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Les cours des matières premières agricoles vont grimper


Les matières premières agricoles (les softs), c’est avant tout une histoire de campagne céréalière, de récoltes. Ce qui implique deux cycles par an, car chaque hémisphère a sa saison. Au nord, de juillet à octobre, au sud de décembre à mars.

Le cours des matières premières dépend avant tout de l’adéquation de ces récoltes à la demande. Le moindre élément susceptible de les faire baisser peut donc faire bondir les cours.

Prim’Alternative Investment, société de gestion de portefeuille, a estimé début mars que, cette année, l’offre devrait être inférieure à celle enregistrée en 2008, année au cours de laquelle la météo avait été très bonne et les récoltes excellentes. “La tension, déjà perceptible sur les stocks de céréales, pourrait alors se transformer en un déséquilibre qui ne se traduit pas aujourd’hui sur les prix.”

Déjà, les incidents météorologiques qui affectent les grands producteurs mondiaux font trembler les agriculteurs et inquiètent les marchés : sécheresse en Argentine, dans certaines régions de Chine, au Texas et au Kansas. Pour Agritel, à plus de trois mois “du début des moissons chez les grands producteurs de l’hémisphère Nord, le risque d’incident climatique reste présent, et la période 15 avril-15 mai sera déterminante”. Il rappelle également que, bien “qu’il soit certes trop tôt pour s’alarmer, le marché aime acheter les rumeurs !”

Autre question aux conséquences potentiellement dramatiques pour les récoltes : la réduction des surfaces semées. Benjamin Louvet, gérant du fonds Prim’ Kappa Agri, de Prim’ Investment, alerte déjà : “Nous anticipons un recul des surfaces plantées de 2% au niveau mondial, ce printemps, et une chute de la production de 5 à 6% dans une hypothèse optimiste, c’est-à-dire sans incident climatique.”

Chute des revenus des producteurs due à la baisse du prix des céréales, prix des engrais qui flambent, restriction des crédits, résultat : les agriculteurs sèment moins. Par exemple, aux États-Unis, les emblavements (surfaces semées) pour les semis de printemps de maïs ont chuté de 1,18% et ceux de blé de 7%. Ajoutons à cela une baisse de la productivité des surfaces semées car les engrais sont trop chers, donc moins utilisés.

“A la moindre alerte de baisse de la production potentielle, les cours se reprennent, preuve d’une situation tendue sur l’équilibre offre/demande”, analyse une étude d’Exane Derivatives. La période des semis de printemps se déroule en ce moment et les chiffres finaux des surfaces plantées devraient être connus en mai. “Mais les marchés anticipent, et c’est pour cela qu’il faut se positionner dès maintenant”, assène Benjamin Louvet.

Ingrid Labuzan

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


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