
Le titre Lafarge (LG) est mal valorisé en Bourse. L’augmentation de 33% du dividende au titre de 2007 et l’annonce d’un bond de 41% du bénéfice par action tranchent avec une baisse d’un peu plus de 3% du titre sur un an et 10% depuis le début de l’année.
Le titre pà¢tit du caractère cyclique de son secteur, de l’exposition du groupe au marché américain, et plus généralement des craintes des investisseurs sur la crise du subprime. En effet, le marché de la construction résidentielle connaît un sévère accès de faiblesse aux Etats-Unis mais aussi en Espagne ou au Royaume-Uni.
Cependant, Lafarge capitalise 9,3 fois le résultat net prévu en 2009, contre 9,5 pour Holcim Ltd et 8,1 pour Cemex, alors que la croissance du Français devrait être supérieure à celle de ses rivaux au cours des trois prochaines années. Le groupe dispose de beaux relais de croissance dans les pays émergents.
Recentrage sur les pays émergents
Alors que les incertitudes s’accumulent sur l‘économie américaine, avec les conséquences que l’on peut redouter sur l‘économie mondiale, Lafarge accélère son développement sur les pays émergents. L’urbanisation galopante dans ces pays entraîne d’immenses besoins en matière de construction et d’infrastructures. La Chine, dont l’expansion est poussée par les Jeux Olympiques, en est le meilleur exemple. En 2007, les pays émergents ont représenté 37% du chiffre d’affaires et 46% du résultat opérationnel courant du cimentier. L’acquisition du cimentier égyptien Orascom pour 8,8 milliards d’euro, finalisée début 2008, devrait amplifier la contribution des pays émergents aux résultats futurs. En 2008, la part des pays émergents dans son portefeuille devrait désormais dépasser la moitié des ventes du groupe sur le segment ciment (54% du chiffre d’affaire de Lafarge). La capacité de résistance de Lafarge face à la détérioration du marché américain est donc tout à fait appréciable.
L’intégration de Orascom
La grosse affaire de 2007 aura été la reprise d’Orascom pour 8.8 milliards d’euro. Cette entreprise égyptienne bénéficie d’une position de leader au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen. Ces marchés sont en forte expansion en raison d’un fort taux de croissance démographique et une urbanisation vigourseuse. Les prix élevés du pétrole et du gaz dopent également l’activité économique de pays comme l’Algérie, l’Egypte ou l’Arabie Saoudite. La rentabilité de Orascom est très élevée grà¢ce à des coà»ts salariaux réduits et des usines récentes. Le prix payé a pu apparaître assez élevé, mais, si l’on retient le relais de croissance apporté par ces nouveaux débouchés, les ratios deviennent plus raisonnables. Si le groupe parvient à démontrer que l’intégration d’Orascom se déroule sans accroc, le cours de bourse devra nécessairement refléter cette nouvelle réalité pour le groupe Lafarge.
Réussite de la stratégie de réduction des coà»ts
Le groupe a indiqué qu’il avait rempli avec un an d’avance ses objectifs de réduction de coà»ts, parvenant à générer des économies de 400 millions d’euro contre un objectif de 340 millions d’euro à fin 2008. Par ailleurs, la cession de la branche Toiture, finalisée en 2007, a également été un succès. Ces situations traduisent la parfaite maîtrise du management en interne.
Des indicateurs graphiques dans le vert

Le titre Lafarge a fortement rebondi, avec des volumes conséquents sur son support moyen terme à 102€. Le titre a traversé sa moyenne mobile à 20 jours, située à 109€. Ce franchissement est un bon signal de hausse. Par ailleurs, le MACD se situe au-dessus de sa ligne de signal, et le RSI de 51,9 dénote une situation technique assez saine car il n’y a pas de surachat. Les indicateurs stochastiques sont également positifs.
Conclusion
Même si aucune prévision chiffrée n’a été dévoilée pour 2008, les objectifs pour 2010 ont été confirmés. Il s’agit d’atteindre un bénéfice net par action supérieur à 15 euro. Si l’on estime un multiple de 10 fois les résultats (prévision prudente), le cours devrait alors s‘établir autour de 150 euro d’ici à 2 ans. En outre, Lafarge prévoit de porter ses capacités de production de ciment dans le monde à 270 millions de tonnes à l’horizon 2010. La part de marché monde du groupe devrait alors se situer à 9%, contre 6,7% en 2006.
Le fait que Albert Frère renforce ses positions au capital de Lafarge nous conforte dans notre opinion positive sur la valeur. JPMorgan a également relevé son objectif de cours de 154 à 157 euro. Le courtier note que les résultats du quatrième trimestre sont ressortis au-dessus des attentes. Il relève dès lors ses prévisions de bénéfice par action pour 2008 et 2009.




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