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Profits surprises pour les actionnaires privilégiés de Bank of America


C’est fait. Bank of America (BAC-N) a annoncé qu’elle convertit des actions privilégiées en actions ordinaires.

Les séries d’actions les plus touchées sont :

BAC.PR.E, BML.PR.L, BML.PR.G, BML.PR.H, BML.PR.I.

À 11h ce matin, ces actions s’étaient appréciées de 44%, 39%, 36%, 27% et 2% respectivement, par rapport à hier. Cet ordre décroissant est tout à fait logique, car les actions privilégiées citées plus haut sont en ordre de priorité. Ainsi, Bank of America va commencer par offrir d’échanger sa série E, ensuite la série L, etc. Si tout le monde cherche à échanger, les dernières séries visées risquent de ne pas profiter de cette offre.

Vous pourriez penser que nous avons fait un coup d’argent ce matin. Hélas! Nous avions personnellement acheté une certaine série, la ‘‘Q’‘ (BML.PR.Q) il y a 3 semaines. Il s’agissait d’une des actions privilégiées dont le taux d’intérêt était le plus élevé par rapport à la valeur nominale de 25$.

Notre erreur a été de ne pas prêter attention au fait que Bank of America avait précisé auparavant qu’elle tiendrait compte de la valeur au marché des actions privilégiées avant de faire son offre. Par exemple, son offre pour la série E équivaut à un prix de 16.25$, au lieu de 25$. Lors de la conversion de la série E en actions ordinaires, c’est 16.25$ qui sera utilisé aux fins du calculs pour la conversion. Ainsi, la banque économise la différence entre 16.25$ et 25$.

Quant à notre série Q, l’offre est de 21$. C’est bien, mais au rang des priorités de conversion, elle vient en neuvième position! En effet, Bank of America préfère convertir la série E dont le taux d’intérêt à verser n’est que de 4% (taux variable selon le Libor) à 16.25$, plutôt que la série Q avec un taux fixe de 8.625% à 21$.

Bank of America a pu offrir 16.25$ au lieu de 25.00$, car les actions se transigeaient à très bas prix. C’est intéressant pour ceux qui ont acquis le titre récemment, mais une certaine consolation pour ceux qui l’avaient acheté à 25$, et qui ont vu le titre s’écrouler sous les 10$. Les détenteurs de la série E ne sont pas obligés d’accepter. S’ils ne le font pas, Bank of America passe à la série suivante, et ainsi de suite.

Ce genre de transaction est fort différent de celle perpétrée par Citigroup. Cette dernière a basé l’offre sur la valeur nominale des actions privilégiées. Le prix offert était donc de 25$ pour toutes les actions. Donc, logiquement, il fallait choisir celle dont le taux d’intérêt était le plus élevé afin de maximiser ses chances de profiter de cette opportunité. Logiquement, une banque va tenter de convertir les actions privilégiées qui lui coûtent le plus cher en dividendes.

Dans le cas de Bank of America, étant donné que l’offre pouvait être à n’importe quel prix (à escompte, et non à la valeur nominale), il fallait tenir plutôt compte de l’escompte sur chaque action. Ainsi, la série E constituait une bonne opportunité sous les 10$. En offrant 16.25$, Bank of América enraye 8.75$ de dette à son bilan.

C’est donc pourquoi cette fois-ci, il ne fallait pas choisir systématiquement les actions privilégiées dont le taux d’intérêt était le plus élevé, comme la série Q. Malgré tout, nous obtenons un certain gain, mais plutôt modeste en comparaison avec certaines séries. Bref, nous sommes en plein apprentissage! Cette crise nous permet de cumuler une expérience fort utile, qui nous servira tout au long de notre vie d’investisseur.

Heureusement, toutes les séries d’actions ont tendance à s’apprécier suite à une conversion, car il en résulte une amélioration du ratio d’équité (c’est le but de l’opération pour la banque). Il faut noter cependant que nous ne sommes pas excités à l’idée de détenir des actions privilégiées de Bank of America à long terme. Nous préférons de loins Wells Fargo et US Bancorp. Cette crise financière n’est pas terminée. Et si la reprise était plus longue que prévue, nous préfèrerions détenir les banques les plus solides. Elles devraient profiter de la faiblesse de leurs compétiteurs.

Les Investigateurs Financiers

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2 commentaires

c3252 Pascal
Lun 01 Juin 2009
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“Bref, nous sommes en plein apprentissage! Cette crise nous permet de cumuler une expérience fort utile, qui nous servira tout au long de notre vie d’investisseur.”

Vous pourriez nous dire quelle durée “d’expérience utile” est nécessaire pour une vie d’investisseur ?
J’ai peur que plusieurs vies physiques (un investisseur est fréquement mort avant quand il ne peut plus investir financièrement…) n’y suffisent pas…
Il serait plus raisonnable de rester “raisonnablement paranoïaque en apprentissage” toute sa vie d’investisseur…non ?
Au cas particulier que vous décrivez, il est déjà matériellement impossible de théoriser en général (une vie n’y suffirait pas!) pour que cela serve à nouveau dans le futur…pour peu que l’appat du gain nous fasse pas oublier cette “expérience”...

c3255 Les Investigateurs Financiers
Lun 01 Juin 2009
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En réponse à Pascal :
Cette crise nous permis de comprendre plusieurs éléments qui nous aideront à prévenir une catastrophe dans le futur. D’ici 50 ans, nous aurons l’occasion de vivre d’autres crises. Il n’est pas nécessaire que les crises à venir soient de même nature. Par exemple, Benjamin Graham a étayé sa philosophie valeur suite aux expériences vécues lors de la Grande Dépression. Autrement, il n’aurait jamais cherché à si bien comprendre comment maximiser ses gains en réduisant le risque. Même si une dépression de cette nature n’est pas survenue à nouveau au cours de sa vie, il a pu bénéficier des connaissances acquises lors de la Grande Dépression.  C’est ce que nous en déduisons.

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