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Or et pétrole : mes objectifs restent inchangés


L’or a connu en mars un pic au-delà de 1 000 $ l’once, puis une consolidation.
Parallèlement, le pétrole a connu en mai son pic à 135 $ le baril, s’est quelque peu assagi récemment avant de rebondir à 138 $ vendredi.
C’est le moment pour nous de nous livrer à un point de parcours pour déterminer notre ligne de conduite pour l’été.

Pour certains observateurs…

Le pic symbolique des 1 000 $ marque le sommet de la crise financière dont chacun sait bien que le pire est passé. Les dégâts des subprimes ont été réparés à coup de généreuses émissions monétaires en dollars comme en euros.

Quant au cours du pétrole, il est bien entendu le fruit de la spéculation. La consommation diminuant du fait du ralentissement des pays riches, les cours vont se tasser d’eux-mêmes. Et puis, les prix élevés à la pompe vont changer les comportements et encore accélérer ce processus.

Mais attendez une minute

Rien ne vous choque dans ce que vous venez de lire ? Oui, bien sûr, vous avez raison. Vous venez de lire : la crise est terminée et les gens vont se serrer la ceinture. Ce qui est un peu paradoxal, vous en conviendrez.

Ma position est : la crise n’est pas terminée, elle commence

L’or n’a pas culminé, il est en milieu de parcours en ce qui concerne son cours. Le prix du pétrole va marquer une pause mais ce n’est que provisoire : la production tire la langue, et même si les pays riches se serrent la ceinture, les pays émergents ont besoin de pétrole.

Tout d’abord, voici mon schéma qui doit maintenant vous devenir familier — celui de la bulle typique, avec ses différents cycles.

Regardez ces deux graphiques

Par comparaison, vous trouverez ci-dessous un graphique à long terme de l’or en dollars (trait vert) et en euros (trait bleu).

La simple comparaison de ces deux graphes montre bien que :

- Le sommet de mars ne correspond pas à un sommet de bulle – Nous sommes toujours en phase d’alerte – La phase maniaque n’a pas commencé

Par ailleurs, si on se fie à l’échelle temps (même si l’exercice est un peu plus hasardeux), nous aurions encore deux ans avant le sommet de la bulle.

Pour les amateurs d’histoire et de long terme, je rappelle que lors du précédent cycle haussier de l’or (1974-1980), au moment du pic de l’or et de l’éclatement de la bulle, les taux d’intérêt de par le monde étaient au dessus de 10% (plus de 15% en France), en accord avec la réalité de l’inflation, laquelle était due aux chocs pétrolier de 1974 et 1976.

Mais la mémoire du bipède investisseur reste très volatile.

La ligne de l’IAE ? Plutôt Lexomil et lunettes roses…

Voici maintenant quelques chiffres salutaires pour examiner le cas du pétrole. Ces chiffres proviennent de l’Agence internationale de l’énergie.

Cet organisme ne fait pas partie des intégristes de la théorie du Peak Oil, ceux qui prédisent que nous retournerons tous dans les grottes de Lascaux. Nous y méditerions durant les longues soirées d’hiver autour d’un maigre feu sur l’inanité d’avoir brûlé inconsidérément des forêts englouties qui avaient connu des millions d’années de macération.

Non : la ligne de l’IAE serait plutôt Lexomil et lunettes roses. Et que disent les chiffres de l’IAE ?

Un petit graphe vaut mieux qu’un long discours

Inutile de vous infliger une traduction, cher lecteur, de l’implacable loi de l’offre et de la demande.

Il résulte de ce simple petit graphe (dont je vous prie d’excuser la piètre qualité) que : – Même si les pays riches rentraient en récession et que la consommation revenait au niveau de mi 2005, l’offre serait tout juste adaptée. – Mais cette même offre, provenant de nappes plus profondes, de puits moins riches, ne serait pas au même prix que celui de 2005.

Que nous dit le GOR ?

Et maintenant, pour compléter le tableau de la situation, voici une auscultation de notre vieux monstre, le GOR (Gold Oil Ratio).

Régulièrement, je vous soumets un graphe à un an du ratio or / pétrole et je reconnais que je suis un peu avare de graphes de plus long terme.

En voici un qui a le mérite d’être simple. Attention : son échelle est multipliée par dix. Le point actuel, proche de 70 correspond en réalité à 7. Une once d’or achète 7 barils.

Puisque nous sommes loin de la moyenne historique (150), la question qui se pose est : est-ce l’or qui n’est pas assez cher ou le pétrole qui est trop cher ?

Je pense que c’est l’or qui n’est pas assez cher

Certes, le pétrole est pour le moment un peu trop cher, et un recul de parcours est inévitable. Mais la tendance de long terme du pétrole est de rester cher puisque son substitut manque toujours à l’appel et que l’offre n’étale pas la demande.

L’or serait trop cher si les taux d’intérêt permettaient de stocker des capitaux sans érosion de leur pouvoir d’achat. Mais nous sommes loin de ce stade.

Mes objectifs restent inchangés

Aujourd’hui, nous n’y sommes pas. Baril à 135 $ et Gold Oil Ratio à sa moyenne historique de 14 signifieraient une once d’or à 1 890 $, soit 1 200 euros. Les cours actuels de l’or ne sont pas des cours de fin de crise.

Mes objectifs restent donc inchangés : 2 000 $ et 1 350 euros.

© Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.

Article original


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