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Un coup d’oeil au paysage boursier nous démontre année après année que l’importance des dividendes est un facteur à ne pas négliger lors de la plupart de nos décisions d’investissement. Que ce soit sur la communauté d’investisseurs Motley Fool ou sur la blogosphère qui déborde d’investisseurs de dividendes, les articles qui traitent des meilleurs titres à dividendes font très souvent état de manchette. Que ce soit la création des groupes d’entreprises qui versent des dividendes depuis longtemps (les artistocrates) ou bien l’identification des sociétés qui offrent la meilleure croissance de leurs distribution tous apprécient le réconfort de recevoir de jolies sommes à chaque mois.
C’est dans ce contexte évoqué précédemment que je me rends compte que la notion de rachat d’actions pour fins d’annulation est souvent oubliée de la masse. D’autant plus que la plupart des gestionnaires seraient prêts à mettre en veilleuse leur plan de rachats d’actions dans le seul but de préserver le dividende. Or, il m’apparaît évident qu’une telle façon d’agir n’est parfois pas appropriée, spécialement lorsque l’entreprise en question se transige à de faibles ratio cours-bénéfices.
Méditant un peu plus sur le sujet, je me surpris en train d’imaginer la création d’un ratio qui permettrait de comparer le total de dividendes versés additionné du montant alloué aux rachats d’actions en fonction du cours. Ce n’est qu’après quelques minutes de recherches sur internet que je me suis rendu compte que ce ratio, quoique méconnu du grand public, existe déjà dans le domaine financier et il se nomme le «Shareholder Yield» ou «Ratio de distribution aux actionnaires».
Ma grande surprise fût de constater que c’est une donnée qui a été popularisée par James O’Shaughnessy qui soutient pouvoir obtenir des rendements annuels de plusieurs points de pourcentage au dessus du marché en investissant dans les 10 meilleurs titres du S&P500 à ce niveau. Selon lui, une telle stratégie de 1984 à 2004 vous aurait rapportée plus de 22% de rendement annuel composé ce qui se compare très avantageusement aux rendements des marchés pour la même période.
L’un des meilleurs exemples que je puisse donner à ce niveau est certainement celui du Groupe BMTC, qui malgré un dividende plutôt faible, réussit à faire bénéficier avantageusement ses actionnaires par des rachats d’actions massifs lorsque le titre se transige à de faibles niveaux (et comme le titre s’est presque toujours transigé faiblement, les rachats d’actions ont souvent été très profitables). Prenons l’année 2008 durant laquelle l’entreprise a rachetée à la hauteur de 83M$ ses propres actions et ajoutons à cela les quelques 10M$ versés en dividendes. Vous obtenez un montant total de 93M$ que vous divisez par la capitalisation boursière de l’entreprise au 31 décembre 2008 (361.5M$) et vous obtenez un Shareholder Yield de 25%. Nous sommes loin des 4 et 5% de dividendes que nos meilleurs titres nous versent annuellement.
Ceci étant dit, cette stratégie est toute indiquée pour les investisseurs avertis qui seront en mesure d’identifier les compagnies qui n’hésitent pas à récompenser leurs actionnaires tout en se transigeant à des niveaux particulièrement faibles. Je demeure convaincu que quelqu’un qui appliquerait cette démarche de façon répétitive pourrait certainement battre le marché année après année, par contre, je n’irais pas jusqu’à dire que le 22% de rendement annuel évoqué plus haut est accessible… car si c’était aussi facile, nous serions tous des Warren Buffett!
Pierre-Olivier Langevin
Article original



2 commentaires
Dim 08 Aou 2010
Où trouver le ratio
shareholder yield ?
Dim 08 Aou 2010
Tu dois le calculer toi même, ce n’est pas une donnée très commune malgré qu’elle est connue des financiers. Je te suggère de jeter un coup d’oeil aux états des flux de trésorerie tu verras quelles sommes ont été dédiées aux rachats d’actions et au versement de dividendes. Assures-toi par contre que les rachats d’actions ont bel et bien servis à annuler les dites actions et non les redonner en option aux dirigeants de l’entreprise.