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Ces derniers jours, les indices boursiers européens sont revenus au contact de leurs plus bas annuels inscrits en mars dernier, dans l’indifférence généralisée des médias peut-être déjà englués dans la torpeur estivale. Pourtant, les places financières du Vieux Continent accusent en moyenne un recul de 20% depuis le début de l’année. Seulement, la baisse de ces dernières semaines a été sournoise car rampante, et donc moins perceptible que le mouvement de panique de janvier. Il faut dire que cette fois, les journalistes un peu simplistes n’avaient pas de “trader fou” à se mettre sous la dent.

Une baisse qui fait peu de bruit…

En attendant, le secteur bancaire a perdu 22% depuis le 2 mai, celui de l’assurance 12% et celui de la construction 20%. Or la faiblesse du nombre de puts (options à la baisse) traités ces dernières semaines me fait dire que le marché n’est pas inquiet.

Le contexte actuel devrait pourtant inciter les intervenants à se prémunir d’une nouvelle phase de baisse en couvrant leurs positions, mais nombreux sont ceux qui estiment que le pire de la crise est derrière nous et donc que les marchés devraient reprendre le chemin de la hausse sous peu.

… mais qui pourrait bien durer

Il est certes trop tôt pour envisager une poursuite immédiate de la baisse après un recul d’environ 12% des quatre principaux indices européens (Eurotop 100, FtsEurofirst 80, EuroStoxx 50 et Stoxx 600) en l’espace d’un mois. Mais le risque baissier demeure particulièrement élevé, et je n’exclus pas une nouvelle phase d’accélération baissière d’ici les prochains mois. Il me semble donc préférable de se tenir à l‘écart du marché des actions pour ce prochain trimestre, le risque de marquer de nouveaux plus bas étant assez élevé.

Un secteur performant et qui reste bien orienté

Toutefois, dans cet enlisement, un secteur conserve la faveur des investisseurs. Sur les 18 secteurs européens que compte le DJ STOXX 600, c’est le seul qui conserve une dynamique de fond haussière à moyen terme selon mes critères, bien sûr. Il s’agit du secteur des ressources de base, directement corrélé aux matières premières, marché en plein boom depuis le début de la décennie comme vous le savez.

La configuration graphique du secteur fait état d’un parcours impressionnant : en l’espace de trois ans exactement, il a progressé de 200% (!). Et bien qu’il ait corrigé en début d’année, le secteur a repris un mouvement haussier jusqu‘à permettre l’inscription de nouveaux records annuels et historiques, à contre-tendance des indices boursiers.

Pour l’heure, la dynamique haussière a donc des probabilités élevées de se prolonger en direction des 600 points, niveau qui correspond au prochain obstacle théorique.

En même temps, ce compartiment de valeurs risque lui aussi de finir par être touché par les craintes de ralentissement économique ou par une nouvelle panique sur les indices. Et lorsque c’est le cas, comme en début d’année, le mouvement est pour le moins violent. Entre octobre 2007 et janvier 2008, le secteur a perdu jusqu‘à 40% ! Si vous tenez à rester positionné sur ce secteur incontestablement le plus performant depuis plusieurs mois prenez donc garde à la rupture du soutien à 440 points, ce signal risquant de mettre fin à la tendance haussière.

En pleine mutation, les ressources de base prennent de la vitesse

Pour ce qui est des composantes de ce marché, les compagnies britanniques d’extraction minière (très largement mondialisées certes, mais théoriquement britanniques) dominent clairement le secteur européen, puisque le quatuor composé de Rio Tinto (21,30%), Anglo American (16,47%), BHP Billiton (15,20%) et Xstrata (9,57%) représente 62,5% du secteur. Leurs activités sont concentrées autour des ressources suivantes : aluminium, cuivre, diamants, charbon, uranium, or, fer.

Le secteur s’est fortement concentré ces dernières années, afin de rechercher des économies d‘échelle, de faire face à la cyclicité des marchés et à l’essor des géants émergents. En témoigne la bataille de 2006 entre l’Indien Mittal (attaquant initial) et le Russe Severstal (chevalier blanc appelé visiblement pour faire grimper le prix de l’offre) pour remporter le sidérurgiste européen Arcelor. A noter par ailleurs la présence d’un deuxième Français dans les dix premières capitalisations du secteur (à auteur de 15%), la capitalisation d’Eramet, spécialisé dans le nickel et le manganèse, ayant progressé de près de 5000% (!) depuis 2003.

Ce secteur a le mérite d‘être l’un des rares à rester bien orienté, tout en étant fondamentalement sain (sa hausse n’est pas tant spéculative que fondée sur des données objectives, en l‘état de nos connaissances actuelles sur les besoins des principales économies mondiales et les réserves disponibles). Et sauf à prévoir une récession généralisée, miser sur ce secteur garde tout son sens.

Léo Golovine

© Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.

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