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Malgré un beau rendement, l’opérateur historique est boudé. L’ouverture du marché, donc de la concurrence, à l’horizon 2011 devrait à terme se faire sentir dans les résultats du groupe.
France Télécom affiche de faibles multiples de valorisation. Le titre a réalisé une performance inférieure de 20% à celle de son indice de référence, le CAC 40, depuis le début de l’année. L’action n’a pas non plus profité du récent rebond. Valeur défensive par nature, elle offre un rendement de près de 9% par rapport au niveau de prix actuel. Alors, pourquoi les investisseurs délaissent-ils l’action de l’opérateur historique ?
France Télécom est confronté à une concurrence accrue. La trésorerie en France risque de se détériorer avec l’arrivée d’un nouvel entrant sur le marché de la téléphonie mobile. En outre, la stratégie du groupe est contrecarrée par les décisions réglementaires de l’Autorité de la concurrence et de l’Arcep. La première a mis un terme aux exclusivités dans le domaine du contenu (foot, cinéma) proposé sur les chaînes de télévision Orange, par exemple ; quant à l’Arcep, elle a pris des décisions favorables à Free et à SFR, principaux concurrents de France Télécom, pour le déploiement de la fibre optique.
Pour mesurer les risques qui pèsent sur les bénéfices de la société, il est nécessaire de rappeler quelques chiffres : Orange, la marque du groupe, contrôle encore plus de la moitié du marché français de la téléphonie mobile. Ce mode de communication, qui supplante désormais la téléphonie fixe, représente plus de la moitié du chiffre d’affaires. Le réseau coûte 20 fois moins cher à développer qu’un réseau de téléphonie fixe, tandis que les communications sont 20 fois plus chères. Conclusion : le portable est quatre cents fois plus rentable que le fixe.
Le bureau d’analyse Exane estime que si Free, candidat favori à l’attribution de la quatrième licence de téléphonie mobile, captait 7% des nouveaux abonnés au mobile en France en 2015, cela ferait baisser de 10 à 20% les revenus et la marge des opérateurs déjà présents, France télécom en tête.
Certes, le déploiement du réseau du nouveau promu ne devrait être opérationnel qu’à partir de 2011, voire de 2012, ce qui garantit à France Télécom de générer une trésorerie encore solide (objectif de 8 milliards d’euros en 2009) à moyen terme. La nature de l’activité, fondée sur des abonnements, lui offre une bonne visibilité. Grâce à la solidité de son bilan, le groupe pourrait avoir à nouveau des ambitions en matière de fusions-acquisitions, seul relais de croissance pour l’opérateur, selon les professionnels du secteur.
Yannick Hardy
© Les Publications Money Week France
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.



1 commentaire
Lun 24 Aou 2009
Le marché boude les entreprises assises sur des rentes de situation reglementaires quand la reglementation bouge et craque de partout…En termes d’entreprises de réseaux, mieux vaut sans doute préférer les entreprises d’autoroutes qui possèdent des marges de gain de productivité, savent un peu mieux gérer les clients et leur reglementation n’est pas dans le collimateur actuellement…