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La face cachée des obligations d’entreprises


L’obligataire a la cote. En 2008, les obligations souveraines ont été plébiscitées comme valeur refuge, malgré leur faible rendement. Cette année, ce sont les émissions obligataires d’entreprises qui tiennent le haut du pavé.

La liquidité du marché et l’aversion au risque des investisseurs, après la douche froide des actions, a plus que profité aux émissions d’entreprises, dites “corporate”. Si, pour nombre d’entreprises, l’obligation est aujourd’hui le passage obligé pour se refinancer, beaucoup profitent de cette mode pour grossir leur tiroir-caisse sans vraiment en avoir besoin.

Et toutes devront rembourser leurs dettes. La dernière grande vague obligataire remonte à 2005-2007. Beaucoup des groupes, notés dans la catégorie la plus risquée ou “high yield”, qui avaient alors fait appel au marché, vont bientôt devoir rendre de l’argent à leurs créanciers et, sans doute, se refinancer. Bientôt signifiant à partir de 2010, prévient la société de gestion Schroders.

Pas de chance, 2010 tombe en pleine récession économique. Après près de trois ans de crise, il y a fort à parier que beaucoup d’entreprises auront du mal à payer leur dette. “Leur taux de mortalité pourrait s’envoler”, redoute Schroders, qui parle d’un “effet retard”.

Pis, en 2012, ce sont 3 900 milliards de dollars de dettes d’entreprise qui arriveront alors à maturité. En France, le montant est de 663 milliards de dollars, selon des estimations de l’agence de notation Standard & Poor, rapportées par Bloomberg. Aux États-Unis ou au Royaume-Uni, de 780 milliards de dollars chacun. D’ici trois ans, difficile de croire que l’économie et que les entreprises auront récupéré leur pleine santé pour rembourser leurs dettes, comme une lettre à la poste.

C’est pour cela que nous vous recommandons de profiter de l’essor des obligations d’entreprises mais avec un horizon court de deux à trois ans.

Alexandra Voinchet

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


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