MoneyWeek photo

Fonds d’investissements féminins : dans la crise, les femmes déçoivent


Les femmes et la finance, ça ne fait pas forcément deux. Les femmes ont gagné leurs galons dans la vie des entreprises. Elles sont de plus en plus présentes dans les directions, dans les conseils d’administration. Un bon point pour les sociétés : des études de grands noms comme Merrill Lynch ou McKinsey montrent que la mixité du management est un facteur de performance économique.

C’est à partir de cette conviction forte que travaillent les gérants du fonds Valeurs Féminines de Conseil Plus Gestion. “Ce fonds investit dans une tendance caractérisée par l’augmentation de l’influence féminine dans toutes les sphères économiques”, explique Caroline Grinda, qui forme un binôme de gestion avec un homme, Jean-Louis Hostache, fondateur de Conseil Plus Gestion et à l’origine de Valeurs Féminines. “Les études montrent qu’il existe une corrélation positive entre la présence de femmes au sein des instances de direction et conseils d’administration et la performance des entreprises. Les stéréotypes n’ont pas leur place chez nous. Chaque personne a bien sûr ses caractéristiques propres. Nous avons la conviction que la diversité est source de création de valeur. Une des formes de diversité est la mixité.”

Dans le fonds Valeurs Féminines, on trouvera donc des sociétés dont la présence féminine est jugée “significative” dans le top management. Pas de chiffres précis sur ladite proportion. Les gérants se réservent le filtre qualitatif et financier pour sélectionner les valeurs de leur portefeuille. Toutefois, 20% de femmes dans un conseil d’administration, c’est déjà un très beau score. Dans Valeurs Féminines, on peut donc retrouver Essilor, Publicis, Pernod Ricard ou encore Areva et son emblématique présidente, Anne Lauvergeon. Au final, les sociétés choisies sur le critère du management féminin représentent près de 70% du fonds.

Le solde provient d’un autre critère d’investissement : les secteurs dont l’acte d’achat est à forte connotation féminine. Place au luxe avec LVMH, aux cosmétiques avec Oriflame, aux loisirs avec Pierre et Vacances… On frôle la caricature dont se défendent les gestionnaires. Pourtant, les études brandies en référence valident ces stéréotypes : ce sont les femmes qui tiennent les cordons de la bourse dans les foyers. À terme, Valeurs Féminines se veut tout de même plus orienté sur la valorisation du management féminin que sur le shopping.

Le fonds a été créé il y a trois ans exactement. Depuis, la part de son portefeuille investi dans des valeurs à forte présence féminine dans les directions s’est considérablement renforcée. Preuve aussi, note Caroline Grinda, que les mentalités évoluent, avec ou sans mise en place de quotas par les autorités, et que les femmes sont de plus en plus nombreuses à briser le fameux “plafond de verre”. Aujourd’hui, le fonds peut piocher dans un échantillon de plus de cent cinquante valeurs.

Néanmoins, Valeurs Féminines n’a pas mieux résisté que les autres à la crise. Au 30 septembre dernier, le fonds perdait, depuis le début de l’année, autant que son indice de référence, qui n’est pas forcément une référence d’ailleurs puisque le DJ Eurostoxx 50 n’a pas de biais féminin. Depuis sa création en octobre 2005, Valeurs Féminines abandonne 12,7% contre 9,3% pour l’indice. Toutefois, pas de quoi mettre à mal les convictions de ses gérants, pour qui l’horizon d’investissement est le long terme. “Il faudra passer par une prise de conscience des dirigeants de sociétés que la femme est créatrice de richesses pour les entreprises”, explique Caroline Grinda.

Alexandra Voinchet MoneyWeek

Alexandra Voinchet

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008
————————————————————————————
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


  • Noter cet article:
    • Actuellement 4.00 étoiles sur 5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5
  • Email
  • Print

Recevez toutes les analyses par email, chaque matin

Nos autres newsletters →
Votre email ne sera jamais transmis à aucun tiers.

Lire aussi

1 commentaire

c1558 Olivier Crottaz
Mar 06 Jan 2009
Olivier Crottaz photo

Historiquement, je me souviens plus des années technos avec des femmes comme PDG et des femmes débarquées parce que les titres et résultats étaient TRES mauvais !
Même des faillites !
SGS en Suisse, entre autres et une société de multimedia dont le nom m’échappe et des companies américaines. Ce super femmes ont été débarquées. en conclusion elles sont moins nombreuses car on ne leur pardonne rien. C’est encore ancré comme métier d’homme. elles ne sont ni meilleures, ni moins bonnes voilà tout

Laisser un commentaire

Votre email est requis.

Adresse de votre blog ou site.

Me prévenir par email de nouveaux commentaires ?

HAUT ↑