Un investisseur arrive chez lui et consulte le dernier relevé mensuel de ses placements. Il constate qu’il n’a perdu que 15%, alors que la plupart des fonds d’actions se sont effondrés de 35%. Il se dit qu’il a bien fait d’investir dans des fonds équilibrés. Réalité ou mirage?
Un fonds équilibré est-il moins risqué qu’un fonds d’action? Vous nous répondriez probablement ‘‘tout à fait!’‘ Cependant, est-il logique de calculer le rendement d’un fonds équilibré, afin de le positionner entre les fonds obligataires et les fonds d’actions?

Imaginez que le valeur de votre maison apparait sur votre relevé tous les mois. Supposons une valeur de 250 000$, jumelée à un portefeuille à 100% actions de 250 000$. Ce dernier perd 40%. Il reste donc 150 000$. Mais, en incluant la maison, la perte n’est que de 20%. En effet, les 150 000$ du portefeuille + les 250 000$ de la maison donnent 400 000$ sur un total de 500 000$. La maison a pour effet d’amortir le choc, tout comme les obligations dans un portefeuille équilibré.
S’il n’est pas logique d’inclure la valeur de sa maison dans un portefeuille boursier, et bien, il n’est peut-être pas plus logique de mélanger les obligations avec les actions. Par exemple, reprenons le portefeuille total de 500 000$, mais remplaçons la maison par des obligations. En réalité, l’investissement en action n’est que de 250 000$. La chute de 40% des actions existe bel et bien, mais le montant investi est deux fois moindre, d’où le résultat final de 20% (en prenant pour acquis que les obligations ont affiché un rendement neutre sur la même période). On pourrait donc acheter un fonds d’actions de 250 000$ (le meilleur de sa catégorie), ainsi que le meilleur fonds obligataire disponible. Cette fois-ci, l’investisseur aurait tendance à évaluer les deux séparément. Pourtant, il s’agit bien de l’équivalent d’un fonds équilibré. On pourrait rétorquer que dans un fonds équilibré, le gestionnaire décide de la pondération. Malheureusement, les données historiques semblent indiquer que les gestionnaires n’apportent point de valeur ajoutée sur ce plan. Donc, on peut difficilement faire appel à cet argument pour justifier l’existence des fonds équilibrés.
On pourrait également aborder le problème de la façon suivante : un investisseur confie à un spécialiste des obligations 250 000$. Puis, il va voir un autre expert, cette fois-ci dans le domaine des actions, et lui confie le même montant. Au bout d’un an, comment calcule-t-on le rendement? Est-ce que l’expert des actions pourrait dire : vous n’avez pas perdu 40%, car je sais que vous avez 250 000$ ailleurs en obligations! Et quant au spécialiste des obligations, pourrait-il dire : ‘‘Bonne nouvelle! Vous n’avez rien perdu!’‘
On comprend facilement que ces deux gestionnaires seront évalués séparément. C’est pourquoi on devrait également évaluer la partie ‘‘actions’‘ d’un fonds équilibrés, comme s’il s’agissait d’un fonds à part. Si le portefeuille total s’est effondré de 15%, alors que la pondération en actions n’était que de 30%, alors il s’agit d’une perte de 50% sur les actions (si les obligations n’ont rien rapporté).
Les Investigateurs Financiers



1 commentaire
Ven 12 Juin 2009
Le principal intérêt d’une gestion équilibrée est le rebalancing. Si vous omettez d’en parler, vous introduisez un biais négatif en défaveur de cette approche.
L’intérêt principal de cette approche étant de vendre lorsque les actions montent et d’acheter lorsqu’elles chutent, ainsi on travaille sur le prix moyen de manière efficace.
Il est clair qu’un bon investisseur peut faire mieux, mais pour ceux qui n’ont guère de temps, guère les capacités…