MoneyWeek photo

Des fonds qui vous protègent des baisses


Dans des marchés volatils, les fonds dits flexibles, ou réactifs, ont de quoi séduire

Si les prévisions des économistes sont justes, les marchés boursiers resteront très perturbés en 2009. Au moins autant qu’en 2008, où la volatilité a atteint des sommets historiques en fin d’année. Ce qui signifie que les Bourses seront toujours animées par des mouvements intempestifs à la hausse et à la baisse. Dans ce contexte, il est intéressant de miser sur des fonds réactifs : souples et opportunistes, ils surfent sur les vagues des marchés.

Une gestion totalement libre et opportuniste

Les gérants des fonds réactifs ont une devise : rester libres. Exit les carcans en matière d’actifs ou d’allocation. Ces professionnels investissent dans toutes les classes d’actifs : actions, obligations, produits monétaires, fonds, trackers, contrats de futures… Ensuite, l’exposition aux marchés peut varier dans des proportions extrêmes, de 0 à plus de 140% pour certains, grâce au recours à des marchés dérivés. Enfin, les mouvements sur les classes d’actifs seront parfois radicaux si le marché ou les convictions du gérant l’exigent. Ainsi, Seven World Asset Allocation (Seven Capital) a accru de 0 à 13% son allocation actions dans le courant du mois de mars (le reste étant réparti entre obligations et produits monétaires). KBL Richelieu Flexible a, quant à lui, fait varier sa part actions de 30 à 91% entre octobre et décembre 2008, afin de saisir le trend haussier de la toute fin d’année, avant de réduire la voilure en janvier de cette année (à 50% d’actions), alors que les marchés étaient à la peine.

Des fonds éligibles au PEA

“Tout l’intérêt de la gestion réactive réside dans le fait de pouvoir inverser très vite une position lorsqu’une tendance se dessine, sans attendre une confirmation de cette tendance”, avance un des gérants. Pour réagir rapidement aux excès du marché, les ventes et achats de futures sur indices ou les contrats optionnels (assurance contre une baisse des marchés), voire les trackers bear, sont largement utilisés. Faciles d’utilisation, ces derniers permettent d’augmenter artificiellement l’exposition sur les marchés (au-delà de 100%). Ils autorisent ainsi certains fonds réactifs (comme le fonds KBL Richelieu Flexible) à être éligibles au PEA. L’exposition obligatoire à 75% sur les actions européennes sera couverte, en partie ou en totalité, par des ventes de futures sur les indices européens.

Des gérants adeptes du stock-picking

Loin de calquer les indices et autres benchmarks, les gérants de fonds réactifs privilégient une gestion sélective. Le fonds KBL Richelieu Flexible surpondère les valeurs pétrolières à 16,9% du portefeuille, contre 11% pour l’indice européen Eurofirst 300, et la grande distribution alimentaire (11,5%, contre 2,9%). Volontiers “contrariens”, ils n’hésitent pas à solder tout ou partie de leurs positions s’ils anticipent une baisse. En septembre 2008, Humanis a soldé la moitié de ses positions sur le pétrole, avant de revenir massivement sur ce secteur aujourd’hui.

Des fonds de fonds réactifs

Tous les fonds réactifs ne sont pas investis directement sur les marchés. Ainsi, Réactis Opportunités, d’Ixis PCM, ou encore Elan Multi Sélection France privilégient les produits de taux et/ou les fonds actions en fonction de l’évolution des marchés financiers. Certains de ces gérants utilisent les trackers, faciles d’utilisation pour jouer les secteurs, “souvent sujets à des retournements rapides”. Protéger les portefeuilles en période de baisse
Gestion réactive ne signifie pas pour autant gestion à haut risque. L’objectif est de profiter des marchés à la hausse et de protéger les portefeuilles en période de baisse. Bref, de réduire leur volatilité.

Sur une longue période, la stratégie est porteuse : le pilote d’Humanis (GPK Finance) enregistre ainsi 46,79% en dix ans contre une chute de plus de 40% pour l’Euro Stoxx 50. En 2008, KBL Richelieu Flexible a dépassé la performance de l’Eurofirst 300 de 21,7% (– 23,9%, contre – 44,78% pour l’indice). Attention, souscrire un OPCVM réactif revient à donner carte blanche au gérant. Le choix de ce dernier est donc primordial.

Anne Michel

Article original

© Les Publications Agora France, 2002-2008



Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.


Vous ne voulez plus voir de publicité AdSense ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !
  • Noter cet article:
    • Actuellement 4.00 étoiles sur 5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5
  • Email
  • Print
  • Facebook Favicon
  • LinkedIn Favicon
  • Scoopeo Favicon
  • TwitThis Favicon
  • Wikio FR Favicon

Articles liés


Ecole de Bourse


0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre email est requis.

Adresse de votre blog ou site.

Me prévenir par email de nouveaux commentaires ?

HAUT ↑