Votre fidèle compagnon à quatre pattes n’est pas au mieux de sa forme. Vous courez au plus vite le faire soigner chez votre vétérinaire. La tuile pour vous : il souffre d’un cancer. Son traitement, associé à une chirurgie, va vous coûter la bagatelle de 600 euros par mois, estime votre praticien.

Qu’à cela ne tienne : vous mettez la main à la poche. À moins que vous n’ayez souscrit une mutuelle qui prend en charge jusqu’à 70% des frais médicaux de votre animal domestique.
Les pathologies liées à l’âge des chiens et chats (qui ont récemment gagné une année de vie) sont en constante augmentation. Ce n’est pas un hasard si le secteur de la santé pour les animaux de compagnie enregistre une croissance robuste et continue.
Parallèlement, la santé prodiguée, cette fois-ci, aux animaux d’élevage “évolue sur une tendance très positive à moyen terme. Elle est portée par la consommation croissante de viande, notamment dans les pays émergents”, explique Pierre Konareff, directeur financier de Vétoquinol. Ce qui contribue au développement des élevages de bovins, d’ovins, de porcins et, par là même, profite au secteur de la santé animale. Même si, à court terme, certaines filières, porcine par exemple, peuvent être confrontées, comme aujourd’hui, à des difficultés.
Pour le secteur dans son ensemble, la croissance est toujours au rendez-vous. Selon le cabinet Vetnosis, les ventes mondiales ont crû l’an dernier de 7,2%, à 19,2 Mds$ (+ 2,8% en valeur), après une hausse de 11,4% en 2007 (+ 4,7%).
Si le rythme ralentit depuis la mi-2008, le secteur de la santé animale résiste tout de même bien. D’ailleurs, les cabinets de vétérinaires ne désemplissent pas. Les maîtres continuent à dépenser pour l’hygiène de leurs animaux préférés, constate un vétérinaire bourguignon.
Cela va du dentifrice canin, par exemple, sur lequel les marges sont très élevées (vendu environ 10 euros le tube, soit presque trois fois plus cher qu’un dentifrice pour les “humains”), aux autres poudres détartrantes, en passant par les shampooings traitants.
Un secteur plein de vigueur
En tant qu’investisseur, vous avez bien compris que la santé animale était un secteur défensif par excellence, à la croissance récurrente du chiffre d’affaires et des résultats.
Les laboratoires vétérinaires subissent moins de pression sur leurs prix de vente car les prescriptions ne sont pas remboursées par les assurances maladie. Les médicaments pour animaux sont issus de la santé humaine. Leur développement, qui porte notamment sur de nouveaux conditionnements (forme galénique en jargon), coûte donc moins cher.
Parallèlement, ce secteur de la pharmacie est soumis à une concurrence des génériques moins âpre que dans la santé humaine (baisse de prix qui avoisine 20%, contre 40%).
Autrefois parent pauvre de la pharmacie mondiale, la santé animale retrouve toutes ses lettres de noblesse dans cette période de turbulences.
Les grands groupes pharmaceutiques mondiaux ne veulent plus vendre leurs divisions vétérinaires, bien au contraire. La recomposition actuelle du secteur, déjà très concentré, n’est donc motivée que par des considérations réglementaires (lois anticoncurrentielles), après les fusions de Pfizer et de Wyeth et le rapprochement entre Merck & Co et Schering-Plough.

Ces nouveaux mastodontes pourraient être obligés de vendre certains produits pour le plus grand bonheur de leurs concurrents, moins bien placés dans le classement mondial. Sanofi-Aventis aimerait reprendre les 50% qu’il ne détient pas encore dans Merial. Deux pure players, Virbac et Vétoquinol, sociétés familiales françaises, respectivement placées à la neuvième et onzième place, sont embusquées, à l’affût des miettes qui pourraient être jetées sur le marché.
Christine Colmont
© Les Publications Agora France, 2002-2008
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