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Girouettes, cacahuètes ?


“Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes” (Pangloss dans “Candide” de Voltaire, si je ne me trompe pas).

C’est par cette maxime historique que commence l’article du jour.

Aujourd’hui, je me demande ce qui se passe dans la tête des investisseurs lambda, analystes gamma, gérants alpha..suis-je le Crottaz Bêta ?

Il y a encore peu de temps, le monde allait s’écrouler: Impression de billets à l’infini (l’équivalent de 173′000 tonnes d’or d’après M.Sartoni (il faut lire ses livres !)), circulation monétaire au point mort, saisies de maisons (qui continuent, je le mentionne), pertes des entreprises et les gouvernements qui sauvent des banques.

Soudainement on a arrêté de parler des CDS, des ALT-A, des cartes de crédits, des produits incroyables pour cacher la m..au chat.

Que s’est-il passé, qu’est-ce qui a changé radicalement ? Je vous le donne en mille….la confiance (enfin il paraît) ou l’insouciance. Nous assistons à un marché de girouettes, qui, du jour au lendemain, voit instantanément le beau temps.

J’en veux pour preuve que le Ted Spread qui s’est drastiquement réduit à 0.5%, que le VIX (indice de volatilité) a beaucoup baissé et se retrouve dans un niveau de confort.


cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Pour un contrariants, certains indicateurs sont inquiétants comme le put/call ratio, ainsi que le pourcentage de short (marché US) à environ 2% du total du marché (quand l’indice action est en chute libre, on navigue plutôt vers le 7.5% de short).

La panique a cédé la place au calme (on dit après la pluie, le beau temps, mais aussi après le calme…..la tempête).

C’est comme si tout ce beau monde financier s’était dit du jour au lendemain: ” voilà, c’est fini, le pire est passé, je vais bien, tout va bien et on repart comme en quarante”.

Il se leurre.

Bien qu’on assiste à une stabilisation (quoique, mais je ne la nie pas) et entendons la théorie de la dérivée seconde (théorie qui disparaîtra comme elle est venue), le mal est fait.

  • 1. Combien de temps ce rally boursier va-t-il durer ?
  • 2. Va-t-on corriger à court terme pour repartir plus haut cet été ?
  • 3. A-t-on vraiment touché le fond en mars dernier ?
  • 4. Est-ce un “bear rally” qui sera un jour complètement effacé ou est-ce le début d’un “bull market” (marché haussier) qui nous annonce une reprise économique (ou vice-versa)?

J’ai une opinion pour chacune des questions, mais pas de certitudes. Il semble, par contre, plus aisé de répondre à la dernière question. On nous parle de reprise économique, notamment aux États Unis, mais il subsiste un ENORME problème : La DETTE (comme dirait James Dines: “DEBT is DEATH”).

Durant les 25 dernières années, les Américains ont accumulé d’énormes dettes. Vivants toujours plus à crédit, la dette totale des ménages, entreprises et du secteur public, a enflé pour représenter plus de 50′000 milliards de dollars (*). Cela représente 360% de leur PIB. Ce dernier lui-même gonflé par la boulimie de consommation (chiffres de fin 2008), ou près de 100% du PIB mondial ! Les ménages américains, dont l’endettement augmentait de 10 à 12% l’an, durant les dernières années du boom économique artificiel que l’on a connu (artificiel car financé par la dette), font face à une conjoncture économique en déclin depuis plusieurs trimestres. Ils éprouvent de plus en plus de difficultés à supporter leurs dettes et ne peuvent en contracter de nouvelles pour servir les anciennes, comme ils le faisaient durant la période de “haute” conjoncture. Le fardeau de la dette devient insupportable pour ces ménages avec un passif de 14′000 milliards de dollars, soit 100% du PIB et leurs revenus baissent ou stagnent. Certains font alors faillite, d’autres commencent à épargner (cela veut dire consommer moins) et à réduire leurs dettes comme au dernier trimestre 2008.

Rappel: la consommation des ménages américains représentait 70% du PIB en 2008.

Alors, dans ces conditions, qu’elle sera le moteur de cette reprise économique aux Etats Unis dont on nous parle ici et là ?

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les autorités monétaires ont, semble-t-il, tirés leurs dernières cartouches. Que se passera-t-il en cas de nouvelle crise ? Les caisses sont vides et plus personnes ne leur prêtera un kopek.

Marc Faber, auteur de la lettre “Gloom, Boom et Doom Report” pense que la crise ne s’est pas encore produite et que c’est dans 3 à 5 ans qu’elle interviendra avec la faillite des États.

De toute manière l’endettement public conduira à une remontée importante des rendements du Trésor qui pèsera encore plus sur les déficits budgétaires et pénalisera aussi les entreprises à la recherche de financement (crowding out). De plus, les dépenses gouvernementales vont s’envoler à cause du chômage élevé et, comme je le mentionne depuis quelque temps, une hausse inéluctable des impôts interviendra tôt ou tard. Le contribuable verra son pouvoir d’achat s’étioler. En conséquence une consommation en baisse, QUID de la reprise ? CQFD.

Actuellement, les USA essaient d’émettre de nouveaux emprunts à toutes les échéances (on parle même du 50 ans qui va ouvrir à nouveau). Ce pays à besoin de 2′000 milliards de USD sur 2009. ça laisse songeur. Il faudra bien que la souscription soit soutenue car en cas de mauvaise souscription, il se pourrait qu’un mouvement de panique s’empare des souscripteurs et ce sera problématique.


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Quant au billet vert, je lui prédis un avenir assez sombre, malgré quelques soubresauts comme “en fin de vie”.

Comme les américains le disent si bien (pour l’instant): “Le dollar c’est notre monnaie, mais votre problème”

Jusqu’à quand ? Telle est la question.

Que nous restera-t-il ? Des cacahuètes.

Olivier Crottaz

Article original


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1 commentaire

c3248 Pascal
Sam 30 Mai 2009
Pascal photo

La dette n’est pas gérée de façon proactive aujourd’hui (je n’aime pas ce mot) parce que tout se déprécie en même temps et que les marchés et les acteurs de ces marchés essaient de convaincre et de savoir qu’est-ce qui finira plus déprécié que le reste à terme. Donc personne ne veut anticiper et parler d’inflation tant que les patates chaudes se refilent…
La dette sera soignée à partir du moment ou la reprise économique aura lieu, on décidera enfin à faire payer les contribuables, si possibles des pays autres que le sien par sa politique monétaire, et on verra ce que tout le monde ne voulait plus voir, le retour de l’inflation…

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