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Taux de défaillance immobilier aux US: il faut savoir raison garder


On crie à la catastrophe sur les prêts hypothécaires, c’est vrai.

On prône la faillite des Fannie Mae et Freddie Mac, c’est possible.

Il faut raison garder.

Voici deux graphiques intéressants qui m’ont été envoyés par Nicolas Barile de Quanteviour (c’est une société de gestion qui base son approche sur la finance comportementale, très intéressant et différent).

Le premier montre le taux de défaillance des crédits à la consommation aux USA en % du total des crédits.

Si vous me permettez, on est encore loin de 1991.

Maintenant encore plus intéressant, le graphique des défaillances des prêts hypothécaires (tous les prêts hypothécaires) aux USA en % du total des prêts hypothécaires.

Certes l’envolée est spectaculaire, mais le niveau de départ est très bas et on est bien loin des 7.5% du début des années 1990. En effet, si on passe de 1.5% à 3%, on double le taux. Rendez-vous compte 100% de hausse ! Relativisons un peu si vous le voulez bien.

Les médias, les journaux et la télévision font leurs choux gras des problèmes des crédits (attention, je ne nie à aucun moment que problème il y a et qu’il pourrait s’amplifier prochainement (voir plus bas).

Il faut simplement mettre en relation les événements avec ce qui a été vécu dans le passé et qu’effectivement, pour l’instant, les niveaux de 1991 n’ont pas été franchis à un niveau global.

Je suis allé chercher les données (elle se trouve sur le site de la Federal Reserve) et si je décortique un peu ces fameux prêts hypothécaires en les divisant en deux catégories: le “residential” et le “commercial”, j’obtiens les données suivantes:

On peut constater que dans les années 91-92 ce sont surtout les commerciaux qui ont fait défaut et qu’aujourd’hui nous nous trouvons bien loin des plus hauts. Par contre, et c’est là que c’est intéressant (et inquiétant), le résidentiel va mal et augmente rapidement depuis quelques trimestres pour se trouver au plus haut. La tendance est à la hausse. Attention !

Si effectivement la consommation freine très fort et que les citoyens ne consomment plus et font défaut…..les commerciaux vont passer à la casserole. On pourrait avoir alors un taux global de 10% ! Restons vigilants

La citation du jour: “Si l’ont peut en finir du passé avec l’oubli, on n’en finit pas de l’avenir avec l’imprévoyance.” Félicité Robert de Lamennais (1782-1854)


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1 commentaire

c722 Jean-Marie Célérier
Ven 29 Aou 2008
Jean-Marie Célérier photo

Bonjour,
ces axes d’analyse ne manquent pas d’intérêt. Concernant les taux de défaillance des crédits hypothècaires, ne peut-on pas penser que suite à la crise de 91 et à une plus grande financiarisation de l’immobilier, et donc prise en compte des risques afférents, il y a eu une baisse structurelle de la défaillance pour aboutir à un seuil mature d’environ 2% ? Dans ce cas, il me paraitrait pertinent de jauger l’ampleur de la crise non pas en termes de valeurs absolue, mais bien en termes de différentiel… on observera alors que dans les deux crises, le décalage a été comparable, aux alentours de +250bps sur une période de 10/12 trimestres.

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