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Le gestionnaire de la décennie : un vulgaire gérant de fonds !


Le gestionnaire de la décennie est un vulgaire gestionnaire de fonds communs. Quelle hérésie ! Les prétentieux et puristes de valeurs mobilières et de gestion autonome ne doivent pas la trouver drôle.

J’ironise à peine certaines réactions de surprise. Gerry Coleman, le fondateur de Harbour Advisors et gestionnaire des fonds CI Harbour, CI Harbour revenu et croissance, et ses équivalences étrangères vient de se hisser au sommet parmi 960 de ses pairs. Il a devancé les gérants de grosses caisses de retraite, les Jarislowsky, les Montrusco, les Fidelity, les Beutel Goodman, Greystone, et bien sûr les gros canons de RBC, Manuvie, CIBC, TD, Investors, Scotia, Desjardins et autres.

La dernière décennie a été marqué par la bulle et l’éclatement des titres techno, la chute des tours jumelles, la guerre en Afghanistan, en Iraq, la quasi-faillite de Wall Street, l’élection de George Bush et de Stephen Harper, les chansons de Marie Mai… et j’en passe. Les catastrophes n’ont finalement été qu’un terrain de jeu pour Gerry Coleman.

Pour ma part, je lui fais confiance depuis 9 ans. Je suis allé l’entendre la première fois, au Sheraton de Laval au printemps 2001. A l’époque, les médias financiers n’en avaient que pour Bombardier. Quelle belle compagnie de chez nous ! Lui nous apprenait, qu’il larguait le titre. Il a “dumpé” des centaines de millions de dollars en actions de Bombardier à 21 ou 22$ !

Pourquoi ?

Il ne comprenait plus la société, elle s’était éparpillée et gonflait dangereusement sa dette. On connaît ensuite la cascade de problèmes qui a miné le fleuron de Valcourt.

Ce genre de geste caractérise Gerald Coleman. Ça fait 35 ans qu’il suit la méthodologie de Warren Buffett et de Sir John Templeton.

Il a accumulé moins de richesses personnelles que ces derniers, mais avec ses 15 milliards sous gestion, je suis certain qu’il n’est pas à plaindre. Jonglant avec 30 ou 40 titres à la fois, il grossit son encaisse en période de croissance et comme un renard qui observe le poulailler. Il saisit ses proies lorsque la pagaille s’installe dans la basse-cour. Il prend d’ailleurs un vilain plaisir à plumer ses rivaux.

Il a toujours assez de liquide en poche au moment où ses confrères doivent se départir d’actions de qualité. Ils se trouvent obligé de céder des entreprises visiblement sous-évaluées. Ses compétiteurs confrontés à des ventes nettes négatives, subissent les rachats des investisseurs effrayés par la haute voltige.

Pendant ce temps, le renard attend. Coleman n’achètera que lorsque les actions se trouveront dans la zone d’aubaine! C’est là que repose son savoir-faire. Il sait évaluer correctement des actions qui généreront de la valeur dans 4 à 5 ans.

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Au cours de la dernière décennie, le fonds 5 étoiles Morningstar CI Harbour affichait un rendement annuel moyen de 9% net de frais. C’est très fort mais il y en a qui ont fait mieux.

Par exemple, le fonds métaux précieux de RBC a produit 26,7% par an depuis l’an 2000. Il faut dire que la méthodologie de l’équipe du Globe and Mail (qui a choisi le gestionnaire de la décennie) imposait des barèmes précis. Ils ont exclu les produits dont les gestionnaires ont été remplacés trop souvent. Dehors, les fonds spécialisés qui gagent sur les secteurs à la mode. Dehors, les fonds étrangers dont les rendements sont presque tous négatifs sur 10 ans.

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Ainsi, le tamis a laissé briller une poignée de perles scintillantes laissées sur la grève par le pire tsunami boursier depuis la grande dépression des années 1930 ! Le Fonds CI Harbour de Coleman a battu de 3% par année, le SP/TSX tout en étant moins volatil et plus efficace au niveau fiscal. Gerry Coleman a 65 ans. Il est encore en pleine forme et le feu sacré l’anime toujours.

Ce genre de gestionnaires est pour moi, à l’opposé des spéculateurs et des banquiers de petites semaines qui ne voient jamais plus loin qu’un trimestre.

Imaginez la perte d’énergie que certains investisseurs et conseillers déploient. Des milliers de transactions, des frais et des commissions juteuses qui n’aboutissent qu’à du surplace ou pire qui n’ont servi qu’à perdre une partie du capital. Dire qu’il aurait simplement fallu acheté UN vulgaire fonds commun pour doubler sa mise et dormir en paix.

Suggestion à l’équipe de la Caisse de dépôt : arrêtez de jouer aux alchimistes avec nos économies et confiez la gestion à ceux qui ont fait leurs preuves.

Fabien Major
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