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Et si la Banque centrale européenne avait raison ?


Depuis quelques mois déjà, alors que la position de la BCE est très vivement critiquée, je m’interroge. Et si la BCE avait raison ?

Depuis le début de la crise financière, elle reste de marbre, imposant avec autorité son point de vue aux marchés. Le risque, c’est l’inflation et non la récession, nous martèle-t-elle.

Aujourd’hui, les marchés respectent la BCE

Conséquence ? La monnaie européenne résiste vaillamment au chaos monétaire auquel nous sommes actuellement confrontés. Et l’autorité monétaire européenne commence à être reconnue et respectée. Sa crédibilité sort renforcée de la crise et ce sera pour nous une force à l’avenir.

Le problème, ce n’est pas l’euro fort, c’est nous !

Nous avons un euro fort parce que jusqu’ici la zone euro était une zone de croissance économique forte. A l’exception de quelques mauvais élèves, français et italien notamment.

Le problème, jusqu’ici, n’est donc pas l’euro fort, puisqu’il correspond à une réalité économique réelle. Le problème, c’est que notre économie française n’a pas fait ses réformes et n’est donc pas à la hauteur des autres à certains égards. Voilà pourquoi nous souffrons plus que les autres de l’euro fort.

Monsieur Trichet ne doit pas aligner l’euro sur le plus faible

Pensez-vous qu’il soit sain de niveler l’euro par le bas et de faire plonger toutes les nations de la zone euro dans un monde d’inflation forte ? Sous prétexte que nous autres, Français, souffrons plus que les autres… Car c’est bien ce que nous lui réclamons à corps et à cris depuis des mois. Je ne pense pas que la solution soit là.

Regardez ce qui se passe autour de nous

L’inflation chinoise caracole autour des 8%, en Inde elle atteint 8,5% et 5,8% au Brésil. Au Vietnam, nous en sommes déjà à 25%. Et au Zimbabwe, la situation est pire que ce qu’elle était en Allemagne sous la République de Weimar !

Plus près de nous, la Russie et l’Islande se battent contre 12% d’inflation, la Lettonie est confrontée à une hausse des prix annuelle de 18% et l’Ukraine se noie dans 30% d’inflation.

Etats-Unis et Pologne : même combat ! La première se bat contre une inflation de 4,2%, la seconde contre 4,5%.

L’euro fort protège votre pouvoir d’achat

Finalement, avec nos 3,7% d’inflation en zone euro, nous nous en sortons plutôt bien. Et plus l’euro sera fort, plus il nous protègera des effets délétères de l’inflation. N’oubliez pas qu’il neutralise partiellement la hausse des prix des matières premières importées, préservant ainsi votre pouvoir d’achat à tous. Partiellement certes, mais c’est mieux que rien !

Car qui dit chute du pouvoir d’achat dit, à terme, ralentissement économique. Indirectement, en maitrisant tant bien que mal l’inflation, l’euro fort protège notre économie…

Mais voilà : tout est lié dans ce monde global et interdépendant. Et les choses ne sont jamais simples.

La BCE, en nous protégeant, attise l’inflation chez les autres !

Je décrypte pour vous le cercle infernal dans lequel nous sommes pris :
1. Les prix des matières augmentent (notamment à cause de la faiblesse du dollar).
2. Conséquence : la politique de la BCE se raffermit (petites phrases, refus de baisser les taux, allusion à une augmentation à venir des taux…).
3. Conséquence : les marchés font grimper l’euro contre le dollar qui s’affaiblit.
4. La baisse du dollar dope à la hausse le prix des matières premières, brut en tête.
5. Cette hausse des cours des matières attise partout l’inflation.
6. Conséquence : la BCE raffermit sa position, etc.

Le parapluie de l’euro nous protège. Mais participe à la hausse de l’inflation chez les autres…

Alors chacun pour soi et dieu pour tous ?

C’est un peu ce qui se passe sur les marchés actuellement. Manque de coordination et de cohésion… Le G8 fait sa popote ici, la Fed fait ses petites annonces par là, la BCE noie le poisson le lendemain avec un discours qui électrise les marchés, l’Arabie Saoudite nous sort ses solutions miracles de son chapeau, en totale opposition avec la position de l’OPEP

Cacophonie = spéculation

Forcément, la spéculation s’en donne à coeur joie. Pour elle, rien de mieux que les montagnes russes consécutives aux annonces qui s’entrechoquent, se mêlent, voire s’opposent.

Un vrai flipper, à l‘échelle mondiale !

Ah ! Si seulement tout le monde se concertait et parlait d’une même voix ! Au moins, on y verrait clair. Les “grandes instances” auraient bien plus de facilité à imposer leur vue aux marchés et donner une tendance.

© Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.

Article original


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