Faire du tri a parfois du bon. Dans une revue de fin 1999, juste avant que le CAC40 ne commence à s’envoler (il était à 4800-5000 points au moment de la diffusion de le revue), l’une des premières où les sociétés étaient cotées en euro, j’ai retrouvé la capitalisation boursière des 50 plus grandes sociétés de l‘époque.
C‘était juste avant la folie Internet, mais déjà France Télécom avait monté et était la première capitalisation de la place.
France Télécom : je reste à l‘écart
A l‘époque, la capitalisation du groupe était de 86 milliards d’euros pour un chiffre d’affaire de 25 milliards d’euros. Si on regarde ce qu’elle est devenue à ce jour, on voit que sa capitalisation a fondu à 41 milliards d’euros pour un chiffre d’affaire de 45 milliards d’euros.
On peut estimer qu’une valorisation de 1 fois le CA est raisonnable, laissant un potentiel d’appréciation de 20%, soit un objectif de cours de 18€.
Le dividende de 1,40€ représente au cours actuel un rendement confortable de 9%. Si l’action ne bouge pas ! Car si l’action perd 1,40€, on n’a rien gagné du tout.
L’arrivée prochaine de Free sur le marché des mobiles risque de déstabiliser l’opérateur historique. Toute perte de client coûtera cher, car les frais fixes seront toujours là.
Aussi, nous évitons soigneusement d’investir sur le titre. La société étant malgré tout rentable et bien notée (A- par S&P et A3 par Moody’s), on peut investir sur les obligations d‘échéances proches.
On ne gagne pas grand chose, mais c’est toujours mieux que rien, et le rendement assez sûr (le risque de défaillance me semble négligeable) :
- L’obligation France Telecom 7,25% 28/01/2013 (Code Isin : FR0000471948) offre un rendement de 2,36%
- L’obligation France Telecom 5.0% 22/01/2014 (Code Isin : XS0409370219) offre un rendement de 2,55%
- L’obligation France Telecom 3,875% 14/10/2015 (Code Isin : FR0010245555) offre un rendement de 3,05%
- L’obligation France Telecom 4,75% 21/02/2017 (Code Isin : XS0286705321) offre un rendement de 3,80%
- L’obligation France Telecom 5,625% 22/05/2018 (Code Isin : XS0365094811) offre un rendement de 4,05%
- L’obligation France Telecom 3,625% 09/04/2020 (Code Isin : XS0500397905) offre un rendement de 4,35%
- L’obligation France Telecom 8,125% 28/01/2033 (Code Isin : FR0000471930) offre un rendement de 5,55%
AXA : des fondamentaux solides, mais restons prudents
En 1999, le titre était valorisé 42,7 milliards d’euros pour 56,7 milliards d’euros de primes. C‘était la quatrième capitalisation de la place. Elle est actuellement valorisée 35 milliards d’euros, pour 85 milliards d’euros de primes !
Le rendement du titre est de 5% pour un PER actuel de 7,8. On peut estimer qu’un retour du PER vers 10 serait mérité, laissant une marge d’appréciation de 30% encore, malgré la hausse du début d’année de 20%. Le cours actuellement de 15€ pourrait rejoindre les 19,50€, notre objectif actuel. Ceci étant, les incertitudes actuelles sur l’avenir financier des Etats font de la société une cible de choix pour le massacre à venir du secteur.
Les coups de tonnerre récents sur la notation de l‘état américain et de la renégociation de la dette de la Grèce nous invitent à la prudence, et ne plus s’engager sur le titre à court terme, malgré ses qualités fondamentales.
Peugeot est revenue sur des bases saines
En novembre 1999, Peugeot était la vingt septième capitalisation de la place, avec 8,7 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaire de 33,7 milliards d’euros.
Actuellement, le titre est valorisé 6,8 milliards pour un chiffre d’affaire de 56 milliards. Le PER est devenu ridicule, à moins de 5. La société vient d’annoncer la reprise du versement du dividende (1,1€ proposé pour l’AG du 31 mai), et l’Etat a confirmé que le groupe aurait remboursé (tout comme Renault) le prêt accordé durant la crise.
Autant de signes qui montrent que l’on est revenu sur des bases plus saines, et qu’un investissement sur le groupe est à envisager. Si l’on ne faisait “que” revenir à la valorisation de 1999 en terme de ratio capitalisation/CA, la capitalisation serait de 14,5 milliards, soit 61€ par action (contre 29€ à ce jour)
Le groupe a affirmé sa confiance pour l’année 2011 suite aux résultats du T1 (+10%/2010). Nous le croyons.
Sans toutefois viser 61€, mais plus modestement la moitié du chemin, nous serions tout de même à un cours de 45€, soit +50% de hausse, ce qui justifie qu’on se penche sur cette société.
Gigi75
Article original
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2 commentaires
Gros béta,
Si l’action FT perd 1,40 €, tu ne perds que le premier dividende, pas les suivants ! Le TRI reste intéressant ...
Concernant FT, un coupon garanti de 9% grâce à la génération de cash flow très conséquent te permet à long-terme de battre le marché actions et les gérants professionnels, ou au moins, faire aussi bien, en prenant beaucoup moins de risques que les gérants professionnels. Si tu n’es pas facilement capable à long-terme de gérer un portefeuille qui délivre au minimum 15% / an en rendement composé, c’est peut être un investissement à considérer.
Malheureusement, il y a une réserve : FT est à croissance très lente et non rentable (acquisitions généralement surpayées), gérée par des incompétents notoires (bien que sorti de grandes écoles), freinée par un actionnariat étatique, avec des employés à l’esprit “fonctionnaire”, ce qui empêchera la société de délivrer beaucoup plus que son important dividende à long-terme. Et cela, malgré sa capacité théorique à le faire (jeu d’actifs important avec le droit de diffusion du réseau fixe et mobile, chaînes TV, médias, etc…). Idéalement, il faudrait faire des spin-offs de ce géant pour le valoriser correctement… mais on peut toujours rever au vu de la “qualité” des dirigeants du groupe.
Concernant AXA, il y a deux choses à regarder, comme pour toute assurance:
1 - L’entreprise est-elle capable de faire des souscriptions de nouveaux clients de manière profitable?
2 - L’entreprise est-elle capable d’investir le cash sorti de ces souscriptions de manière très profitable?
Si la réponse à ces 2 questions est oui, tu as le business du siècle, le nouveau Berkshire Hathaway… mais je crains que la réponse ne soit plutôt un double non (business faible pendant la crise au niveau des souscriptions, acquisitions nullissimes et surpayées).
L’automobile est un secteur cyclique, il se peut que les valeurs “cheap” fassent très bonne figure. Regarde bien les valorisations et les marges pour comparer les conqstructeurs. Sinon, l’état américain a récemment privatisé General Motors, qui a été néttoyé de tout ce qui était mauvais… C’est peut être une belle opportunité aussi.
Par ailleurs, de manière générale, le ratio prix/CA n’est pas pertinent à lui seul pour analyser l’ensemble des entreprises en question, ou même l’ensemble des entreprises tout court. En effet, si l’entrepreprise vend à perte, il n’y a pas de quoi se réjouir: Plus tu vends, plus tu perds de l’argent, génial ! Il faut faire attention à d’autres choses aussi !