Modérer le poids de la part variable de la rémunération des traders afin de ne pas encourager des prises de risques inconsidérées, tel est l’objectif du « code éthique » qui concernera tous les professionnels des activités de marché et de la BFI et qui devrait entrer en vigueur dès cette année pour les primes que les traders toucheront début 2010, rappelle la Fédération bancaire française (FBF) dans un communiqué.
« C’est une mesure qui fait beaucoup de bruit mais ne concerne que peu de personnes : les concentrations de traders à hauts revenus ne sont pas en France, explique Guy de Brabois, Country Manager Switzerland chez Robert Walters. Ce n’est pas la suppression des bonus des traders qui va financer la relance. Il s’agit surtout de rassurer l’opinion d’un point de vue éthique. »
Une mesure vraiment efficace ?
Les bonus des traders ne seraient versés qu’en fonction des gains réels et pourraient être supprimés en cas de positions de marché perdantes. « Rémunérer la performance des traders à long terme est une bonne mesure. Des plans de bonus différés existaient déjà dans certaines banques dans un souci de limitation du turnover ; mais si on peut les conditionner à une certaine régularité c’est mieux, poursuit Guy de Brabois. Attention cependant à pouvoir retranscrire contractuellement ce type de pratique et à ses effets pervers : renchérissement du coût d’acquisition des talents, versements de bonus garantis pour compenser le bonus différé… »
La pratique des bonus garantis non liés à la performance doit être prohibée sauf en cas d’embauche ou de rétention de professionnels ayant des fonctions clés. En formulant ainsi une telle mesure, « le groupe de travail ménage une porte de sortie, estime Marine Lamy, du cabinet de recrutement CT Partners. Les seuls cas où les bonus garantis ne seraient pas appliqués se limiteraient à l’embauche d’un professionnel au chômage ou revenant d’une année sabbatique » (L’Agefi.fr, abonnement).
Le scepticisme des recruteurs est relayé par celui des syndicats. « Le nouveau principe arrêté par le gouvernement sur l’attribution des bonus aux traders n’est nullement une garantie contre la prise de risque exagérée », reconnaît pour sa part la Fédération CGT des banques.
© eFinancialCareers
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1 commentaire
Jeu 12 Fev 2009
Ce n’est pas là le problème actuellement: c’est plutot:
1/ La grille des salaires: il y a trop d’écart entre les salaires de base et la direction. Un rapport 10 serait légitime, pas un rapport 100 ou 1000 comme actuellement: c’est indécent.
2/ l’irresponsabilité générale: La crise n’a pu se déclencher que par un ‘je m’en foutisme’ général, à tous les niveaux. La pression est peut-être trop forte sur les commerciaux, sur les manageurs, sur ...? mais en tous cas, le résultat est là: on fait n’importe quoi ! Et pas seulement dans la finance….
3/ l’absence de conscience sociale dans les entreprises: le but, c’est le fric, quitte à délocaliser massivement. On transfère non seulement les usines, mais les connaissances. C’est grave, et une démission de la mission première des entreprises: crééer/renforcer un lien social entre les gens. Le lien est largement cassé, et la condiance dans la direction nulle dans nombre d’entreprises.