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Il n’est plus en Europe, où les marchés sont mûrs, réglementés et très concurrentiels. Il est clairement à l’international, mais pas comme avant.
La densité du réseau des super et hypermarchés, la pression sur les marges qui en découle (autour de 4.5% en France), la déflation structurelle de nombreux produits de grande consommation, les budgets plus serrés des ménages, la hausse des coûts de distribution en termes de matières premières, de personnel, de loyer), les entraves réglementaires aux ouvertures, la concurrence des magasins spécialisés sur les produits les plus rentables (télécom, électronique grand public, bricolage), la percée du hard discount – ne font plus de la distribution à majorité alimentaire un secteur de croissance.
L’avenir est ailleurs : là où des populations jeunes et nombreuses entrent en plein dans le développement, en Europe de l’est, en Asie, en Amérique latine. Mais la stratégie de croissance externe des années 1990 a montré ses limites. La rentabilité n’est pas au bout des achats faits n’importe où, n’importe comment, juste pour arriver avant les autres. La stratégie gagnante sera probablement celle de Wal Mart ou Tesco : être d’abord solidement implanté dans sa propre région, son propre pays, avant de lancer des pseudopodes ailleurs, avec synergies.
On ne se parachute pas sans rien connaître du marché, car la distribution alimentaire reste (et restera) très marquée par les habitudes locales, les producteurs locaux, la lenteur de la mémoire locale. Wal Mart a dû repartir d’Allemagne, où les magasins étaient fermés quand les gens sortaient du travail, Carrefour et Casino de Pologne, Ahold d’USF. C’est la taille locale qui fait la force des distributeurs face aux fournisseurs. Il faut donc avant tout la consolider. C’est la souplesse des formats de magasins et la capacité à différencier ses produits qui fait la force des distributeurs face aux clients.
Les grandes tendances à quelques années nous paraissent donc être :
- Le renforcement local
- La concentration en Amérique et en Asie
- Une pression tarifaire plus grande en Europe incitant peut-être à quelques rapprochements locaux (Allemagne, France)
- Une plus grande discipline financière incitant à céder les actifs non rentables, à sortir de l’immobilier, à gérer le format des magasins plus qu’auparavant
- Une gamme multiformats pour tous les groupes, allant du magasin très local (type Champion) aux hypermarchés, en passant par supermarché, maxidiscompte et autres mini-hyper
- Le développement accru des marques de distributeur pour contrer la hausse des matières, récupérer de la marge, fidéliser par carte, donner un label rassurant (bio, écolo, sans-OGM, filière contrôlée, etc.)
Les valeurs bien placées sont probablement celles qui ont pris de l’avance dans le schéma : suffisamment diversifiées en formats, avec marque de distributeur établie, solides sur leurs marchés d’origine, souples à l’international, avec une assise financière suffisante et l’expérience d’une gestion adaptée aux particularités régionales dans le monde. Carrefour, Ahold et Tesco sont dans ce cas.
Même si, à court terme, d’autres sociétés apparaissent financièrement plus attractives, une gestion longue examinera avec attention les analyses sur ces trois là. Évidemment, nous rappelons aux assistés que tout investissement comporte des risques et que les opinions ci-dessus ne sont que des réflexions qui n’ont aucun caractère de recommandation d’investissement au sens de l’AMF.
Alain Sueur
le Blog Boursier



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