Coup dur pour Berkshire mais éthique avant tout

Il y a un mois environ, David Sokol, 54 ans, Chairman de MidAmerican Energy, l’une des plus importantes filiales de Berkshire Hathaway, annonçait sa démission pour “convenance personnelle” et le souhait de monter sa propre société.

Top manager, il avait également redressé NetJets, en perte depuis de nombreuses années, et était pressenti comme l’un des candidats potentiels à la succession de Warren Buffet en tant que CEO du Groupe.

En fait, il avait plutôt était démissionné, car 2 mois avant le rachat de Lubrizol par Berkshire Hathaway il en avait acheté quelques actions, avait par la suite présenté et poussé le deal auprès de Warren Buffet, et au final avec l’acquisition il avait pu empocher 3M$ de plus-value.

Initialement, pour sauver les apparences, Warren Buffet avait cherché à expliquer que Sokol n’avait rien fait d’illégal : “neither Dave nor I feel his lubrizol purchases were in any way unlawful”.

Hier cependant, le comité d’audit mis en place par Berkshire Hathaway a clairement posé que Sokol “violated the company’s insider trading and ethics policies” et n’avait pas totalement été transparent concernant sa détention de titres Lubrizol pré-acquisition; “his misleadingly incomplete disclosures to Berkshire Hathaway senior management concerning those purchases violated the duty of candor he owed the company”. Net et sans détour, clair revirement.

Les choses semblent d’ailleurs un peu s’envenimer entre Sokol et Berkshire Hathaway, le premier dénonçant n’avoir pas été entendu par le Comité d’Audit, et ce dernier répliquant qu’au contraire il avait été entendu à 3 reprises. Mais je présume que Warren Buffet fera tout pour éviter de la publicité négative sur son Groupe et cherchera à régler le linge sale discrètement.

L‘éthique et la réputation avant tout : “By engaging in such questionable conduct, Mr. Sokol threatened Berkshire Hathaway’s reputation, or would have done so had he remained with the company” précise aussi le communiqué du Comité d’Audit.

Le code de conduite interne de Berkshire Hathaway est bien plus strict que la loi, et il est probable que ce que Sokol a fait ne soit pas répréhensible légalement. Mais le point n’est pas là, c’est une question de principe, d‘éthique et de réputation. Berkshire Hathaway a préféré se séparer d’un top manager plutôt que de se compromettre.

Comme le résume Warren Buffet : “it takes a lifetime to build a reputation, and a day to ruin it. If you recognize this, you would do things differently”.

Michel de Guilhermier
Article original

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