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Le Royaume-Uni et son inflation depuis 1500


C’est en regardant en arrière que chacun de nous peut observer ce qui s’est déroulé historiquement, cela semble évident.

Toutes les personnes qui disent qu’il faut uniquement regarder devant oublient simplement qu’en ne regardant que devant, il se peut que les erreurs du passé soient répétées.

Voici, pour ceux qui aiment à se pencher sur le passé, un graphique qui devrait être riche d’enseignements: Celui de l’évolution des prix au Royaume-Uni depuis 1500.


cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Qu’est-il possible de tirer de ce graphique ?

Ce qui est le plus frappant, c’est qu’en 4 siècles les prix n’ont été multipliés que par 10 (l’échelle du graphique débute de 1 en 1500 et pour se retrouver à 10.58 en 1900). C’est dès cette période que les prix s’envolent, rechutent avec la dépression de 1929 puis ensuite c’est l’inexorable ascension !

Les prix ont été multipliés par 80 fois en 70 ans !

La citation célèbre: “Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur” de Sir Winston Churchill nous montre qu’aujourd’hui Sir Churchill devrait se retourner dans sa tombe.

En effet, c’est dès son accession au pouvoir que la situation s’est gâtée et sans vouloir commettre un crime de lèse majesté (puisque M. Churchill a été anobli en Sir), il semble être le grand artisan de la perte de valeur de la monnaie. Il estima d’ailleurs par la suite que son attachement à l’étalon or avait été un erreur puisque, toujours d’après lui, cela provoqua la déflation (d’après moi c’est faux, la dépression était mondiale et le choix d’une parité trop élevée, mais ce fût un excellent argument pour les détracteurs de l’étalon or)

Depuis cette aveux, la monnaie n’a fait que perdre de sa valeur et l’Angleterre (depuis les années 60) n’a fait que se départir de son or, pour aujourd’hui n’en avoir plus que des réserves infimes (voir un de mes précédents articles)

Ne ruinez pas l’Etat, les politiques s’en chargent !

Pour terminer, je vous livre le passage de Wikipedia au sujet de la période de déflation et les agissements de Sir Churchill.

Churchill est nommé chancelier de l’Échiquier en 1924 par Stanley Baldwin et dirige le désastreux retour à l’étalon-or en Grande-Bretagne qui aboutit à la déflation, au chômage et à la grève des mineurs, conduisant à la grève général de 1926. Sa décision, annoncée dans le budget 1924, vient après une longue consultation avec divers économistes, y compris John Maynard Keynes, le Secrétaire permanent au Trésor, Sir Otto Niemeyer et le conseil d’administration de la Banque d’Angleterre. Cette décision incite Keynes à écrire The Economic Consequences of Mr. Churchill, faisant valoir que le retour à l’étalon-or à la parité d’avant-guerre en 1925 (1 £ = 4,86 $) conduirait à une dépression mondiale. Toutefois, la décision est généralement considérée comme populaire et de « bonne économie » bien que Lord Beaverbrook et la Fédération des industries britanniques s’y opposent.

Churchill en tant que chancelier de l’Échiquier en 1927

Churchill, plus tard, considère cela comme la plus grande erreur de sa vie. Toutefois, dans les discussions à cette époque avec l’ancien chancelier McKenna, Churchill reconnait que le retour à l’étalon-or et la politique de l’argent cher est économiquement mauvais. Dans ces discussions, il maintient que cette décision est fondamentalement politique, un retour aux conditions d’avant-guerre dans lesquelles il croyait. Dans son discours sur le projet de loi, il déclare : « Je vais vous dire ce qu’il [le retour à l’étalon-or] va nous attacher. Il va nous attacher à la réalité. »

Le retour au taux de change d’avant-guerre et à l’étalon-or déprime les industries. La plus touchée est l’industrie du charbon. Déjà affecté par la baisse de la production depuis que les navires sont passés au pétrole, le retour aux échanges d’avant guerre ajoute des coûts additionnels estimés jusqu’à 10 % pour l’industrie. En juillet 1925, une commission d’enquête rapporte que les mineurs s’en trouvent généralement favorisés, plutôt que les propriétaires de mines. Baldwin, avec le soutien de Churchill propose une subvention à l’industrie pendant qu’une commission royale prépare un nouveau rapport.

Cette commission ne résout rien et le litige impliquant les mineurs conduit à la grève générale de 1926. Churchill aurait laissé entendre que les mitrailleuses devraient être utilisées sur les mineurs. Churchill édite le journal du gouvernement, le British Gazette, et, pendant le conflit, il fait valoir que « soit le pays va briser la grève générale, ou la grève générale va briser le pays » et déclare que le fascisme de Benito Mussolini a « rendu un service à l’ensemble du monde », en exposant « un moyen de lutter contre les forces subversives ». De fait, il considère le régime comme un rempart contre la menace de la révolution communiste. À un certain point, Churchill va jusqu’à surnommer Mussolini le « génie romain […] le plus grand législateur entre les hommes. »

Les économistes contemporains, ainsi que des personnes à l’époque, critiquent également les mesures du budget de Churchill. Elles sont considérées comme aidant à prospérer les rentiers bancaires et les salariés des classes (à laquelle Churchill et ses associés appartiennent généralement) au détriment des fabricants et des exportateurs qui sont connus comme souffrant de l’importation et de la concurrence dans les marchés traditionnels d’exportation et couvrant trop les Forces armées.

Olivier Crottaz

Article original


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