
Après un plus bas au début du mois de décembre en-dessous des 1,25, la monnaie a repris près de 15% pour approcher les 1,45. La paire euro/dollar a franchi en seulement deux jours les deux résistances majeures, à savoir les retracements de Fibonacci de 38,2% puis de 50% de la baisse de ces derniers mois.
Alors… retournement ou rebond temporaire de fin d’année ? Que penser de l’agitation du moment sur le Forex ?
Les marchés actions en sursis
Depuis quelques jours, nous assistons à une reprise, certes faible, mais reprise quand même, des indices mondiaux. Ce qui ne vous aura sans doute pas échappé, c’est la faiblesse des volumes de transactions engagés sur les places de marchés, alors que la trêve de Noël approche à grands pas.
Il faut donc sans doute rester prudent et commencer à prendre du recul, car il se pourrait bien qu’il se trame un tout autre scénario pour le début de 2009.
Cependant, on constate que la corrélation entre le Dow Jones et l’euro/dollar, qui était forte jusque-là, s’est considérablement dégradée ces derniers jours avec l’envol de la monnaie européenne et surtout avec la chute du dollar suite à la réunion monétaire de la Fed.
Politique du taux zéro
Mardi dernier, la Fed a fortement abaissé ses taux à un niveau historiquement bas, puisqu’elle s’est autorisée une fourchette de fluctuations entre 0% et 0,25%, ce qui ne s’était jamais vu auparavant.
Du coup, le dollar en a très violemment subi les conséquences en chutant lourdement face aux principales devises. Ainsi, le billet vert passait sous les 90 yens et sous les 1,07 franc suisse, et il faut désormais débourser 1,45 $ pour acheter un euro — soit une hausse de la monnaie européenne de près de 15% en quelques jours.
Le différentiel de taux a finalement pris le pas sur la notion de “valeur refuge” ; les intervenants commencent à lâcher du lest côté “aversion au risque”. Voilà pourquoi les marchés ont vendu massivement le dollar au profit d’autres devises plus rémunératrices.
La BCE au coeur de la tempête
Ce sont désormais sur les autres banques centrales que vont se porter les regards. La Fed étant parvenue à épuiser pratiquement tout son arsenal monétaire, les intervenants vont maintenant scruter le moindre geste de la Banque centrale européenne.
Et c’est une petite phrase d’Axel Weber, membre de son comité monétaire, qui est venue ajouter de l’huile sur le feu. Ce dernier stipule que la BCE pourrait amener son taux en-dessous de 2% mais “pour une courte période”, alors que les Américains, eux, affirment être prêts à maintenir les taux proches de zéro “pour un certain temps”.
De plus, lors de la dernière réunion, la BCE avait sous-entendu une pause probable dans la baisse des taux en janvier, ce qui vient là aussi favoriser un maintien du différentiel des taux en faveur de l’euro.
Attention tout de même…
Les prochaines semaines vont sans doute être agitées en raison de l’absence de nombreux intervenants pendant ces vacances de fin d’année.
La correction de l’euro, même si elle me paraît normale, me semble encore une fois excessive dans son ampleur. Il va falloir rester vigilant et détecter si la tendance actuelle est solide ou si ce n’est qu’une simple correction, avant un plongeon.
Ce sont désormais les banques centrales qui vont mener la danse… 2009 promet d’être une année mouvementée, idéale pour votre portefeuille !
Jérôme Revillier
© Les Publications Agora France, 2002-2008
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