Jérome Kerviel a provoqué une perte de -4.9 milliards d’euro pour la Société Générale, c’est environ trois fois plus que Nick Leeson qui avait coulé la Barings au début des années 1990. Ce nouveau triste record laisse beaucoup de questions sans réponses:
- Comment un trader “moyen” de l’avis de tous (voir son CV ci-dessous) a-t-il pu déjouer, à lui seul, tous les gardes fous du contrôle interne de l’une des plus grosses banques françaises ?
- Selon la Société Générale, l’exposition aux Futures du portefeuille de Kerviel était de 50 milliards d’euro. Comment un trader a-t-il pu engager un montant supérieur au fond propre du groupe ?
- Cet événement intervient alors que les spéculations sur les réelles pertes de la SocGen liées aux subprimes ne sont toujours pas connues. Serait-ce un moyen de détourner l’attention des media ? Certaines rumeurs parlent même de maquillage pour passer une partie des pertes des subprimes sur le compte de Kerviel.
- En marge de cette affaire, un membre du conseil d’administration, Robert A. Day, a vendu pour environ 86 millions d’euro de titres Société Générale deux semaines avant l’annonce publique de la fraude. Il y a-t-il eu délit d’initié ?
L’enquête nous apportera, je l’espère, des réponses à toutes ces questions. Une seule chose est sure; la capitalisation de la Société Générale a fondu à 32 milliards d’euro, rendant la valeur très vulnérable à une OPA hostile.



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