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Pourquoi investir dans les matières premières agricoles


La chute vertigineuse des prix que les matières agricoles ont connue depuis l’été vous effraie ? Pourtant, les plus-values de l’avenir se trouvent dans ce secteur. Les hausses démentielles des cours au début 2008 ne devraient plus se reproduire, mais le potentiel de croissance est réel, à long terme comme à brève échéance.

Séparez le bon grain de l’ivraie

“Les prix des matières premières agricoles ne sont sans doute pas encore au plus bas, mais il sera difficile d’investir exactement avant qu’ils ne remontent. Ils sont tout de même à des niveaux exceptionnellement bas, et leur potentiel de repli est plus faible que celui des autres produits financiers”, annonce Gautier Le Molgat, consultant chez Agritel, société de conseil dans l’agroalimentaire et l’agro-industriel.

Le moment est donc idéal pour investir dans ce secteur, dont la chute s’explique à la fois par un rééquilibrage après l’explosion des cours début 2008, de bonnes récoltes l’année dernière et la crise financière.

La récession pèse en effet sur les cours. Les matières agricoles se sont retrouvées corrélées aux marchés actions, ce qu’elles n’étaient pas d’habitude, et ont plongé avec ces derniers.

De plus, la chute des revenus des populations a entraîné une baisse de la consommation tant dans l’alimentaire – entre autres de viande, dont la production est gourmande en céréales – qu’au niveau des produits finis dont la fabrication s’appuie sur des céréales, comme certains cartons.

Enfin, avec la crise, les spéculateurs ont retiré leurs billes et déserté le marché des matières agricoles.

Si la tendance à la baisse est très nette, ce marché se distingue aussi par une très forte volatilité, résultat des tensions sur les stocks et du jeu des spéculateurs.

Un phénomène encore accentué par une politique qui se déroule sous nos yeux : la disparition des filets de sécurité qui contenaient ces marchés. L’Organisation mondiale du commerce passe des accords qui visent à libéraliser le commerce, tandis que l’Union européenne abandonne le principe de préférence communautaire et réforme la PAC (politique agricole commune), de manière à ce que Bruxelles n’encadre plus le cours des matières agricoles à la hausse ou à la baisse. Pour Michel Portier, directeur d’Agritel, “après des excès à la hausse, les matières premières ont subi des excès à la baisse”, qui rendent le moment propice pour entrer dans ce secteur.

Compte tenu de cette nouvelle volatilité, une remontée des cours n’est pas à exclure, les marchés étant plus vulnérables aux accidents. Or certains se dessinent déjà…

Ingrid Labuzan

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


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