Qu’est-ce qu’un fonds souverain
Les fonds souverains sont des fonds détenus par les États qui s’en servent comme outil d’investissement dans des actions ou des obligations. Les fonds souverains permettaient à l’origine aux États d’investir dans des entreprises nationales à long terme pour en dégager une forte plus-value. Des investissements dans des compagnies étrangères sont également possibles, selon les stratégies plus ou moins risquées mises en place.
Cependant, les fonds souverains ont une utilisation toute limitée des entreprises risquées car l’intérêt supérieur du rendement est souvent préféré. Il faut noter que la provenance des fonds est publique et de ce fait la gestion se doit d’être transparente. Mais des fonds comme celui de la Chine, China investment corporation, ont fait preuve de plusieurs éléments d’opacité.
Historiquement, les premiers fonds sont apparus au Koweït dans les années 1950 grâce à une taxe sur les exportations d’engrais. Les autres ont été créés dans les années 1970 avec comme support les produits pétroliers, qui ont permis au fonds norvégien de collecter plus de 300 milliards de dollars, devenu ainsi le second meilleur fonds ! Or, il aura fallu attendre 2008 pour voir naître publiquement l’idée de la création d’un fonds souverain en France par le Président de la république.
Le paradoxe du fonds souverain français
Le but de ce fond est à l’origine de lutter contre la crise et de sauvegarder les entreprises françaises. Pour cela, le fonds est doté de 20 milliards de dollars (soit 15 fois inférieurs au fonds norvégien alors que le PIB Français est presque 8 fois supérieur).
Mais d’aucuns peuvent s’interroger sur l’utilité de la Caisse des dépôts et des consignations. Malgré le fait que son rôle principal soit de gérer l’argent des ménages, elle possède aussi un organisme qui gère les fonds d’ États.
Il aurait donc été plus judicieux d’utiliser cet organisme pour, ne serait-ce, que d’éviter de multiplier les frais de fonctionnement et de mise en place. Néanmoins, le fonds français sera constitué de 7 milliards provenant de la Caisse des dépôts et consignations, 7 autres milliards provenant de participation d’ État, et 6 milliards par des emprunts d’ État et par la Caisse des dépôts pour moitié chacun. Le résultat obtenu sera une filiale de la Caisse des dépôts, et la création de l’un des vingt plus gros investisseurs à long terme.
En dépit des effets d’annonce concernant les dirigeants, que sont Mr Dehecq et Mme Barbizet, qui semblent ravir une partie des acteurs économiques par leurs prestigieuses carrières, ne faudrait-il pas s’interroger sur l’utilité même de la création de ce fonds qui repose sur une grande partie de la dette publique, et non sur des ressources énergétiques ou d’excédents commerciaux comme la plupart des fonds qui existent déjà ?
Il faut aussi s’intéresser aux stratégies d’investissements qui vont être mises en place car ces fonds ont un pouvoir d’action d’environ 10 fois ceux des grands groupes internationaux. Il devrait avoir pour vocation de conforter les entreprises en manque de liquidités surtout dans les conditions actuelles de marché pour permettre leur développement, et aussi sécuriser le capital des entreprises les plus importantes pour l’économie française.
Or, des entreprises comme Total ont déclaré que des fonds souverains étrangers possédaient déjà 3,5% du capital, d’où, l’importance de la création d’un fonds français pour sauvegarder ces entreprises. Des écueils sont tout de même à éviter, surtout au niveau des décisions d’investissements, car il sera possible au fonds français de s’associer à d’autres fonds souverains européens ou autres. Cela implique une « due diligence » de chaque fonds pour connaître leurs stratégies d’investissements au regard des risques déjà encourus par les propres investissements réalisés (risques alpha, risques des gestionnaires, ….) et du projet de diversification souhaité (devises, tailles d’entreprises, secteurs d’activités, …).
Une fois ces risques et stratégies connus pour les fonds étrangers, le plus important est de faire cette même due diligence pour le fonds français et de savoir de ça fait où il souhaite investir, comment, et à quelle hauteur pour pouvoir déterminer l’intérêt relatif du fonds. Une partie des fonds souverains utilisent leur pouvoir pour prendre part dans de grandes sociétés, et ainsi prendre une partie de leur contrôle et influencer les politiques internes. Or, ces fonds sont à la botte des politiques. Il est donc intéressant de se demander si certains fonds ne sont pas tentés d’influencer les politiques d’entreprise à des fins d’attaques économiques.
Les montants de ces fonds sont estimés à 12 000 milliards pour 2015 contre 1 600 milliards pour les 9000 hedges funds aujourd’hui.
Quelles sont les possibilités pour un fonds qui a collecté des milliards provenant de l’économie pétrolière ?
Les fonds souverains ont donc profité de cette crise pour accroitre leur position sur les marchés en saisissant des opportunités (les prises de participation n’étant pas finies grâce au contexte de la crise actuelle), et sans communiquer davantage qu’auparavant, ces fonds sont apparus en sauveurs, d’où la volonté de la création d’un fonds français par le Président pour ne plus être dépendant de la liquidité des pays étrangers.
Néanmoins, leurs stratégies d’investissements ne sont pas plus explicites qu’auparavant, et comme tout investisseur, demeure la possibilité de se retirer d’un marché et compte tenu de leurs pouvoirs financiers, créer ou accentuer une crise, ou investir massivement sur ces mêmes marchés pour les sauver.
Chart PGSM
Extrait du JDA



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