La scène qui va suivre se déroule en Suisse et n’est qui le fruit de mon imagination débordante. Toute ressemblance avec un quelconque ami, cousin, connaissance ne serait que purement fortuite.
- Le client enjoué: “Bonjour, Monsieur le Banquier”.
- Le banquier sérieux: “Bonjour, Monsieur le Client”.
- Le client : “Je désire faire l’acquisition d’un bien immobilier dans la région. Une petite maison sur la Côte, pourriez-vous m’aider à la financer ?”.
- Le banquier attentif : “Tout à fait monsieur, avec plaisir. Avez-vous un budget, les plans, etc, vos fiches de paies et, surtout, quel est votre apport en fonds propres ? Comme vous le savez, un minimum de 20% du montant du bien est demandé comme apport personnel.”
- Le client concentré : “Oui, bien sûr. J’ai tout ici dans ce classeur, pour les fonds propres, je vais m’adresser à mon institution de prévoyance 2ème pilier de mon employeur, pour un retrait et je vous tiens au courant au plus vite.”
Le lendemain matin …
- Le client : “Bonjour monsieur, je suis l’assuré Dupont, je désire faire un retrait de ma prévoyance et comme mon dernier certificat me l’indique, je suis au bénéfice d’un grand montant que je peux retirer pour l’accession à la propriété.”
Le gestionnaire de la caisse désagréable (et probablement dépité car c’est le trentième appel du genre) :
“Bonjour, ça ne va pas être possible! Vous avez vu ce qui se passe sur les marchés financiers ? Je pense que vous êtes donc au courant que les caisses perdent des fortunes. Notre taux de couverture est désormais trop bas. La caisse vient de prendre des mesures exceptionnelles. Il est désormais impossible de retirer son capital de prévoyance pour des raison évidentes. Il faut vous mettre sur une liste et peut-être que dans 6 mois, voire une année vous pourrez en retirer une partie. Tout dépend de l’évolution future des marchés.
D’ailleurs, je profite de votre appel, pour vous informer qu’une cotisation supplémentaire d’assainissement va être prélevée de votre salaire pour renflouer la caisse et que les conditions générales de la caisse sont en modification. Il est notamment envisagé de réduire drastiquement les prestations vieillesse, invalidité, rente de veuve et orphelin. A ce sujet vous recevrez un courrier séparer prochainement. Bonne journée”.
- Le téléphone: “..tuuuut ……….tuuuut…….. tuuuut”.
Aujourd’hui, en Suisse, l’affiliation à un deuxième pilier est monnaie plus que courante. Pour mémoire le concept des trois piliers.
Le scénario précédemment inventé peut se dérouler à tout moment, il faut en être conscient.
On a promis aux assurés qu’on s’occupait de leurs vieux jours.
Pourra-t-on tenir parole ? Rien n’est moins sûr.
Le dicton (et c’est un de mes préférés) :
“Les belles promesses rendent les fous joyeux”

Si vous le pouvez, remboursez vos dettes et épargnez (ou investissez) vous-même pour vos vieux jours.
Olivier Crottaz
Crottaz Finance
Article original



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