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Que faire face à la bulle obligataire qui enfle ?


Encore des plans et de l’argent

Le récent discours d’Obama ne vous aura certainement pas échappé. Il offre (entre autres) 1 000 $ de baisse d’impôt aux Américains, en plus d’un grand plan d’aide aux énergies alternatives dont la production doit doubler sur trois ans.

Coût : entre 775 et 1 000 milliards de dollars. Une broutille au point où nous en sommes…

Pragmatiques, mais efficaces !

Pourquoi Angela Merkel se lance-t-elle dans un second plan de relance alors qu’il y a quelques semaines encore elle ne voulait pas en entendre parler ?

Vous avez souvent du mal à comprendre les Allemands. Ils sont très rationnels et très structurés dans leurs démarches. Ils se fondent essentiellement sur les faits et les chiffres pour prendre des décisions. Et une fois la décision prise, la mise en oeuvre est immédiate et réelle. Nous autres Français sommes plus… spontanés. Les décisions tombent plus vite ; en revanche, au niveau de la mise en oeuvre, ça patine bien souvent.

100 milliards d’euro pour les PME allemandes

Les derniers chiffres en attestent : les exportations, moteur de la croissance allemande, s’effondrent et les commandes à l’industrie plongent. Ce qui laisse présager d’une chute sévère de la production industrielle dans les mois à venir.

Conséquences : les entreprises allemandes vont avoir des difficultés financières accrues, au moment même où les banques prêtent moins. Or les entreprises sont le pilier de l‘économie allemande ; alors que chez nous, c’est la consommation.

La réaction du gouvernement a été immédiate : il faut soutenir les entreprises. Dans les “tuyaux”: 100 milliards d’aide aux PME (sous forme de garantie).

Où allons-nous comme ça ?

Tous ces plans de relance et ces injections de liquidité sont une nécessité absolue. Sans eux, nous tomberions aussitôt dans la déflation et la dépression. Certes, on peut discuter de leurs modalités d’applications, mais sur le fond, ces plans sont incontournables.

Le souci, c’est que les déficits se creusent et les dettes publiques explosent. Et là, je suis inquiète. Parce que pour financer tous ces plans, les Etats doivent émettre des obligations d’Etat. Et là, on commence sérieusement à se bousculer au portillon, au moment même où les marchés commencent à donner des signes inquiétants de saturation.

Toutes ces obligations d’Etat vont-elles trouver preneur ?

Pour la Zone euro, pas moins de 800 milliards d’euro d‘émissions de dettes souveraines en perspective. Au niveau mondial : 3 000 milliards…

Les investisseurs vont-ils répondre “présent” pour absorber ces montagnes de dettes ?

Quand on sait que l’Allemagne n’a pas réussi, la semaine dernière, à placer son émission de six milliards d’euros d’obligations d’Etat et a dû se satisfaire de quatre milliards seulement, on peut en douter. L’Allemagne est, avec les Etats-Unis pour l’instant encore, la signature la plus solide qui soit !

Dans ces conditions, comment les Grecs, les Italiens et même nous autres Français réussirons-nous à placer nos obligations d’Etat pour financer notre budget et nos dépenses ?

En cas de reprise des marchés actions, le risque serait exacerbé !

Pour l’instant, les investisseurs ont une aversion prononcée au risque. Ils sont “accros” aux obligations, et ont peur de revenir sur les marchés actions. Une chance pour les Etats qui, jusqu‘à présent, placent ainsi relativement aisément leurs émissions obligataires.

Mais imaginez ce qui se passerait si les investisseurs revenaient vers les actions, délaissant progressivement les obligations, au moment-même où les Etats vont massivement émettre du papier.

Attendez-vous à une sévère onde de choc !

Nous n’y échapperons pas : les taux longs sont voués à remonter fortement, car il faudra bien attirer le chaland d’une façon ou d’une autre vers les obligations.

Or qui dit hausse des taux obligataires, dit baisse de la valeur des obligations. Et si ce mouvement est rapide et violent — comme ce pourrait bien être le cas —, c’est le krach assuré…

Que faire face à la bulle obligataire qui enfle ?

La France, comme les autres pays, sera obligée d’augmenter ses taux pour assurer son financement. Ce qui détruira en partie la valeur des obligations d’Etat que nous détenons en portefeuille. Baisse de “l’effet de richesse” de ce côté-là.

A moins de ne pas avoir quitté les obligations pour se reporter sur les actions ou les matières premières avant le krach obligataire ! Surveillez bien l‘évolution des marchés, soyez aux aguets. Restez informé pour réagir au moment opportun. C’est la seule façon de vous protéger. Soyez-en convaincu !

Les matières sortiront gagnantes de la crise que nous vivons

Il vous faudra basculer au bon moment sur les actions et les matières premières. Mais surtout, gardez toujours ceci à l’esprit : face à la dette publique mondiale qui explose, les gouvernements n’auront à terme pas d’autre solution que de laisser filer l’inflation pour “neutraliser” et “absorber” une partie de cette dette. Car l’inflation fait partir en fumée la dette !

Attendez-vous à une sortie de crise inflationniste, avec une forte dépréciation du dollar.

Or il n’y a pas de moteur plus puissant pour soutenir la hausse des matières premières que l’inflation et la baisse du dollar !

Meilleures salutations,

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


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