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Pays émergents : tour du monde des gagnants de demain


En 2009, l’agence de notation Fitch prévoit une croissance mondiale inférieure à 2%, ce qui signifie que le monde est en récession. Voici une liste des pays montrant pourtant les meilleurs signes de résistance.

Amérique latine

Avantage au Brésil. C’est l’un des pays les moins dépendants du commerce extérieur et des matières premières d’Amérique latine. Sa dette publique reste élevée, plus de 60% du PIB, mais la stabilité politique est un avantage pour la mise en place de plans de sauvetage. Il est également le seul pays du sous-continent à avoir limité son inflation (5,9%) au plafond qu’il s’était fixé. Goldman Sachs prévoit une croissance limitée à 1,5% en 2009. Mais Fitch a amélioré son classement en mai dernier, tandis qu’Euler Hermes le range parmi les émergents les plus résistants à la crise, et prévoit 2,3% de croissance.

Asie

L’Asie est fortement dépendante des exportations, mais dispose d’importantes réserves monétaires, ce qui lui laisse la possibilité d’autofinancer des plans de relance. “Les pays aux économies les plus ouvertes sur l’extérieur sont les plus exposés à la crise. Mais ce sont aussi ceux qui rebondiront le plus vite dès que le commerce international montrera des signes d’amélioration. Il s’agit surtout des petits pays, comme Singapour, Taïwan ou la Malaisie, plus Hongkong. Autre avantage : ils arrivent à financer des aides fiscales contre la crise, sans faire appel à des capitaux extérieurs. Pour la première fois de son histoire, Singapour va ainsi puiser dans ses immenses réserves de devises étrangères”, explique James McCormack, responsable du département Souverains pour la zone Asie-Pacifique chez Fitch Ratings.

Pour ceux qui ont le cœur bien accroché, il y aura des coups à faire sur ces marchés, certes volatils car dépendants du commerce extérieur, mais très sensibles aux premiers signes de reprise. A suivre aussi : les élections en Inde et en Indonésie. Si elles envoient un signal de stabilité, elles pourraient marquer le retour des capitaux étrangers.

Moyen-Orient

La chute du prix du pétrole va obliger les pays du Golfe à puiser dans leurs réserves monétaires. Cependant, nombre d’entre eux devraient traverser la crise sans trop de dommages, en particulier grâce à des plans fiscaux et à une politique de diversification des activités.

Privilégiez l’Arabie saoudite, qui peut résister à un baril à 45 $. C’est le pays du Golfe qui a mis en place le plus de mesures contre la crise bancaire. Il a, de plus, un programme de dépenses publiques en hausse de 36% pour 2009. Son surplus budgétaire de 2008, de 560 milliards de riyals saoudiens, est 2,5 fois supérieur aux dépenses prévues pour 2009.

Abu Dhabi bénéficie également d’un programme d’investissements et mérite d’être surveillé pour sa politique de diversification.

Ingrid Labuzan

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


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