Très joli rebond que nous a offert Wall Street ces derniers temps. En même pas 15 jours, le marché américain s’est envolé d’environ 20% …
Pourtant, au niveaux des fondamentaux économiques, Dominique Strauss-Kahn, Directeur Général du FMI, déclarait le matin même que la situation économique mondiale restait “extrêmement difficile et préoccupante” et l’OMC prévoit une contraction de 9% des échanges mondiaux.
Certes, comme le disait Warren Buffet, s’il est quasiment certain que l‘économie va continuer à mal se porter en 2009, notamment que le chômage va poursuivre son inquiétante progression, cela ne préjuge en rien de ce que fera la Bourse.
En ce qui me concerne, dans ce contexte où l’incertitude reste toujours très grande, je reste très prudent et préfère utiliser ces moments d’euphorie exubérante pour augmenter mes munitions en cash. Il ne faut pas oublier non plus l’aspect technique, on estime que plus de 50% de la remontée est due aux vendeurs à découvert qui se rachètent (OK, on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein).
De plus, j’y reviendrai d’ailleurs bientôt dans un article de fond, au delà de la crise économique actuelle, il y a aussi de nouveaux comportements qui se mettent progressivement en place avec nécessairement des implications lourdes sur les acteurs économiques, fournisseurs comme détaillants. Alors, avant de bien prendre la mesure de tout cela et d’essayer d’identifier les futurs chevaux gagnants, je reste partiellement sur la touche.
Il n’y aucune raison de se précipiter. Aujourd’hui comme toujours, il vaut mieux éventuellement perdre une petite opportunité que de faire des erreurs, car des opportunités il y en a toujours, mais que les erreurs peuvent être coûteuses.
Les cours des actions, en terme de ratios et multiples (P/E, EV/EBITDA, % Sales, % Book Value, etc) restent toujours globalement historiquement bas, et dans une perspective de 3-4 ans il sera encore certainement largement temps de revenir dans quelques mois.
Et je pense à l’un des principes de Warren Buffet que j’avais ressorti il y a 3 semaines, toujours avoir du cash sous la main :
“… to always run Berkshire with more than ample cash. We never want to count on the kindness of strangers in order to meet tomorrow’s obligations”.
Toujours sur Warren, admirons son pari sur Goldman Sachs de début octobre 2008. Au moment où on s’enfonçait dans la crise financière, il était venu au secours de Goldman en leur prêtant 5Mds$, avec 10% d’intérêt, et une option pour racheter 5 Mds $ en valeur d’actions à un prix d’exercice de 115$, ce d’ici 2013 ! Juste après le deal, l’action s‘était enfoncée à moins de 50$, Warren Buffet était alors totalement “out of the money”. Mais hier, c‘était à 112$ envron, et quelques mois après son deal il était donc déja presque “in the money”. Chapeau bas l’artiste !
Le prêt à Goldman génère son flot de rendement garanti, sorte de pompe à cash, et en plus il a un énorme upside potentiel …
Michel de Guilhermier
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