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La FED nouvelle est arrivée


Ca y est ! Nous y sommes enfin ! Je ne veux pas parler des beaux jours ni même du 40e anniversaire de Mai 68 mais bien des vacances d’été ! Car les marchés sont en train de rentrer dans une torpeur estivale du fait d’un mois de Mai qui s’annonce raccourci (un pont cette semaine, un autre la semaine prochaine et le lundi de pentecôte, ex-journée de solidarité, de nouveau férié). Ce qui veut dire que les prochaines semaines de cotations pleines recommenceront le 19 Mai. Quant à Juin, il y a fort à parier que les opérateurs prépareront leur ordres avant d’aller enfiler leur maillot de bain direction la plage.

Cela nous laisse du temps pour regarder et analyser les évènements récents sur les autres marchés. Malgré un fort ralentissement confirmé, Wall Street regarde désormais les perspectives de fin d’année pour se rassurer.

Dans ce contexte, la FED nouvelle est arrivée. Et sa renaissance passe par le meurtre du père. Un grand classique. L’homme qu’on croyait intouchable, inattaquable, indétrônable, subit depuis quelques semaines un flot incessant de critiques. On reproche à Alan Greenspan, ancien président de la banque centrale américaine, d’avoir été à l’origine des deux bulles qui ont déstabilisé l’économie américaine: la bulle technologique de la fin des années 1990 et la bulle immobilière des années 2000.

FED, banque centrale américaine

La politique de taux d’intérêt bas et d’injection massive de liquidités menée par Alan Greenspan aurait accéléré la spéculation et serait responsable de la récession américaine. Pour se défendre, l’ancien maître du monde avance un argument massif : « Le rôle d’une banque centrale n’est pas de contrôler la valeur des actifs ». Comprenez, une banque centrale a pour objectifs le contrôle de l’inflation, et, accessoirement, la stimulation de la croissance. Mais, comme ce fut le cas de 2002 à 2006 par exemple, si l’inflation reste basse, la FED n’a aucune raison de relever ces taux uniquement parce que les prix des actifs immobiliers flambent de façon incontrôlée. Le débat n’est pas de savoir si Alan Greenspan a raison ou tort. Ce débat est déjà un combat d’arrière garde car l’administration américaine a pris une décision historique : étendre le rôle de la FED à la lutte contre les bulles d’actifs. Le Congrès va être appelé à approuver l’équivalent des « pleins pouvoirs » pour la FED. La FED pourra dès lors, et aura même l’obligation, d’intervenir directement en forçant les institutions financières à modifier leurs pratiques si elle juge que l’économie globale pourrait souffrir de l’accélération de la valeur d’un actif. On ne peut que regretter que la FED n’ait pas assumé ce rôle depuis 10 ans. Nous aurions évité la crise des marchés du crédit.

Mais aujourd’hui la FED pourrait prouver qu’elle a tiré les leçons du passé. Les actifs dont la valeur croit de façon exponentielle aujourd’hui, comme le Nasdaq en 2000 et l’immobilier en 2006, ce sont les matières premières. Et la FED peut briser la spéculation dés aujourd’hui : il suffirait d’augmenter de façon drastique les appels de marges sur les marchés à terme. On verrait instantanément si la hausse des matières premières est spéculative ou fondamentale. La FED nouvelle est arrivée. Et sa renaissance passe par le meurtre du père.

Un grand classique…


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