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Scénarios de sortie de crise : incidences sur les métiers bancaires


C’est dans le cadre d’un programme d’études sectorielles baptisé New Skills for New Jobs que les cabinets DKRC et Economix sont venus présenter à l’Observatoire des métiers de la banque leur étude prospective sur l’ensemble des services financiers européens, en fonction de 3 scenarii de sortie de crise.

Scénario 1 : “Finance durable”

Propose un développement du secteur sur un modèle complètement nouveau, basé sur des stratégies d’investissement à long terme, d’établissement de relations de confiance avec les clients dans le cadre d’un service de conseil financier de qualité. C’est un renversement culturel pour le secteur car cela signifie des objectifs de profit moindres, des produits fiables et des outils de contrôle permettant une régulation.

Scénario 2 : “Laissez-faire”

Ne tire pas de leçons radicales de la crise et repose sur la poursuite de l’orientation passée du secteur vers les profits de court terme. La régulation publique demeure faible, en partie à cause des difficultés de coordination internationale. La standardisation des produits devient générale, leur distribution se fait par des canaux “low cost”, parfois externalisés et les fusions-acquisitions se développent.

Scénario 3 : “Actionnariat public”

Suppose que ni les gouvernements ni les grands acteurs du secteur n’ont été capables de juguler la crise actuelle. La tourmente financière et économique est alors fortement destructrice et ne peut être stoppée que par des nationalisations. La réduction drastique de la croissance des activités conduit les services financiers à n’avoir qu’un rôle administratif.

“On peut s’attendre à ce que tous les scénarios soient à l’origine de nombreuses pertes d’emplois pour le secteur financier de l’Union européenne dans un futur proche. Les perspectives plus lointaines dépendent des choix stratégiques, souligne Danielle Kaisergruber, directrice de la société d’études et de conseil DKRC basée à Paris. Dans les trois cas, il y a reprise mais cela va prendre un bon bout de temps.”

“Les trois scénarios ont un impact fortement différencié sur les compétences et les profils de métiers. Néanmoins, tous les trois prévoient la nécessité d’augmenter continuellement le niveau de qualifications avec pourtant des spécialisations différentes”, explique pour sa part Kurt Vogler-Luwig, du cabinet Economix Research & Consulting situé à Munich, qui tient à préciser que ces scénarios n’existent pas en tant que tels mais sont la synthèse de la combinaison de scénarios multiples.

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1 commentaire

c5477 Pascal
Mer 30 Dec 2009
Pascal photo

Quand des rapports comportent curieusement des données sur le niveau d’emploi d’un secteur, on peut s’interroger sur les commanditaires c’est à dire les payeurs du dit rapport et de l’indépendance des consultants. Je m’explique: On voit que le graphique des emplois du secteur milite pour des états absents de l’actionnariat et que le différentiel entre laisser faire et finance durable procure un faible différentiel de niveau d’emploi. Curieusement, le scénario finance durable qui sonne très tendance au passage, ne semble pas se démarquer franchement du scénario laisser faire (on a l’impression qu’on labellise de la “confiture garantie sans limaille de fer”...) et que les banques ont commandité ce rapport pour vouloir dire de surtout ne rien changer ou que les apparences…
La vraie question serait de se poser : quels services les banques doivent apporter ou continuer d’apporter dans quelles conditions de rentabilité optimale pour elles sous la contrainte de quels services ou quelles limites elles ne doivent plus apporter sous peine de pénaliser l’économie dans son ensemble…
On rappellera au passage pour les tenant du politiquement correct que seule la création de richesse compte, le niveau d’emploi est accessoire dans la mesure ou un système d’allocation efficace et homogène des richesses par habitant est mis en place…(ce qui n’est pas une mince affaire, mais ça permet de poser les vraies questions).

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