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Fin de la récession en 2009 ?


Le président de la Fed américaine a accordé une entrevue à CBS, dans laquelle il dit que la récession devrait probablement se terminer en 2009. Cette affirmation optimiste sous-entend qu’il faut réussir à amener les banques à prêter plus librement afin d’assister à un retour à la normale dans notre système financier.

Ces paroles provenant de M. Bernanke peuvent être interprétées de deux façons : il est vraiment optimiste, ou alors, il cherche à changer l’opinion de la population afin d’aider son économie. Qu’on le veuille ou non, le succès de notre système dépend en grande partie de la perception de ses participants. La peur n’est évidemment pas la seule cause des problèmes que l’on vit actuellement. Cependant, elle peut facilement accentuer davantage les effets négatifs.

Il s’avère donc très difficile pour un politicien (ou une personne dont l’influence politique est forte) d’envoyer un message négatif, puisque ce message pourrait exacerber les problèmes actuels. Il faut donc tenir compte de ce fait lorque l’on écoute ou lit les médias.

Rappelons-nous qu’en 2007, la Fed avait déjà affirmé que l‘économie américaine pourrait ralentir, mais qu’elle prendrait les moyens qui s’imposent pour s’assurer de son bon fonctionnement. Nous pensons que M. Bernanke était sincère à cette époque. Aujourd’hui, il est plus difficile de traduire sa pensée.

Quoi qu’il en soit, une mesure importante est actuellement sous étude par les autorités. Il s’agit de laisser les financières fixer le prix de certains actifs à leur bilan. En ce moment, on doit systématiquement utiliser la valeur marchande pour calculer les ratios de capital utilisés dans les tests de solvabilité. Si la règle changeait, il serait possible de gonfler la valeur de certains actifs. En général, il ne s’agit pas d’une bonne mesure.

Mais nous avons nous-mêmes assisté à bien des anomalies depuis octobre. Certains titres sont devenus totalement illiquides. Parfois, l‘écart entre le prix demandé et le prix offert pouvait varier de 100%. Donc, si nous tenions absolument à acquérir le titre en question, il nous fallait accepter une perte immédiate de 50% puisque dès l’achat complété, notre position était évaluée à la moitié de notre coût d’acquisition.

Lorsque la crise sera terminée, une attention particulière devra être portée à cette mesure si elle est mise en place. Il arrive souvent que des changements surviennent en temps de crise. Et lorsque tout retourne à la normale, ces changements peuvent être oubliés et utilisés à mauvais escient.

Rémy Morel et Patrick Thénière
Barrage Capital


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