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Comment voulez-vous retrouver la sérénité et repartir fermement dans une configuration haussière quand les orages grondent de toutes parts ? Si le pire semble avoir été évité, gardez à l’esprit que la situation économique est doublement en crise.

En premier lieu la crise bancaire dont nous vous rebattons les oreilles à chaque instant. Ne croyez surtout pas que c’est histoire de remplir du papier. Non, malheureusement il y a une bonne raison à cela. C’est l’une des pires crises à laquelle nous assistons, et les banques sont le reflet d’une économie.

Vous connaissez sans doute le dicton :

“quand Wall Street éternue, l’Europe s’enrhume”.

Eh bien, avec les banques c’est un peu la même histoire. Elles ont pris des risques énormes dans la distribution de crédits à tout va, les enlevant de leur bilan par le jeu de la titrisation pour ne plus les voir, et l’effet boomerang leur fait revenir en pleine figure les conséquences de leurs errements.

Conséquence : l‘économie se porte mal. A partir du moment où la crise a éclaté, les banques ont restreint drastiquement leurs offres de crédit. Et sans crédit, notre monde moderne fait grise mine, car les entreprises comme les particuliers ne peuvent plus emprunter, et par conséquent, investir.

Allô le plombier ? Nous avons une légère fuite de liquidités.

Avec ce genre de phénomène, on voit clairement que les banques sont les garants de la croissance future. Alors vous pensez, quand elles ferment le robinet. Cette crise a déjà occasionné 400 milliards de dollars de provisions ou pertes au niveau des banques. Une étude de Goldman Sachs présentée la semaine dernière a jeté un froid sur New York. En effet, elle estime que les banques concurrentes vont devoir lever jusqu‘à 65 milliards de dollars de capitaux pour faire face à de nouvelles dépréciations, qui vont continuer jusqu’en 2009.

Automatiquement, ces informations ont plombé Wall Street en faisant chuter le Dow Jones. Je cite les analystes de Goldman Sachs :

“Les banques ne vont pas commencer à aller mieux avant qu’un pic dans les coûts du crédit soit en vue. Les banques les plus faibles ne devraient pas profiter d’une consolidation alors que les accords entre banques sont toujours moins nombreux quand le crédit se détériore ; les grandes banques, elles, sont handicapées par leurs propres problèmes d’actifs et par des exigences comptables”.

Cette situation a toutes les chances de perdurer jusqu‘à l’amélioration des conditions de crédit et jusqu‘à ce que les banques reprennent confiance en se refinançant entre elles. La deuxième crise est en train de se mettre en place. Elle a bien commencé aux Etats-Unis, où les banques ont cherché à vendre les biens immobiliers, objets de leurs créances. Cela a eu pour effet de créer un accroissement des stocks immobiliers, provoquant une baisse immédiate des prix. Pour l’instant, cette chute est estimée à 15% dans les 20 plus grandes villes américaines, mais cela ne fait que commencer.

Il faut savoir que tout a débuté le jour où la Fed, et son président de l‘époque Alan Greenspan, a mené une politique agressive de baisse de ses taux directeurs. Il voulait contrer l‘éclatement de la bulle Internet et compenser les pertes subies sur les marchés actions en aidant à valoriser les actifs immobiliers et faire ainsi redémarrer l‘économie américaine.

La Fed a mis en application le principe du vase d’expansion. D’un côté le patrimoine des Américains baissait par la faute des marchés actions, de l’autre il se valorisait par une appréciation des actifs immobiliers. Simple, pratique, mais très dangereux, car ce genre de politique contribue à entretenir une spéculation d’un côté ou de l’autre. Et quand on crée une bulle, un jour ou l’autre, elle éclate à cause de la pression.

Messieurs les Anglais, dites merci à Alan Greenspan !

Vous vous dites peut-être que les événements aux Etats-Unis auraient pu servir de leçon pour les autres pays. Eh bien, pas du tout ! La stratégie américaine a même fait des émules, notamment en Angleterre et en Espagne.

Bien leur en a pris de suivre le modèle de leur partenaire américain, puisqu’ils se trouvent aujourd’hui à la veille d’une crise immobilière qui aura des conséquences directes sur leur marché intérieur. Les prix de l’immobilier dans ces trois pays devraient certainement chuter de 40% dans les deux ans à venir. La chute est d’actuellement de 15%, mais les stocks sont en train de gonfler. Et compte tenu du resserrement du crédit au plus fort depuis 1990, pour ne pas dire arrêt total, cette baisse devrait poursuivre sa descente infernale. En effet, on constate toujours un décalage d’au moins dix-huit mois entre le démarrage d’une crise immobilière et son apogée.

Ma stratégie : ne tombez pas amoureux de vos titres

Après tous ces propos peu optimistes sur la situation économique actuelle, passons à ce qui vous intéresse finalement le plus. Comment profiter de cette situation pour ne pas voir s‘évaporer vos économies, et au contraire, les faire fructifier ?

Eh bien laissez-moi vous dire que quelque part, vous avez une certaine chance. Vous commencez à investir au plus mauvais moment. Cela permet de saisir de véritables opportunités qui se présentent sur les marchés. Mais ce n’est pas simple non plus : il ne suffit pas d’acheter des actions en bourse. Acheter une bonne action au mauvais prix et au mauvais moment peut vous faire perdre pas mal d’argent. Or, un investissement, c’est fait pour en gagner !

Ne soyez pas sentimental

Il me semble important de rappeler quelques règles essentielles concernant les stratégies d’investissement. Tout d’abord, gardez bien à l’esprit que la somme que vous investissez ne devra pas vous faire défaut si jamais vous la perdez. Vous ne devez jamais investir plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Fixez-vous une stratégie et tenez-vous-y.

N’investissez jamais au hasard, ou sur un coup de tête, et ne vous attachez jamais à un titre. Cela peut vous paraître peut-être un peu naïf, mais nombreux sont les investisseurs qui ont perdu de l’argent à cause de l’affection qu’ils avaient pour une valeur !

Ne soyez pas aveugle !

Trop nombreux sont les investisseurs qui, une fois séduits par un titre, commencent par l‘étudier, le voient monter, et finalement l’achètent à un prix plus important. Dans un premier temps, la hausse se poursuit. L’investisseur se sent alors récompensé de son engagement et se prend d’affection pour la valeur qui lui est si gratifiante. Puis le cours monte, et notre investisseur en oublie les fondamentaux, la valorisation du titre, les raisons pour lesquelles il l’a achetée. Fatalement, ce qui devait arriver en bourse arrive puisque les marchés ne sont pas un long fleuve tranquille : le titre chute, revient sur leur prix d’achat… puis en dessous.

Et là, tel un amoureux éconduit, l’investisseur s‘énerve, puis déçu, blessé, il capitule et vend… à perte.

Vous croyez que cela ne peut pas vous arriver ? Erreur : cette attitude arrive à chaque investisseur. On s’attache toujours à un titre et l’on refuse de voir la réalité en face. Or dans les conditions actuelles, il est urgent d’investir de manière rationnelle, prudente mais efficace.

Frédéric Laurent

© Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.

Article original

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