De 35 à 60 $ le baril : ceux qui ont acheté du pétrole au cours de la semaine précédant Noël affichent déjà à presque de plus-value au compteur.
Est-ce le moment de sortir, ou bien le pétrole va-t-il encore monter ?
Les cours ont pâti de la baisse de la demande, due à la crise économique, de la disparition de nombreux fonds de couverture fortement investis en matières premières. Par ailleurs, la Russie a bradé son or noir en vue d’affronter une fin d’année difficile.
Le recul de la demande se poursuit au fur et à mesure que la situation économique se dégrade. Aux Etats-Unis, elle est revenue à son niveau d’il y a dix ans. Les fonds de couverture ne renaîtront pas de leurs cendres immédiatement, d’autant plus qu’ils ne sont plus alimentés par le crédit.
La discipline des pays producteurs a fait remonter les cours
Parallèlement, l’Organisation des pays producteurs (OPEP) a organisé la baisse de l’offre. Les quotas fixés par l’Opep ont été appliqués à 75%, un “résultat remarquable”, estime Chakib Khelil, ministre algérien de l’Energie et président sortant de l’organisme. Conrad Gerber, du cabinet Petro-Logistics, fournisseur de données indépendant de l’organisation, valide le chiffre de 26,1 millions de barils par jour (Mb/j), contre 27,7 à fin décembre, soit une réduction de 1,5 Mb/j.
L’Opep avait prôné une baisse de 2,2 Mb/j. Ses préconisations ont donc été plutôt bien suivies, montrant la détermination des producteurs à rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, indique Conrad Gerber au journal algérien El Watan.
La prochaine réunion de l’Opep est prévue à Vienne, le 28 mai, et Chakib Khelil prévoit que la discipline s’intensifiera entretemps, ce qui réduirait encore la production d’un demi-million de barils par jour. Par la suite, “je ne pense pas qu’il soit nécessaire de réduire ou d’augmenter la production”, a-t-il encore indiqué.
Parallèlement, les sociétés pétrolières ont réduit leurs investissements, ce qui freinera la montée en régime lorsqu’elle deviendra nécessaire.

A terme, la demande des pays riches devrait rester, au mieux, atone. Côté américain, l’EIA (Energy Information Administration) abaisse sa prévision de demande de 1 Mb/j. Certains se demandent si ce chiffre n’est pas de l’intox : “Un discours si sombre qu’il vous incite à rechercher un endroit où ne pas être bientôt inondé de pétrole”, ironise Phil Flynn, président d’Alaron Trading.
Le nouveau front uni de l’Opep pourrait se fonder sur un constat : la défiance envers le dollar. Une défiance éveillée par les mesures d’assouplissement, ou quantitative easing, prises par la Fed. Si l’Opep maintient ce front, les prix ne risqueront pas de redescendre à 35 $ le baril. A plus long terme, les lois de l’offre et de la demande sont implacables, en faveur de prix plus élevés.
Simone Wapler
© Les Publications Agora France, 2002-2008
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