’environ 4%. Si le taux privilégié retournait à 8% (comme en l’an 2000 par exemple), il s’agirait d’un rendement de 14% sur le prix payé de 10$.
Si vous empruntez au taux privilégié, chaque augmentation de 1% du taux de votre prêt se traduit par une augmentation de 1.75% sur les actions privilégiées achetées à 10$. Dans un tel contexte, l’inflation est très appréciée. Évidemment, le risque économique de l’entreprise demeure toujours. Il faut sélectionner des actions privilégiées pour lesquelles vous avez totalement confiance en la solidité de la compagnie émettrice. Les deux exemples cités ne constituent que deux titres parmi tant d’autres. Pour que la stratégie fonctionne, on doit s’assurer que le taux du dividende varie en fonction des taux d’intérêt.
Les Investigateurs Financiers



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